13 décembre 2006
LA SUBLIME LOI DU YIN ET DU YANG I
LA SUBLIME LOI DU YIN ET DU YANG
LE FÉMININ ET LE MASCULIN
I
INTRODUCTION
L’Énergie vitale est la grande force vitale de création, d’animation et de cohésion de toute la Création. Cette Énergie unique s’exprime et agit sous le double aspect du Yin et du Yang. L’Univers tout entier, la Vie elle - même est une oscillation régulièrement cyclique entre le Féminin et le Masculin. Chacun des deux est distinct mais indissociable de l’autre, comme les deux pôles de l’électricité. Le Yin représente tout ce qui est négatif, féminin, passif, destructeur, le Yang représente tout ce qui est positif, masculin, actif, créateur. Sans cette bipolarité, le courant ne peut exister. Et ainsi dans l’Univers, chaque objet ne peut apparaître, se développer, décroître et disparaître sans leur interaction constante. Yin et Yang représentent toutes les paires concevables de choses opposées. Ils sont le clair et l’obscur, le chaud et le froid, le positif et le négatif, le bien et le mal, le sec et l’humide, le lourd et le léger, le mouvement et l’immobilité, l’eau et le feu, le bas et le haut, etc..., tout possédant et impliquant ipso facto son contraire. Ils s’engendrent mutuellement et sont liés par les doubles mouvements de croissance / décroissance et de soumission / domination. Leur complémentarité et leur symétrie relèvent d’un dynamisme fait d’attirance et de rejet, de tension et d’équilibre. S’il n’est pas de Yin sans Yang et de Yang sans Yin, l’un ne peut exister sans l’autre, Yin et Yang sont des valeurs relatives. Il n’existe jamais de Féminin pur ni de Masculin absolu. L’un contient nécessairement le germe de l’autre.
Tout ce qui est émane nécessairement de la sublime Loi du Yin et du Yang, Loi fondamentale de la Vie sous ses dix milles formes dont elle régule dans son mouvement cyclique régulier les mutations dans une harmonie et un équilibre parfaits toutes les mutations. Expression de la Vie, c’est la Vie même dans sa toute puissante transcendance et son absolue perfection. Ils sont le Ciel qui nous couvre et la Terre qui nous porte. La Vie se déroulant entre Ciel et Terre, leur formation est le prototype de tout ce qui est vivant. Cela signifie que la biogénèse est la réplique exacte de la cosmogénèse. La Femme et l’Homme, point d’orgue et stade ultime de l’évolution de la Création, microcosme du macrocosme, oscillant sans cesse entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, émanent eux aussi du jeu du Yin et du Yang et sont soumis à leur Loi et à leurs influences.
Au delà de ces quelques généralités bien succinctes, le Yin / Yang est, à mon sens et par expérience personnelle, l’explication la plus claire, la plus logique, la plus cohérente de la Vie et de son déroulement. Elle nous permet d’appréhender le passé, de saisir le présent et de prévoir le devenir. Et ceci n’est pas une vue de l’esprit, une construction intellectuelle. Il s’agit là d’une Loi basée sur l’observation attentive de la Nature et de ses phénomènes commencée il y a des millénaires par les Chinois de l’Antiquité et perpétuée aujourd’hui encore par nombre de chercheurs de bonne volonté sous toutes les latitudes.
Faire l’expérience du Yin et du Yang, c’est faire l’expérience passionnante de la Vie en tant que telle, principe unique qui nous transcende. Dès lors que nous nous laissons aller à son double mouvement de croissance et de décroissance, de création et de destruction, d’apparition et de disparition, en un mot aux transformations perpétuelles des choses, des êtres et des événements, nous nous ouvrons à des horizons insoupçonnés de Connaissance et de compréhension.
C’est alors nous appréhender comme partie intégrante de ce monde par définition instable et fragile parce qu’en constantes mutations. Rien, dans la forme, n’est immuable. Ainsi l’être et le néant s’engendrent, le facile et le difficile se parfont, le long et le court se forment l’un par l’autre, l’avant et l’après se suivent, l’un succède à l’autre et inversement, l’immuable engendre l’impermanent et l’impermanent engendre l’immuable. Tout ceci fait partie de la logique du Yin / Yang qui implique de facto ce paradoxe selon lequel ce qui va dans un sens va simultanément dans le sens inverse. Tout se métamorphose à l’infini.
Partant de ces principes, nous pouvons en conscientiser notre propre impermanence et celle de nos valeurs, de nos opinions, de nos certitudes. La science occidentale pure et dure rationaliste l’oublie superbement. Mais pourtant beaucoup ses certitudes d’hier ne sont plus aujourd’hui reconnues comme des vérités indiscutables quand elles ne sont pas considérées comme fausses. Et il est fort à parier que celles d’aujourd’hui seront remises en cause demain. Il n’est donc pas de savoir absolu. Nos règles morales sont à géométrie variable en fonction du temps et du lieu. Ce qui était admis comme le bien hier ne l’est plus aujourd’hui et ce sera encore différent demain. Les notions de bon, de beau, de vrai et de juste ne sont pas déterminées une fois pour toutes, mais elles sont changeantes d’une époque et d’un lieu à l’autre. Nul besoin d’être un fin psychologue pour constater que nos conceptions personnelles, nos émotions, nos sentiments, nos attachements évoluent et se transforment avec le temps. Je ne suis plus cet adolescent d’hier et je ne suis pas encore le vieillard de demain, même si, dans l’absolu je le suis encore, je le suis déjà. La femme que j’ai aimée à vingt ans n’est pas la femme que j’aime aujourd’hui, s’agirait - il de la même personne. J’ai appris à aimer ce que je détestais à trente ans. Ce que j’ai pu haïr hier aujourd’hui me laisse d’une indifférence totale. La vigueur impatiente de ma jeunesse s’est transformée en une douce patience autrement plus efficace. Et ainsi de suite, à l’infini. Nos cycles énergétiques, nous le ressentons naturellement, sont régulés eux aussi
par l’alternance du Yin et du Yang et sont calés sur les rythmes cosmiques, saisonniers, etc...
Conséquences, il n’existe pas de réels engagement définitif, de promesse d’éternité, de serment de fidélité qui fatalement deviendront autant de trahisons. Cela est vrai en politique, en philosophie, en religion. “S’encarter” dans un mouvement quelconque se fixer sur une situation donnée, revient à s’aliéner soi - même. Nous savons bien qu’il ni amour ni haine éternelles. Les relations humaines évoluent perpétuellement. “Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.” Lavoisier sans le savoir adhérait aux principes du Yin et du Yang! Et la science occidentale l’a confirmé. Mais est - ce à dire qu’il n’y a finalement rien de réel? Que rien n’existe vraiment et que tout n’est qu’illusion? Certains le prétendent et je trouve cela désespérant. Mais je n’y crois pas.
Oui, ils ont raison, rien n’est vrai, rien n’est réel. Non, ils se trompent car par là même, tout est vrai, tout est réel. Dans la fugitivité de l’ici et maintenant, rien jamais, dans son essence, ne meurt. Seule la forme change qui l’instant d’avant n’existait pas encore et existera différemment l’instant d’après. Seul existe l’instant au cours duquel ce qui est disparaît progressivement sitôt apparu pour laisser la place à ce qui va être. Ainsi de la fugacité naît l’éternité et inversement, l’une ne pouvant aller sans l’autre.
La Vie ne peut être autre chose qu’alternance d’instants dans l’éternité. Pour vivre réellement, vivons donc dans l’instant et nulle part ailleurs puisque seul l’intant dans sa fugacité existe. Pour cela il nous suffit de vivre au jour le jour sans résister aux mutations qui surviennent spontanément. Nous abordons là une notion importante, la non intervention, la non résistance, le Wu wei des Taoïstes, où encore le carpe diem romain, cette souplesse psycho spirituelle, cette adaptabilité aux circonstances, cette acceptation de la Vie dans tout ce qu’elle nous offre, sans chercher à savoir ce qui est bon ou mauvais. Nous y reviendrons. C’est la force véritable de celui qui plie mais ne rompt jamais et qui finalement n’est jamais brisé. C’est l’antithèse de la force violente et aveugle du vulgaire qui se détruit lui - même. Il suffit d’admettre que la Vie s’écoule d’elle même sans que l’on ait besoin d’intervenir, sans qu’il n’y ait rien à y changer puisque c’est la Vie et qu’elle est par définition parfaite.
Alors acceptons le mal, le laid, l’injuste, le faux comme une nécessité mais encore évitons que le bien, le vrai, le juste, le beau ne l’emportent, pour que les deux coexistent pacifiquement et qu’ils se situent l’un et l’autre dans une perspective d’évolution constante de l’Homme et de l’Univers. Nous ne pouvons pas rester droits et raides dans nos bottes mais au contraire faire preuve de souplesse et d’adaptabilité constantes face aux changements extérieurs et intérieurs. Cela impose de prendre un recul confinant au détachement, par rapport au monde qui nous entoure, par rapport à soi - même et à tout ce qui s’y déroule. Nous en supprimons définitivement toutes les frontières entre les choses, les êtres et les phénomènes. Dès lors les notions de racisme, sexisme, nationalisme, d’appartenance à tel ou tel groupe, bref tout ce qui peut nous séparer les un des autres, n’ont plus de raison d'être.
Finalement, expérimenter le Yin et le Yang, c’est se soumettre à cette Loi fondamentale et découvrir que la Vie est la chose la plus extraordinaire dont nous puissions jouir sans limite et gratuitement. C’est une superbe mécanique de précision parfaitement réglée par le jeu du Yin et du Yang, par le Mouvement originel. Elle en est la manifestation la plus légère, la plus subtile, la plus mouvante, la plus changeante, la plus variée dans ses formes. Son essence même est mouvement. L’immobilisme, c’est la mort. Rester mobile, souple, flexible, adaptable, c’est rester vivant, doué de cette intelligence vitale, logique, cohérente et portée vers l’expansion, la progression, l’évolution absolument sans limite. C’est la participation active et sans retenue à notre existence, dans l’adhésion complète à tout ce qui y survient. C’est posséder le précieux talent de tout vivre jusqu’au bout sans exception, sans ne jamais rien tenter de fuir ou de retenir. Alors dans une conscience élargie, équilibrée entre intuition et raison, réflexion et action, centrée sur soi et ouverte au monde, notre existence créatrice à chacune de nos respirations est un chef d’oeuvre. Pour cela, connaître, la sublime Loi du Yin et du Yang est la seule expérience de Vie qui puisse nous transcender. Elle transforme les relations que nous entretenons avec soi, avec le monde et avec autrui au delà du binôme sado - masochiste haine / amour, en particulier cette relation fondamentale, primordiale que nous entretenons avec l’autre sexe.
