02 mai 2006
LIE TSEU
LIE TSEU
LIE TSEU ou LIE ZI
Lie Tseu ou Lie Yu K’eou est l’auteur du "Tchoung hiutchen King", qu’on peut traduire par le "Vrai Classique du Vide Parfait".
Le titre date seulement de 732 après Jésus-Christ et il eut l’honneur d’un édit impérial qui fixait ainsi définitivement son appelation.
Contemporain de Lao Tseu et de Tchouang Tseu, on ne connaît pas grand chose de lui, sauf ce qu'il en a dit lui-même.. Sa biographie n’est pas plus riche en renseignements que de celle de Lao tseu. La majeure partie provient du livre même où nous sont décrites presque entièrement ses conditions de vie, depuis l’époque où, jeune disciple, il suivait l’enseignement d’un Maître. Pour certains, il n'aurait jamais existé.
Cependant, au XII siècle, le lettré Kao Seu-souen et après lui, Tsiao Houng (1541-1620) devaient nier jusqu’à son existence. Ils le considéraient comme un personnage allégorique inventé par Tchouang Tseu, le dernier des grands philosophes du taoïsme classique.
F.d'Alayrac
03 mai 2006
LE TAOÏSME EST ANARCHISTE I
LE TAOÏSME EST ANARCHISTE I
“L'appel aux armes est de toutes les vertus, la plus basse ; les récompenses et les châtiments sont les modalités d'éducation les plus inférieures ; les rites et les lois les moyens de gouverner les plus méprisables.” (Tchouang-Tseu)
Produire sans posséder, agir sans s’imposer, développer sans dominer.” (Lao tseu)
Considérons en préalable, le Taoïsme primitif antérieur à sa déviation théiste et l’anarchisme non comme le stade final de la lutte des classes mais bien, pour l’un comme pour l’autre, comme un cheminement personnel de libération. Considérons donc l’Anarchie comme un état d’être plutôt que comme un système politique collectiviste et nihiliste.
Au delà de leurs expressions respectives fort différentes, il existe une étroite parenté entre Anarchie et Taoïsme. Ils s’adressent à l’homme dans un langage simple en dehors de tout doctrinisme étroit et par définition collectiviste. La pensée taoïste peut paraître hermétique à l’homo occidentalis moyen. Mais ce fossé peut être rapidement comblé si sait faire preuve d’une capacité d’ouverture et d’adaptation suffisante pour comprendre que ces deux pensées, qui contestent l’ordre social, ne sont que deux aspects d’une seule et même pensée. Le Tao te king est considéré à juste titre comme l’un des “canons” les plus anciens de la pensée libertaire. On retrouve dans l’un et dans l’autre la même contestation et la même volonté de destruction d’un ordre social artificiel puisque basé sur les lois humaines et non sur les lois naturelles.
Se recoupant parfaitement, ils ont imprégné leur société durablement, malheureusement déformés dans un second temps par leurs propagandistes et autres commentateurs qui ont voulu, pour leur profit érigé en système ces deux philosophies par essence anti système. En a été perdu cet idéal originel d’une société pacifiste dont toutes les forces œuvrent dans le sens de la Nature pour créer un cadre social et matériel propice au développement, jusqu’à sa libération, de l’individu.
Le Tao signifie la Voie, la Voie de l’affranchissement de l’individu par lui - même, en-dehors de tout système politique, religieux ou philosophique. Cette conception conduit au respect absolu de sa liberté et de la liberté de l’autre, dans la confiance absolue et respectueuse de la Nature. Dans la soumission consciente aux seules lois naturelles, l’homme ne peut être heureux que s’il ne vit que pour et par lui - même et non en fonction d’un but qui lui est extérieur ou des influences de toutes sortent qu’il peut subir. Cette voie de réalisation passe par le non agir. Le non agir ou encore non interventionnisme, permet d’échapper à l’emprise d’une société autoritaire, dirigiste, décidant une fois pour toutes les relations de l’individu avec son environnement naturel et humain et avec lui - même par toute une série de règles considérées comme immuables.
Pour l’anarchiste, ni dieu ni maître! Cela ne signifie pas qu’il ignore qu’il existe une vie intérieure, qu’il en fasse fi de toute démarche de développement personnel. Il réfléchit, médite, compare. Comme il est dit joliment quelque part “il sculpte sa statue intérieure”. Il s‘enrichit constamment par l’étude et la réflexion et se constitue ainsi une Connaissance intime des êtres et des phénomènes par laquelle il s’affranchit peu à peu de toute forme de pouvoir.
Taoïsme et Anarchie encouragent une vision démocratique et scientifique des choses et des phénomènes qui les animent. Il s’agit d’observer et de comprendre sans chercher à ne rien imposer. Il est hors de question de vaincre et d’imposer. Ils en ont déduit une conception de la société basée sur l’observation de la Nature et de ses mécanismes régulateurs.
L’Univers est dans un état permanent de fluctuations. La Vie est un processus qui se développe sans cesse. Rien jamais n’y est constant. C’est une dynamique procédant de deux flux énergétiques contraires le Yin et le Yang dont la complémentarité assure l’harmonie et l’unité de la Nature, Nature auto suffisante et dont l’existence se passe fort bien de toute idée d’un démiurge omnipotent et omniscient. Cette conception qui rejoint celle d’Héraclite et celle de la physique quantique, s’appuie sur une écologie sociale insistant sur l’unicité dans la diversité et la croissance perpétuelle. La Vie dans ses manifestation ne peut aller que dans le sens de l’évolution.
Il ne peut pas y avoir de valeurs absolues hors des lois naturelles. La morale ordinaire est constituée de lois humaines non valides, à géométrie variable en fonction du lieu et du moment. Dans notre société judéo - chrétienne, mais pas seulement, cela a conduit à une condamnation sans appel de l’humanité. Taoïste et Anarchiste rejettent toute notion de péché originel. L’homme est par nature innocent de toute faute, possédant de naissance une prédisposition à la bonté. Ils recommandent et appliquent un art de vivre basé sur la simplicité, la spontanéité, la générosité, le détachement, le jeu créatif, l’absence de prétention, de volonté de pouvoir, d’avidité de richesses. A contrario de leurs civilisations construites sur des valeurs masculines, jusqu’à la violence la plus extrême du machisme le plus intégral, ils privilégient les valeurs féminines de passivité et de réceptivité. L’un et l’autre sont donc, par essence, féministes. Je développerai ce choix de vie ultérieurement.
F.d’Alayrac
PENSÉE II
La valeur absolue de toute vie humaine est la LIBERTÉ.
L'espoir de vivre libre, totalement libre est intemporel, universel. A toutes les époques des mouvements de pensée ont cultivé cette recherche de la Liberté véritable.
Le Taoïsme : compréhension pratique du Cosmos, de ses lois, de ses phénomènes
Le Cynisme : une émancipation radicale de toute ce qui contraint à contrario de la Nature la nature humaine
Le Libertinage : la libération socio - sexuelle en dehors de toute règle morale ou / et religieuse voire politique
le Matérialisme : un réalisme scientifique qui rejette toute idée d'un dieu créateur auquel la crétion est soumise
L'Anarchisme : une volonté d'indépendance par rapport à toute forme d'autorité
L'Utopisme : un système social parfait qui n'est sans doute pas pour demain mais vers lequel chacun doit tendre.
F.d'Alayrac
14 mai 2006
PENSÉE III
Dans notre société libérale avancée :
Diogène : pris en charge par les services sociaux
Lao tseu : dans les couloirs d'une maison pour vieillards déments
Tchouang tseu : associal pris en charge par des éducateurs
Li tseu : son Traité du vide parfait lui vaudrait l'étiquette de schizophrène
Socrate : un dangereux gourou de secte dont il faut protéger nos enfants
Beethoven : un mal entendant placé dans une institution spécialisée
Li po : un alcoolique en cure de désintoxication
Baudelaire : un angoissé chronique en analyse freudo - lacanienne
Léonard de Vinci : un délirant mégalomane
Et la liste n'est pas exhaustive. Nous vivons la merveilleuse époque de la normalisation. Pour notre plus grand bien, les princes qui nous gouvernent et leurs fonctionnaires ne laissent rien au hasard et interviennent partout. Où est le gouvernement taoïste qui laisse les hommes êtres ce qu'ils sont et ne se mêle ni de leur bien ni de leur mal pour le plus grand bonheur de tous et de chacun?
F.d'Alayrac
16 mai 2006
"La nature n'est pas un décor, un agrément, mais la part vitale de notre propre esprit. Elle nous initie à la loi de la vie et au mystère de la beauté, tout en incarnant ce que notre esprit porte en lui de secret et de nostalgique."
François Tchang
30 mai 2006
L'essentiel
"les paysans et les lettrés étaient les deux classes les plus respectées car les anciens Chinois savaient bien que les seules choses nécessaires à l'homme sont la nourriture et l'art."
In Erik Sablé / Sagesse libertaire taoïste - Introduction à la sainte paresse

