22 juin 2007
L’HOMME
L’HOMME
“Le Ciel couvre, la Terre porte, les Dix mille êtres sont complets et parfaits. Rien n’est plus précieux que l’Homme.”
“Entre le Ciel qui la surplombe et la Terre qui la supporte, la Création atteint la perfection. Dans l’Homme, n’est - il pas vrai, l’Homme qui prélève l’Énergie au Ciel et à la Terre pour vivre selon la loi des saisons.”
“L’Homme procède de deux principes, le Ciel yang, immatériel et la Terre yin, matérielle. Ainsi le Yin et le Yang représentent chez l’Homme envers et endroit, intérieur et extérieur, femelle et mâle. Ils se répondent mutuellement comme le Yin et le Yang du Cosmos.”
Il nous faut maintenant nous pencher sur cet Homme qui est, au fond, l’unique objet de cette étude, sur sa structure, sur son fonctionnement. De l’image qui en a été esquissée jusqu’ici, il nous faut en préciser les contours, afin d’en dégager la conception nécessaire à la compréhension de ce bipède bimane qui semble si différent de tous les autres colocataires de la planète. Cette conception, située au carrefour de la médecine chinoise, du Taoïsme qui l’inspire et de la Florathérapie, est basée sur quelques concepts simples, mais en dehors desquels aucune approche, nécessairement globale, ne peut être possible, philosophiquement et thérapeutiquement, l’un sous entendant l’autre et inversement.
Il est le microcosme du macrocosme, le macrocosme du microcosme, situé entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Il porte en lui toutes les formes de l’Énergie, de la plus subtile, la plus élevée à la plus condensée, la plus lourde. On ne peut que le placer au centre de l’Univers, seul endroit d’où, spectateur totalement engagé dans le spectacle dont il est le créateur à chaque instant de sa Vie, il puisse se connaître pour “connaître l’Univers et les dieux”, et Univers auquel il correspond point par point. Non seulement ils procèdent de la même Énergie, mais, et par conséquent, ils sont composés des mêmes éléments et selon la même organisation. La cosmogénèse et la biogenèse ne sont finalement que deux niveaux différents d’un même processus alternatif énergétique fondateur, l’éternel mouvement du Yin et du yang et le cycle perpétuel des Cinq mouvements. L’Homme n’est pas seulement le reflet parfait de l’Univers. L’Homme n’appartient pas seulement à l’Univers. L’Homme est l’Univers.
Non seulement ils procèdent de la même Énergie mais ils sont ausi composés des mêmes éléments et selon la même organisation. L’Homme appartient indéfectiblement au Macrocosme. Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, il ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
L’Homme est universel. Comme tous les êtres vivants, l’Homme procède de la fusion de l’Énergie yang du Père - ciel fécondant, et de celle yin de la Mère - terre fécondée et nourricière. Tous les êtres vivants ont la même origine. Tous les hommes, êtres vivants parmi les autres, ont cette même origine commune à l’ensemble du vivant manifesté. Voilà qui ouvre de vastes champs de réflexions sur la réalité de la nature humaine. Tous les êtres vivants sont le produit de leur milieu. Ils sont liés par une relation profonde à ce milieu et les uns aux autres. La diversité des espèces n’a d’autre cause que la diversité des terrains qui produisent des êtres conformes à leurs caractéristiques intrinsèques. Ceci est vrai pour tous les règnes de la Création, inanimé ou animés. Cependant, l’être humain occupe au sein de la Manifestation une place particulière, qui n’appartient qu’à lui, qu’il est le seul à occuper dans le Vide médian et qui le place au sommet de l’échelle de l’évolution. La Vie est une variation de l’échange entre Énergie et Matière sur plusieurs niveaux. Ainsi le végétal est supérieur au minéral, l’animal au végétal et l’humain à l’animal. Incontestablement, la Vie humaine est la forme de Vie la plus développée, la plus évoluée. Seul être vivant à la station parfaitement verticale, parallèle à l’axe Ciel / Terre, il est situé au centre du monde naturel. Les bras levés au Ciel et les pieds posés sur la Terre, il les relie l’un à l’autre, articulation idéale entre le Yin et le Yang dont il illustre parfaitement les principes. Conséquence logique et nécessaire du Mouvement originel, il en est la manifestation la plus complexe, la plus accomplie. Ouvert en haut au Ciel qui le couvre et en bas à la Terre qui le porte, il incarne parfaitement l’ensemble du Plan médian dans lequel ils se rencontrent, échangent et engendrent. Il est ainsi situé au centre de l’Univers, il est le centre de cet Univers, dès l’origine, rigoureusement organisé, idéalement structuré. On ne peut pas le placer entre Ciel et Terre, intellectuellement ou affectivement, n’importe où. Je sais que la science actuelle étudie de très près les performances intellectuelles, affectives, sexuelles, sociales des animaux et je ne leur conteste pas. Mais de là à penser, comme certains amis des bêtes voudraient nous le faire croire que le dauphin est en route pour un prix Nobel ou le chimpanzé sur la voie de la bouddhéité! Il existe bel et bien une échelle de l’évolution et c’est l’Homme qui occupe l’échelon le plus haut. Cela ne lui donne d’ailleurs aucun droit particulier, comme il le pense depuis si longtemps et de plus en plus, sur le reste de la Création. Son indiscutable position prépondérante, au contraire, lui donne bien davantage de devoirs que de droits.
Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, l’homme ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. Mais plus encore. L'adaptabilité, en fait la souplesse, la flexibilité, la malléabilité, l'élasticité du Yin est une caratéristique humaine. L'Homme est partout présent sur la planète, quelque soit le milieu et les conditions climatiques. Par contre, les ours blancs ne vivent pas sous les tropiques et les cactus ne poussent pas en arctique. Mais plus encore. Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. L’Homme, lui, échappe à toutes les fatalités, exceptée celle de vivre. Il arrive au monde possesseur de son destin et d’une infinité de potentialités qui le mettent dès le départ à l’abri de tout déterminisme. Il en réalise certaines plutôt que d’autres en fonction de son hérédité, d’un nombre incalculable de facteurs de circonstances, et surtout de sa propre volonté, impulsée par son Être véritable. Chaque destin humain est fondamentalement logique, cohérent, la Vie étant par essence intelligente. En perpétuel devenir, potentiellement absolument libre de naissance, par essence perfectible, par nature créateur, l’Homme n’a d’autre destinée que de manifester cette liberté et réaliser sa perfectibilité, guidé par cette Particule d’Énergie originelle qui lui donne tous ses caractères d’humanité, en conformité avec les lois de la Vie. En devenir illimité, conscient dès son origine d’être un individu unique au sein d’une espèce unique, il n’est prédestiné qu’à la découverte de sa Réalité transcendante que d’aucuns appellent réalisation de soi et qu’il accomplit pour son évolution, celle de son espèce et celle de l’Univers. Il y est contraint par une mise en ordre incessante de son monde intérieur dont la notion d’équilibre est le stade fondamental, tant dans ses pensées que dans ses mouvements. En trouvant sa Vérité, il parvient à cette liberté totale que rien ni personne ne peut lui nier, délaissant tous les oripeaux de la vertu sociale au profit de l’abandon total et confiant au sens de la Vie, aux lois intangibles qui régissent tout ce qui est manifesté, jouissant intelligemment de tout ce que la Vie lui offre et qu’il est capable de recevoir, dans un état, sinon de vacuité, du moins de quiétude, de sérénité. Seul être vivant à pouvoir ainsi diriger sa Vie, il ne peut ni ne doit en confier la responsabilité à personne d’autre, seul responsable devant lui - même de ses pensées et de ses actes, n’obéissant qu’à la loi naturelle parce qu’elle se situe au delà du bien et du mal. Évoluant dans le respect de cette loi, de soi et d’autrui, de toute la Création, il ne peut que mener à bien la recherche méticuleuse, obstinée et patiente de sa véritable nature transcendante. A l’écart de toutes les ingérences de la vertu sociale, il ne suit que la voix de son intuition, que ses désirs véritables dans une juste compréhension de ce qu’il est, de ce qu’est la Vie, finalement une joyeuse aventure, totalement intégrée dans l’harmonie universelle. Ainsi avance - t - il, vers l’avenir dont il n’a pas le souci, appuyé sur le passé qui ne l’encombre pas, vivant intensément le moment présent, l’ici et maintenant, ne cherchant qu’à n’être que ce qu’il est et rien d’autre, à n’être que soi, uniquement soi, totalement soi.
Face aux interrogations perpétuelles que lui lancent la Vie et l'Univers et auxquelles il essaie d'apporter des réponses satisfaisantes, dans une Conscience innée et immédiate du Cosmos et de soi, chacune de ses pensées est une création ou plutôt une re - création de lui - même qui ne demande qu'à se manifester à chacune de ses respirations. L'Homme est seul créateur de lui - même. Créateur de lui - même, il est créateur de l'Univers. Il n'est pas d'autre démiurge que l'Homme. C'est dire quelles sont ses responsabilités vis à vis de la planète et des Dix mille créatures qui y vivent. Ce n'est pas son environnement qu'il doit chercher à modifier, c'est lui - même. Chercher à transformer la Nature sans se transformer soi - même, serait, que dis - je, est une erreur aux conséquences incalculables. Nous voyons bien les catastrophes écologiques qu'entraîne ce non respect de la Nature et de ses Lois. Citons, parmi tant d'autre exemples de la folie humaine, le réchauffement planétaire et ces fameux OGM. Et cette erreur est déjà en train de se retourner contre notre espèce. Soyons en sûrs. La Nature reprend déjà ses droits. Tant que l'être humain refusera de se considérer comme une de ses parties intégrantes, il agira contre la Loi d'unité et ne pourra enclencher que des processus destructifs.
Issus de ce monde et non y jaillissant ex nihilo, dès sa conception, non seulement biologique mais aussi et surtout cosmique, c'est un germe riche et potentialités d'évolution et de développement. D'abord conscient de lui - même par sa forme, son apparence physiques, structure matérielle individuelle et nécessairement individualisante, appréhendée comme, dans un premier temps, seule réalité, il reconnait très rapidement le caractère transitoire, fugitif de sa corporéité. S'il est constamment créateur de lui - même, comme dans toute la Manifestation du Non manifesté, en lui rien ne peut être permanent et immuable, mais en perpétuelle transformation, évolution.
Il recherche alors ce qu'en lui il peut y avoir de permanent, dans cette angoisse fondamentale qui est celle de la mort. Par l'expérience méditative, il accède à ce monde situé au delà de la forme, à l'invisible, au non manifesté. Il y découvre toutes les potentialités qui lui permettent, s'il le veut, de devenir l'être unique et universel qu'il est réellement. Il prend cosncience de sa nature spirituelle et du destin qu'elle entraîne et qu'il se doit d'accomplir.
Porteuse de l'Esprit originel, la Vie humaine ne se déroule en effet jamais au hasard. Elle est gouvernée par les Lois qui régissent le Cosmos. Aucun destin humain n'est donc défini par un hasard absurde. Fondé sur la fiabilité des Lois de l'évolution comprises, mais bien mal par Darwin, il procède d'une absolue nécessité. C'est cette évolution que les Daoîstes appelaient le Mandat céleste. J'ai lu et entendu parfois qu'il consistait en une sorte de mission messianique réservée à quelques êtres d'élite. Rien n'est plus faux, plus anti daoïste. Tout être vivant possède, du protozoaire à l'Homme, un Mandat céleste. Celui ci ne concerne que l'individu tout en l'inscrivant dans le processus évolutif universel. En cela le Destin individuel est universel, mais seulement en cela. Définir le Mandat céleste est la chose la plus simple du monde. Dès notre conception, il nous a été confié une forme de Vie que chacun d'entre nous se doit, pour son plus grand bien et pour celui d'autrui de réussir dans l'ici et maintenant de notre cadre Espace / temps, en dehors de toute préoccupation d'un éventuel au delà. C'est ce chemin de Vie que nous devons réaliser, sans souci du lendemain, du qu'en dira -t - on ou de la destination. Peu importe où l'on va. Celui qui marche sur ce chemin y avance sans jamais ressentir la moindre fatigue car il vit dans l'harmonie avec soi et l'Univers, dans le juste millieu.
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