17 juin 2007
GÉNÉRALITÉS
La Médecine Traditionnelle Chinoise
“...Le sage est éclectique et adapte sa thérapeutique aux cas particuliers, et c’est ainsi que des traitements différents peuvent également être efficaces. Les circonstances de la maladie indiquent le genre de traitement...”
Généralités :
Au fil des siècles, les médecins chinois ont donc développé et affiné leur art totalement intégré dans la philosophie taoïste. C’est, je le rappelle, l’un des huit éléments de l’ensemble indivisible du Pa kua. La médecine traditionnelle chinoise est fille du Taoïsme.
La théorie médicale chinoise s’appuie sur une expérience clinique qui s’étend sur plusieurs millénaires. Le livre fondateur est le Huang di Neijing qui marque la naissance de la théorie médicale et pharmacologique chinoise. Il est difficile de dater l’apparition de la médecine chinoise. On peut situer ses pères fondateurs, les empereurs Fu Xi, Shen Nong et surtout Houang Ti, à la période légendaire, au III° millénaire avant notre ère. Elle se développe pendant l’époque pré-impériale jusqu’au XXI° siècle avant J. C. date à laquelle le savoir empirique antique commence à être théorisé. Durant l’époque des Royaumes combattants, de 722 à 481 elle s’érige en un système cohérent. Le corps médical se sépare des sorciers et des prêtres. Apparaissent alors les premiers grands médecins tel Bian Que. L’unification de l’empire voit le développement continue de la médecine et de la pharmacopée, tant sur un plan pratique que sur un plan théorique. C’est sous les dynasties Ming et Qing qu’apparaissent ses concepts les plus importants. Après la révolution de 1911, elle est interdite au profit de la médecine occidentale, ce qui provoque de violentes émeutes. Elle est à nouveau autorisée à partir de 1929 et continue à être pratiquée en Chine populaire, sous l’impulsion de Mao tse toung après la révolution de 1949. Elle soigne aujourd’hui un quart de la planète et contribue remarquablement à sa santé et à sa longévité, l’une des plus longues du monde.
Concepts fondamentaux :
La conception de l’Homme :
Le corps humain est une entité composée d’organes et de viscères irrigués par le Sang et les Liquides et animés par l’Énergie. Chacun joue un rôle spécifique, mais leurs interrelations forment une unité fonctionnelle somatique et psychique cohérente et indivisible. Les organes et leurs fonctions sont inséparables les uns des autres. Le physique et le psychique ne peuvent être dissociés. Les différents éléments de la structure humaine ont liés les uns aux autres et s’influencent mutuellement par l’intermédiaire des Méridiens par lesquels ils échangent leur Énergie. Chacun participe au fonctionnement du Tout qui ne peut lui - même fonctionner que si chacune des parties est opérationnelle. Que l’une d’entre elles soit défaillante, et c’est l’ensemble qui est désorganisé.
L’unité fonctionnelle humaine est une partie intégrante de l’Univers. L’Homme cependant occupe, dans le Vide médian, une place bien particulière, entre le Ciel et la Terre dont il procède. Au centre de l’Univers, il est le centre de l’Univers, seul bipède à la station parfaitement verticale, reliant le Ciel à la Terre, seul être vivant à posséder cet extraordinaire pouvoir d’articulation entre le Yin et le Yang. Du Ciel qui le couvre, il reçoit les Énergies yang, aériennes, subtiles, lumineuses, responsables de ses fonctions psycho - spirituelles et qui président à la Vie. Ces Énergies célestes qui descendent vers la Terre pour s’y condenser, le pénètrent par la respiration, la peau, l’alimentation De la Terre, l’humus, en rétraction, il reçoit les Énergies yin qui montent vers le Ciel pour s’y disperser. Elles lui apportent toutes les substances nutritives et constitutives lourdes. Ainsi l’Homme porte en lui le Ciel et la Terre. Debout, parallèle à l’axe Ciel / Terre, totalement intégré à la structure universelle, inséré dès sa conception dans le cadre Espace / temps, vivant au rythme des saisons, l’Homme parfait reflet du Macrocosme est individualisé d’abord par les conditions et le lieu de sa naissance, la diversité des terrains expliquant la variété des races et des individus, et son hérédité.
L’Homme est placé au centre du monde naturel. Ils sont unis par une relation mutuelle d’interdépendance. L’Homme et la Nature entretiennent des relations réciproques, actives et volontaires au cours desquelles chacun influence l’autre. Intégré au sein de l’Univers, il y est soumis à ses lois. Les changements climatiques, les biorythmes déterminent son activité physiologique et psychique. La santé ou la maladie dépendent étroitement de la communication de l’Homme avec la Nature donc à ses facultés d’adaptation aux variations de son milieu. En effet, quelques soient les conditions extérieures, il est toujours possible d’y vivre et de s’y développer à l’abri de la maladie. Tout dépend de l’adaptabilité, de l’immunité, autrement dit de la résistance aux agents externes, qui ne deviennent pathogènes qu’en cas de déséquilibre interne. De plus, l’être humain est capable d’intervenir sur son environnement pour le transformer, l’adapter, afin, entre autres choses, d’y élever son niveau de santé et faire reculer la maladie.
Comme tout ce qui est manifesté, mais plus que tout ce qui est manifesté, il participe à l’harmonie ou à la disharmonie de l’Univers. Inversement, l’harmonie ou la disharmonie de l’Univers influencent son devenir. Indissociables, ils procèdent de la même Source originelle dont les mouvements sont réguliers et silencieux. La santé est donc un état de silence et de régularité. Par contre, la maladie est faite de bruit et d’irrégularité, décalant l’Homme de l’axe Ciel / Terre. Le but de la médecine est de préserver ou de restaurer le silence et la régularité, de caler ou de recaler l’individu sur cette axe Ciel / Terre selon les rythmes universels.
La dialectique médicale :
La dialectique médicale chinoise s’appuie sur le recueil et l’analyse des symptômes basés sur l’interrogatoire, l’auscultation, l’observation et la palpation. A travers leur synthèse elle détermine les causes profondes de la maladie, sa nature, sa localisation, son évolution. Mais déterminer les symptômes ne suffit pas. Il faut aussi étudier les conditions dans lesquelles la maladie est apparue. En effet, les méthodes thérapeutiques peuvent varier, pour une même pathologie en fonction des conditions d’apparition comme la saison, le climat, les facteurs psycho-émotionnels, etc..., ce qui en fait une méthode de soins très individualisée qui ne soigne pas une maladie mais un individu malade dans sa globalité, intégré à un environnement précis.
Le traitement est ensuite instauré, visant à rétablir l’équilibre et à mettre en jeu les forces auto-curatives. Tout l’art de soigner, en Médecine traditionnelle chinoise, repose avant tout sur la notion de prévention bien plus que sur l’aspect curatif. Sa dialectique médicale permet donc non seulement d’éviter la maladie, selon les règles du Pa-kua, mais aussi de prévoir et de s’opposer à son évolution, c’est à dire de poser un pronostic et d’agir en conséquence.
Conception de la santé et de la maladie :
La santé est synonyme d’unité équilibrée et harmonieuse tant dans le milieu interne qu’entre milieu interne et milieu externe au sein du mouvement d’opposition ordonné des contraires, du Yin et du Yang. Par conséquent, la maladie est considérée comme un déséquilibre, une disharmonie provoquant une rupture de l’unité au sein de l’organisme et, simultanément, entre le vivant et son environnement.
La notion d’Énergie :
Toute la médecine chinoise est fondée sur la notion d’Énergie que nous développerons plus tard. Schématiquement l’Énergie fonde l’Univers et lui donne unité et cohérence. L’Homme est soumis aux lois de l’Énergie. Lorsqu’elle circule sans entrave, dans un flot continu et harmonieux, la santé perdure. La maladie est donc aussi considérée comme une perturbation de la circulation énergétique qu’il faut rétablir par la réforme du mode de vie et de pensée, la diététique, la pharmacopée, l’acupuncture, la moxibustion, etc...
+ La notion de prévention :
La prévention se situe à deux niveaux, prévenir non seulement l’apparition de la maladie, mais aussi son évolution lorsqu’elle est déjà installée.
Elle s’intéresse d’abord non à la maladie mais à la santé et aux moyens pour la conserver. Insistant sur les interrelations entre le corps et l’esprit, elle préconise le contrôle psychique par des pratiques spirituelles. Ainsi la maîtrise émotionnelle permet d’éviter les perturbations de l’Énergie et les maladies organiques qui en découlent. Les pratiques spirituelles visent non seulement à conserver la santé mais aussi à optimiser le fonctionnement de l’entité humaine sur tous les plans. Elle met particulièrement l’accent sur le développement des facultés d’adaptation à un environnement changeant, en particulier au cycle saisonnier. Ces techniques constituent une véritable alchimie interne de transformation de l’Énergie en une forme toujours supérieure. Plus le niveau énergétique est élevé et plus l’individu est immunisé contre la maladie, plus le Mouvement vital est favorisé et plus le sujet peut se développer. Outre ces techniques, la croissance vitale s’appuie sur l’hygiène de vie, c’est à dire l’équilibre harmonieux entre activité et repos, diététique, massages, acupuncture, moxas, substances médicamenteuses.
Pour prévenir l’évolution de la maladie, il est important d’en faire le diagnostic précocement, d’en connaître les règles de transmission entre les Organes selon les lois du Yin et du Yang et des Cinq mouvements. Nous y reviendrons longuement.
+ Le traitement :
“Pour guérir les maladies, il faut aller jusqu’à leur racine”.
La démarche thérapeutique s’appuie essentiellement sur l’étiologie, c’est à dire la recherche de la nature réelle de la maladie. Parallèlement, le traitement est un traitement de fond, à l’action longue et durable. Il vise, en s’attaquant à la racine du mal, à restaurer l’Énergie saine. Une autre démarche vise à traiter les branches, c’est à dire les symptômes aigus. C’est une action rapide et ponctuelle, d’urgence, lorsqu’il faut atteindre très vite l’agent pathogène. Ces deux méthodes non contradictoires mais complémentaires s’utilisent alternativement ou simultanément, dans une démarche thérapeutique globale.
Il y a deux façons de traiter une affection. Le traitement régulier consiste à traiter un symptôme par une technique qui s’y oppose, une maladie de froid par le chaud. L’autre technique, le traitement contraire, consiste à prescrire des traitements qui provoquent le même effet que la maladie, le froid par le froid par exemple.
Toute démarche thérapeutique s’articule autour de cinq principes de base, soutenir l’Énergie saine et chasser l’Énergie perverse, équilibrer le Yin et le Yang, équilibrer l’activité fonctionnelle des Organes et des Entrailles, réguler les relations entre l’Énergie et le Sang, enfin se conformer aux conditions de vie du malade.
Concepts thérapeutiques :
Quelque soit la technique de soins utilisée, elle repose toujours sur les mêmes concepts thérapeutiques :
Sudorification : élimination des Énergies pathogènes par la peau. Elle est associée aux ingrédients de saveur piquante.
Vomification : évacuation par la bouche de mucosités, aliments ingérés, substances toxiques, qui stagnent dans la poitrine et l’estomac. Réservée aux cas d’urgence.
Purgation : évacuation des plénitudes et stagnations par voie intestinale.
Harmonisation : régularisation des mouvements de l’Énergie, à la fois tonification et dispersion, réchauffement et refroidissement.
Calorification : ou réchauffement, élimination du froid pathogène, tonifie et tiédit le Yang.
Clarification : ou rafraîchissement, en cas de syndrome de chaleur, utilise des ingrédients frais ou froids.
Tonification : dans tous les syndromes de vide.
Dispersion : ou réduction, dans les syndromes de plénitude.
LES CINQ MOUVEMENTS
DÉFINITION
Avec celle du Yin et du Yang dont elle découle, la théorie des Cinq Mouvements forme le contenu essentiel de la Médecine Traditionnelle Chinoise et explique l’alchimie qui préside à la fabrication des élixirs floraux, comme nous l’avons vu précédemment. Elle définit et explique les analogies entre l’Homme et la Nature, entre les phénomènes naturels et ceux de l’activité vitale humaine. Appuyée sur le concept de “l’Homme conforme au Ciel”, elle met en évidence l’unité de l’Univers, l’indivisibilité de l’Homme et l’unicité du lien qui les unit. Les Cinq mouvements sont tout à la fois cinq états dynamiques de l’Énergie, la structure de la Vie, l’organisation de cette structure, les cinq forces qui l’animent selon des lois précises et intangibles.
De la perpétuelle transformation dynamique du Yin et du Yang naissent :
dans le Ciel, les six Énergies climatiques, Vent, Chaleur, Tiédeur, Froid, Sécheresse, Humidité,
sur la Terre, les Cinq mouvements, yin ou yang, liés à la Terre et au Ciel :
le Bois, yang de yin
le Feu, yang de yang,
la Terre, au centre qui nourrit les autres Mouvements de son Yin,
le Métal, yin de yang,
l’Eau, yin de yin.
Les Cinq mouvements sont tout à la fois :
Une méthode de classification logique, rationnelle et universelle des choses et des phénomènes en fonction de leurs caractéristiques énergétiques, de leurs fonctions, de leur forme.
Cinq états particuliers de l’Énergie générés par la croissance / décroissance du Yin et du Yang.
Cinq états de la matière animés par la phase énergétique qui leur correspond.
Cinq catégories d’éléments unis par leurs analogies énergétiques, coexistant dans un système de relations mutuelles, dynamiques dans lequel chacun, transformateur d’Énergie est à fois stimulateur et régulateur.
Enfin, ils sont l’expression de la Vie dans ses formes et dans les mouvements animant la Forme.
En conclusion, les Cinq mouvements sont cinq catégories de manifestations terrestres, cinq catégories de phénomènes vitaux liés aux saisons.
CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
Le Bois :
Yang de yin, c’est l’élément végétal correspondant au printemps, période de germination, de renaissance, de remise en mouvement. Il symbolise la croissance, la souplesse, l’impulsion vitale, le libre mouvement, il se courbe, se redresse, s’étend. Il s’applique à tous les processus de croissance, de réalisation, de déclin.
Le Feu :
Yang de yang, élément aérien, il symbolise l’ignition, la combustion, la sublimation, la magnificence. Il produit de la chaleur, s’élève, réchauffe. Il symbolise toutes les activités dynamiques.
La Terre :
Yin, élément solide de concrétisation, elle correspond aux intersaisons dont la plus importante se situe entre été et automne. Pilier central du système, elle nourrit, équilibre, dynamise et limite les autres Mouvements par son Yin. Elle produit et transforme les Mille choses, transporte les liquides, les nutriments, les autres Mouvements. Elle représente toutes les fonctions de soutien, toutes les fonctions matricielles.
Le Métal :
Yin de yang, élément minéral, il correspond à l’automne, il symbolise la cristallisation, la sénescence. Caractérisé par la dureté, la rigueur, mais aussi la souplesse, la malléabilité, il tranche, élague, restreint, mais aussi rassemble, collecte, ramène à l’essentiel. Il concerne plus particulièrement la force, l’endurance, la résistance, le sursis.
L’Eau :
Yin de yin, élément liquide, elle correspond à l’hiver, symbolise le délitement, la liquéfaction, la déliquescence. Elle descend, stagne, humidifie, s’accumule, thésaurise. Elle exprime toutes les fonctions de fécondité.
RELATIONS
Engendrement mutuel :
Ou Relation de la Mère au Fils, ou cycle Tcheng. Chaque Mouvement engendre celui qui le suit en lui transmettant son énergie yin ou yang. De même il est engendré par celui qui le précède, dans un cycle immuable et sans fin. Ainsi :
Le Bois engendre le Feu, le bois est nécessaire à la combustion, à la production de feu.
Le Feu engendre la Terre, le feu produit la cendre.
La Terre engendre le Métal, la cendre contient les minéraux.
Le Métal engendre l’Eau, sous l’effet du temps et ou de la chaleur, le métal se liquéfie, se dissout.
L’Eau engendre le Bois, sans eau, il n’y a pas l’humidité qui fait germer la graine.
Domination réciproque :
Ou Relation du Vaincu à l’Invaincu. Chaque Mouvement, par son énergie contrôle et limite celui qui suit son fils et est contrôlé et limité par celui qui précède sa mère. Ainsi chacun peut, harmonieusement, croître en recevant l’énergie de sa mère et décroître en transmettant son énergie à son fils. Le cycle Ko est un système régulateur dans lequel chaque mouvement est contrôlé et contrôle. Le vaincu n’y est jamais abattu mais seulement diminué. Ainsi :
L’Eau éteint le Feu.
Le Feu fait fondre le Métal.
Le Métal coupe le Bois.
Le Bois se nourrit de la Terre.
La Terre absorbe, endigue l’Eau.
Régulation / transformation :
Par cette double relation d’engendrement et de domination qui ne sont qu’un processus de transformation de Yin en Yang et inversement et d’opposition mutuelle entre le Yin et le Yang, chacun des Cinq mouvements est en relations avec les autres dans un processus de régulation et de transformation. La domination régule l’engendrement qui engendre la domination. Ce cycle perpétuel de croissance et de décroissance engendre et organise la Manifestation, la maintient dans un état d’équilibre nécessairement relatif. L’engendrement régule la domination qui contrôle l’engendrement. Ainsi, les Dix mille choses apparaissent, se développent, coexistent, évoluent dans l’ordre de la Nature. Cette harmonie est cependant perturbée par des situations d’excès ou d’insuffisance.
Excès :
La mère croît exagérément. Elle ne peut plus décroître normalement et nourrir son fils.
Le fils croît exagérément, il se retourne contre sa mère, il blesse sa mère.
Le dominant croît exagérément. Il domine excessivement son dominé. C’est une situation de conquête.
Le dominé croît exagérément. Il se retourne contre son dominant. C’est une situation de révolte.
Insuffisance :
La mère décroît exagérément ou croît insuffisamment. Elle ne peut plus nourrir son fils.
Le dominant décroît exagérément ou croît insuffisamment. Son dominé se rebelle et le domine à son tour.
De la perpétuelle transformation dynamique du Yin et du Yang naissent :
dans le Ciel, les six Énergies climatiques, Vent, Chaleur, Tiédeur, Froid, Sécheresse, Humidité,
sur la Terre, les Cinq mouvements, yin ou yang, liés à la Terre et au Ciel :
le Bois, yang de yin
le Feu, yang de yang,
la Terre, au centre qui nourrit les autres Mouvements de son Yin,
le Métal, yin de yang,
l’Eau, yin de yin.
LA VIE
“La Vie n’est qu’une simple continuité des transformations de l’Énergie dans un cycle perpétuel d’apparitions et de disparitions.”“La Vie n’est qu’une simple continuité des transformations de l’Énergie dans un cycle perpétuel d’apparitions et de disparitions.”
Deux forces, deux Énergies fondent et animent l’Univers, l’Énergie du Ciel ou Yang originel, Yuan Yang, et l’Énergie de la Terre ou Yin originel, Yuan Yin. Tout ce qui est manifesté procède donc de ces deux principes.
La Vie est le résultat inévitable, inéluctable du mouvement fondamental du Tao lorsqu’il se divise en Yin et Yang. Elle a donc deux racines, le Ciel et la Terre. Procédant de l’Énergie originelle, elle en est la manifestation la plus légère, la plus subtile, la plus mouvante, la plus changeante, la plus variée dans ses formes.
Lorsqu’elle se concentre au point fusionnel de l’équilibre parfait du Yin - Yang, la Forme qu’elle anime apparaît. Lorsque ce point est rompu, la Substance disparaît et l’Énergie se disperse. Toute manifestation vitale, de l’unicellulaire au plus complexe, n’est possible que si la Matière dense et lourde du Qi est animée par l’Énergie subtile et légère. La Vie se déroule ainsi, non pas de façon linéaire mais cycliquement, logique, cohérente, rationnelle, soumise aux Lois cosmiques qui sont siennes et exprimées dans leurs aspects élémentaux.
Par une relation d’engendrement mutuel, la Matière procède de l’Énergie et l’Énergie de la Matière. Par une relation d’opposition réciproque, elles s’équilibrent. La Matière est yin et l’Énergie est yang. La Matière émane de la Terre et l’Énergie du Ciel. La Forme est la Demeure de l’Énergie et l’Énergie est le Maître de la Forme. Dans tout processus manifesté, Énergie et Matière coexistent ainsi nécessairement. L’une ne peut exister sans l’autre et inversement parce qu’elles s’engendrent perpétuellement l’une et l’autre. Ce sont le deux facettes d’une même réalité. Cette loi est vraie pour l’Univers tout entier comme pour la plus infime de ses manifestations.
La Vie n’est possible que si tous les composants sont présents. A ce niveau là, nous pouvons évoquer le principe bio - chimique du facteur limitant. L’ensemble de l’Univers / organisme, matrice de tous les organismes vivants, aussi rudimentaires soient - ils, ne peuvent fonctionner que si chacune de leurs parties est présente, en harmonie avec le Tout et chacune des parties du Tout. C’est l’Énergie, la Vie qui donnent au Cosmos, son unité, sa cohérence, son harmonie. Mais que l’un des éléments manquent ou soit disharmonique, et c’est l’ensemble qui, déséquilibré, ne plus fonctionner. Le phénomène vital, nécessairement universel, est donc extrêmement fragile et cependant indestructible. En effet, et à tous les niveaux, l’Énergie, la Vie ont leurs propres mécanismes pour rétablir l’ordre si tant est que rien n’intervienne dans le cours normal des événements, mécanismes d’auto régulation que l’on appelle en médecine homéostasie.
La Vie se manifeste par toutes les formes et toutes les structures qui apparaissent et disparaissent dans le monde visible, en revêtant et quittant leur aspect matériel. Elle se déploie dans le monde visible, dans le monde de l’Ayant forme à la naissance. Elle se retire de l’Ayant forme pour retourner au Sans forme, à l’Invisible, à la mort. Ce cycle perpétuel d’apparition / disparition est une manifestation spontanée du Mouvement vital qui génère et anime le monde des formes et chaque forme le contient. Il n’y a pas de structure sans vie. Le Visible contient l’Invisible et inversement. L’un est la racine de l’autre. Entre le Sans forme et l’Ayant forme, il existe un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans le Visible, préexistant à la conception et à la naissance. Entre l’Ayant forme et le Sans forme, il existe également un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans l’Invisible, de perdurer sans forme au delà de la disparition de la forme individuelle et individualisante. C’est par elle que l’on est d’abord et généralement conscient de soi même, forme accessible directement par l’observation de la visibilité. Ce désir d’une autre forme de conscience est connue parfois dès le monde manifesté par l’expérimentation contemplative.
Si, quand on les observe, la Vie et ses multiples manifestations apparaissent soit comme un miracle, soit comme un mystère ou encore plus sûrement comme les deux à la fois, elles ne sont cependant pas, comme certains ont pu le concevoir, le fruit d’un hasard incompréhensible, voire d’un accident, au cours d’une évolution que nul ne peut expliquer, illogique, irrationnelle. Elles sont la conséquence inéluctable du jeu de l’Énergie universelle et des Énergies élémentales au cours de leur processus dynamique de transformation au sein du Vide médian. Les Énergies universelles yin et yang génèrent la Vie, les Énergies élémentales organisent ses manifestations en cinq états particuliers de l’Énergie et de la Matière, aux caractéristiques particulières et aux fonctions spécifiques à chacun, de façon cyclique, favorisant l’apparition et le maintien de la Vie en un point précis et fragile d’équilibre au cours des processus de croissance / décroissance du Yin et du Yang. Le phénomène vital primordial dont les Dix mille êtres procèdent, se développe selon les lois d’engendrement, de domination et de régulation / transformation des Cinq mouvements. Tant que ces lois sont respectées, la Vie est harmonie. Dès lors qu’une d’entre elles n’est plus honorée, la disharmonie s’installe et le cours logique, naturel, nécessairement évolutif de la Vie est entravé. La Forme souffre et meurt, la Matière disparaît tandis que l’Énergie se disperse. Nous sommes encore dans le cadre de la loi du facteur limitant. C’est tout ou rien pour que la Vie soit possible. Toutes les parties doivent agir ensemble, dans l’unité et selon les lois naturelles. Elle ne peut correctement se manifester autrement, de façon cyclique, dans une dynamique d’expansion et de progression perpétuelles. Au sein du Vide médian, elle s’élève de sa racine terrestre yin vers sa cime céleste yang. C’est la forme la plus subtile, la plus évoluée, la plus accomplie de la manifestation du Tao au sein d’une Création qui lui est indispensable pour apparaître, se maintenir se développer et qu’elle anime.
La Vie procède du Mouvement originel, nous l’avons bien compris. La Vie elle - même est mouvement. L’essence de la Vie, c’est le mouvement. L’immobilisme, c’est la mort. Et s’il est une chose extraordinaire à observer, à ressentir, au coeur même de la Manifestation, au coeur même de l’Homme, c’est bien que rien jamais n’y est immobile, que tout est perpétuellement animé par le Mouvement fondamental, aux multiples formes mais intrinsèquement unique. C’est le Mouvement primordial de la Vie dont nous pouvons, avec un peu d’attention, ressentir n’importe où, n’importe quand, les subtiles pulsations. Pourtant, il donne si peu l’impression d’exister que nous n’en avons généralement pas conscience. Pourtant, il existe partout, jusque et y compris dans le royaume de l’apparemment inanimé. Dans l’Étendue sous le Ciel, il concerne absolument tout ce qui est créé. Tous les êtres vivants sont conçus, naissent, croissent et décroissent et enfin disparaissent selon ses lois auxquelles nul ne peut se soustraire. Il règle la Vie humaine comme n’importe lequel des autres processus cosmiques, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, unissant tout dans une unique entité dynamique en perpétuelle évolution, en incessant devenir. Souple, flexible, adaptable, la Vie dans son mouvement est, au delà du bien et du mal dont elle n’a que faire, nécessairement intelligente, logique, cohérente, portée vers l’expansion, la progression, l’évolution absolument sans limite. Entre Ciel et Terre, elle ne connaît point de repos. Son mouvement génère tous les êtres sans qu’elle les possède. Elle les nourrit sans rien en attendre en retour. Neutre, impartiale, elle ne fait montre d’aucune préférence pour telle ou telle de ses créatures. Elle crée et rien ne peut l’arrêter. Que l’on tente de la bloquer et elle se fraiera un passage pour continuer son oeuvre créatrice. Tout comme le Dao qui l’exhale,elle est indéfinissable. Elle s’exprime par le jeu de croissance du Yin et du Yang. C’est elle l’inspir et l’expir du Souffle originel. C’est ainsi que, générant la forme, elle l’anime sans cesse, sans que rien ne soit jamais fixé, définitif, mais toujours en perpétuel devenir. Nous pouvons facilement ressentir son mouvement, nous les êtres humains par deux de ses manifestations, le cycle de saisons à l’extérieur et l’activité vitale à l’intérieur.
Chaque saison est une concentration d’Énergie yin ou yang. Le passage de l’une à l’autre en représente l’alternance dans leur incessant processus de monté et de descente, structuré selon les immuables principes des Cinq mouvements auxquels chacune d’entre elle est liée. Ainsi le Printemps est lié au Bois, l’Été au Feu, l’Automne au Métal, l’Hiver à l’Eau, les Cinquièmes saisons à la Terre qui porte et nourrit de son Yin les quatre autres.
Au Printemps, saison de renaissance, d’engendrement, de renaissance, de réveil des êtres et des phénomènes, le Yang croît. Les plantes sortent de la Terre. L’Homme se doit d’y produire sans rien détruire.
En Été, saison de plénitude, de maturité, de croissance, le Yang est à son maximum. L’Homme doit laisser s’exprimer vers l’extérieur ses Énergies intérieures.
A l’Automne, le Yang descend et le Yin monte. C’est maintenant que l’Homme doit apaiser ses conflits, ses contradictions, purifier son Énergie, stocker ses acquis, engranger ses expériences.
En Hiver, le Yin est maximum. La Nature, les choses et les phénomènes s’endorment. La Terre ne produit plus. Elle garde en elle les germes de toutes les formes de Vie ultérieures. L’Homme lui aussi ne doit maintenir qu’une activité minimum. C’est la saison du repli, de la prise de recul, de la méditation.
Rien de ce qui se meut dans le Vide médian ne peut échapper au cycle circadien. Il est vraiment le cycle fondateur de toute Vie sur notre planète. Chaque saison est une concentration d’Énergie. Lorsqu’elles sont parfaitement équilibrées dans le monde de la forme, ce sont elles qui forment et transforment toute forme de Vie. La Vie humaine, tant extérieure qu’intérieure, est donc soumise aux rythmes saisonniers. Elle en dépend complètement.
Nous vivons donc dans un cadre Espace / temps dont nous sommes une émanation, rythmée par les saisons et qui n’est que la projection des cycles de l’Énergie universelle, le reflet parfait de l’Espace / temps cosmique.
Comme le le verrons plus en détail après, toute notre activité vitale, c’est à dire nos fonctions vitales, physiologiques et psychiques, c’est à dire l’ensemble des Organes dont elles procèdent et qui en dépendent sont liées à la saison en regard. Elles sont également soumises à ce rythme circadien et par lui aux principes du Yin - Yang et des Cinq mouvements.
Toute action opposée aux cycles du Mouvement vital ne peut donc que déboucher sur une pathologie, symptôme du décalage des rythmes individuels par rapports aux rythmes universels. La maladie peut donc être comprise comme une tentative de rétablissement d’une connection correcte. Toute thérapie consiste donc à utiliser les meilleures méthodes de soins pour réinsérer l’individu dans le Mouvement universel par l’action dynamique du remède.
Par conséquent, la clef de la santé, de la croissance, du bonheur, est de s’y abandonner sans la moindre velléité de résistance, dès lors que l’on a acquis, par l’expérimentation, la Connaissance de ses cycles de transformations et que de s’y conformer, ce qui est la suprême Sagesse, permet à chacun de se transcender.
22 juin 2007
THÉORIE DES ORGANES I
THÉORIE DES ORGANES II
Fonctions psycho - spirituelles des Organes :
Entendons
par fonctions psycho - spirituelles, l’ensemble des fonctions
cognitives, mentales, intellectuelles, pensée, réflexion, raisonnement,
mémoire, des fonctions émotionnelles qui sont autant de réponses
d’adaptation aux variations du milieu interne et du milieu externe et
des activités spirituelles qui sont autant de moyens d’évolution.
L’activité
psychique, étroitement liée à l’activité physiologique, ne se déroule
pas de façon linéaire au gré du hasard des circonstances, mais de façon
cyclique et selon l’ordre rigoureux, immuable des rythmes de la Nature,
au cours des phases de croissance et de décroissance du Yin et du Yang,
et des processus d’engendrement et de domination des Cinq mouvements.
Tout déséquilibre psychique, ou spirituel, est directement observable
dans les Manifestations visibles de l’Organe en regard. Il retentit
donc sur le plan physiologique. Inversement, tout problème
physiologique se rattache à un problème psychique ou spirituel. Et ce
n’est pas là une théorie abstraite issue du seul intellect, mais bien
la conclusion des observations et de l’expérience plurimillénaire de la
médecine chinoise, conclusion sur laquelle s’appuie une application
concrète de diagnostic, de pronostic et de thérapeutique. C’est donc
sur l’organisation de l’activité psychique des Organes que nous allons
nous attarder essentiellement, considérant la vie intérieure humaine
selon deux axes principaux, les Émotions d’une part, les Esprits
viscéraux d’autre part. Une fois encore, cette division n’a aucune
réalité. Elle n’a d’autre utilité que de faciliter l’explication et la
compréhension. En fait, la vie psychique et spirituelle est une partie
indivisible de la globalité humaine dont elle ne peut être dissociée,
ordonnée selon les lois universelles de l’Énergie. Sans doute, suis -
je en train de me répéter, mais il est absolument indispensable de se
pénétrer totalement de ce principe d’indivisibilité de la globalité
humaine en dehors duquel l’être humain ne peut être observé qu’amputé
de telle ou telle partie de lui même.
Les Émotions :
Il ne
faut pas entendre par “Émotions” le sens, encore par trop restreint,
que lui donnent nos dictionnaires, soient - ils de psychologie. Il
serait préférable de parler des cinq états émotionnels. Les Cinq
émotions sont en fait cinq ensembles regroupant une grande variété de
phénomènes émotionnels possédant toutes les caractéristiques
énergétiques de leur catégorie. Faisant partie intégrante de l’unité
corps / esprit, classées dans l’ordre des Cinq mouvements, elles sont
liées à un Organe, la Colère au Foie, la Joie au Coeur, le Souci à la
Rate, la Tristesse au Poumon, la Peur au Rein. Rappelons aussi que :
Le Coeur / Joie yang de yang est lié au Feu,
La Rate / Souci yin est liée à la Terre,
Le Poumon / Tristesse yin de yang est lié au Métal,
Le Rein / Peur yin de yin est lié à l’Eau,
Le Foie / Colère yang de yin est lié au Bois,
et que l’Émotion possède les caractéristiques du Mouvement auquel elle appartient.
Dire
qu’une Émotion est liée à un Organe, c’est, d’emblée, reconnaître et
faire état de la relation qui unit le psychique et le somatique dans
uun état d’équilibre dynamique et relatif et dans lequel le premier
domine le second. L’éventail de toutes les émotions humaines ne se
limitent pas aux cinq déjà citées. Chacune d’entre elles possède de
multiples nuances qui sont autant d’états émotionnels particuliers qui
demandent un traitement spécifique. Ainsi, il existe plusieurs formes
de peur qui sont toutes liées au Rein et relèvent chacune d’un élixir
floral précis. L’Émotion entendue ici avec sa majuscule est un
ensemble, un groupe d’émotions possédant des caractéristiques communes
et non l’une de ces émotions particulières. C’est ainsi qu’il faut les
considérer et les traiter. De plus, si chacune des émotions est liée à
un Organe, elles dépendent toutes du Coeur sur lequel elles ont
systématiquement un retentissement.
Contrairement à ce que
l’on pense souvent, elles ne sont ni pathologiques ni pathogènes en
soi. Ce sont au contraire des énergies positives et adaptogènes,
stimulées par les perceptions sensorielles de notre environnement et de
ses variations. Trait d’union entre le corps et l’esprit, elles
favorisent les activités physiologiques de l’Organe et déclenchent les
mécanismes mentaux de l’action créatrice et adaptatrice en surgissant
brusquement, envahissant l’être en atteignant très rapidement leur
maximum d’intensité et disparaissant comme elles sont venues. L’émotion
est ainsi le moteur de l’action. Il ne peut pas y avoir action s’il n’y
a pas émotion. S’il n’y a pas action, il n’y a pas adaptation. S’il n’y
a pas adaptation, il y a troubles de la personnalité, installation et
dégénérescence de la pathologie. Il ne s’agit donc pas de refouler les
émotions pour conserver son équilibre, les considérant à tort comme
perturbatrices et néfastes, mais seulement de maintenir subtilement sa
ligne de Vie dans l’équilibre émotionnel, en accord avec sa nature et
les directives de l’Esprit.
Les Émotions sont pathologiques, non
adaptatives, par l’excès ou l’insuffisance qui déséquilibrent leurs
relations d’engendrement mutuel et de domination réciproque. Elles ne
sont effectivement pas isolées les unes des autres mais liées par des
relations d’influence et d’interdépendance, dans un cycle de croissance
et de décroissance suivant le cycle des saisons.
L’Été, la Joie engendre le Souci et domine la Peur,
A la Cinquième saison, le Souci engendre la Tristesse et domine la Peur,
L’Automne, la Tristesse engendre la Peur et domine la Colère,
L’Hiver, la Peur engendre la Colère et domine la Joie,
Au Printemps, la Colère engendre la Joie et domine le Souci.
Tant
que le cycle émotionnel se déroule ainsi, l’Énergie circule
normalement, les Émotions sont équilibrées, le corps et l’esprit
fonctionnent en harmonie, la santé perdure. Il existe donc une
interdépendance directe entre les mouvements de l’Énergie, les états
psychologiques et les troubles pathologiques. Naturellement, les
troubles émotionnels sont lisibles dans les Manifestations visibles des
Organes.
Dire qu’une Émotion est liée à une saison, c’est encore
faire état de l’absolue immersion de l’Homme dans le cycle naturel du
temps universel. Chaque saison définit la relation que l’être humain
entretient avec lui - même et avec son environnement. Cette relation
n’est qu’un seul et unique processus relationnel qui unit deux niveaux
différents, le macrocosme et le microcosme. Au Printemps, l’Énergie
céleste et l’Énergie terrestre, dans un vaste mouvement d’expansion
vont à la rencontre l’une de l’autre dans un élan irrésistible de
renouveau. Les êtres vivants, donc les hommes, sont poussés par ce même
élan créateur. Ne dit - on pas que le printemps est la saison des
amours? En Été, Ciel et Terre fusionnent, la Nature est épanouie. En
l’Homme tout est détendu, grandit, s’accroît, se développe, se réalise.
En Automne, Ciel et Terre commence à se dissocier. C’est la saison où,
traditionnellement, on engrange les récoltes, on se prépare à passer
l’Hiver. L’Hiver, dans un mouvement de rétraction généralisé, le Ciel
et la Terre se séparent, se replient sur eux - mêmes. La Nature
hiberne. L’Homme lui - même est sensé ralentir son activité, se mettre
à l’abri pour se protéger du froid et de la nuit.
Cette
classification selon les Cinq mouvements et le cycle saisonnier n’est
pas un système rigide et réducteur. Dire qu’une Émotion est liée à une
saison, c’est reconnaître le fait qu’elle domine en cette saison et
qu’elle en possède les caractéristiques énergétiques. On connaît la
fréquence de telle ou telle pathologie dans la saison en regard. Par
exemple, l’Automne est la saison du Poumon et de la Tristesse. C’est en
cette saison que l’on rencontre une recrudescence des troubles ORL, le
Poumon, mais aussi d’états dépressifs, la Tristesse. Il n’est pas utile
de s’étendre sur le fait que n’importe qu’elle Émotion peut être
ressentie à n’importe quelle saison. L’Émotion est liée à la Saison
parce qu’elle en possède les mêmes propriétés énergétiques. Le cycle
émotionnel représente le cycle de la vie intérieure calé sur les
rythmes naturels au sein de l’Espace / temps que représente une année
déterminée par les cycles cosmiques, en particulier ceux du soleil qui
règlent l’alternance jour / nuit et la succession des saisons. En fait,
chaque fois que la psyché humaine est stimulée par son environnement,
elle ne peut s’adapter parfaitement à cette modification du milieu que
si le cycle émotionnel en entier s’enclenche selon les principes
d’engendrement et de domination. Ainsi, pour être efficace, la Peur
inhibante doit se transformer en Colère qui déclenche l’envie d’action
qui engendre la Joie qui stimule l’action, engendrant le Souci qui
canalise l’action, la maîtrise. Apparaît enfin la Tristesse qui permet
la fin de l’action, la prise de recul nécessaire pour en tirer les
conclusions, en mesurer les conséquences.
THÉORIE DES ORGANES III
Les Esprits viscéraux :
Matériellement et
énergétiquement, l'Homme naît du Cosmos, comme tous les autres éléments
de la Création. Mais il n'est pas seulement que Matière et Énergie.
C'est également et surtout un être spirituel, ce qui le différencie
absolument et définitivement de tous les autres êtres vivants. Il est
le seul, en effet, à posséder une particule de l'Esprit universel dont
il émane et qu’il reçoit du Tao, du Divin, du Souffle originel, peu
importe le terme, toutes les Traditions reconnaissent le principe. Dès
sa conception, cette particule s'incarne dans le bourgeon à partir
duquel se développe un individu unique. Cette particule réside dans le
Coeur qui le répartit dans les autres Organes et le guide toute sa vie
durant. Ainsi, chaque Organe abrite une Énergie extrêmement subtile,
émanation de l'Esprit originel, appelée Énergie spirituelle ou Esprit
viscéral. Ce n’est donc pas un seul organe de commandement central, le
cerveau en l’occurrence, qui apporte à chaque individu ses
caractéristiques personnelles, le prédestine et lui permet d’évoluer,
qui, à lui seul régit les activités psychiques. Il n’est pas le siège
absolu et unique de la vie intérieure, mais c’est bien l’ensemble de
l’organisme qui participe aux différents processus psychiques. Les Cinq
organes sont les relais entre l’Esprit universel et la Conscience
individuelle qui s’exprime en eux, les réceptacles et réservoirs de cet
Esprit au niveau humain. Les Cinq organes n’engendrent toutefois pas la
vie psychique et spirituelle. Ils n’en sont que le support matériel et
fonctionnel qui en rendent possible l’expression au sein de la
Manifestation. Les Cinq esprits viscéraux représentent tout à la fois
l’ensemble et le fonctionnement de notre structure spirituelle
fondamentale. Toute l’organisation de notre espèce est réglée par
l’Esprit originel, notre organisation individuelle par les Esprit
viscéraux. Le Wu shen, ensemble des Esprits viscéraux, est le principe
spirituel du niveau humain. C’est lui qui dirige les Énergies qui
construisent et animent notre entité, lui donnant sa globalité, son
unicité. C’est par lui que nous possédons la conscience d’être ce que
nous sommes, les capacités à agir sur soi et sur l’environnement, la
totalité des potentialités d’évolution et de perfectibilité,
caractérisant l’espèce humaine par rapport à toutes les autres. C’est
lui qui fait de l’Homme cet être unique, conscient, agissant, pensant,
adaptable, capable d’agir non par un inconscient déterminisme, mais par
sa propre volonté individuelle et consciente. Chaque Esprit viscéral
est spécifique de l’Organe en regard, possède des particularités
énergétiques précises dont dépendent ses fonctions bien définies dans
l’organigramme spirituel humain. Les Organes qui nous apparaissant de
chair, de sang et de liquides, sont en réalité les entités spirituelles
qui tiennent les rênes de toute notre évolution, de tout notre devenir.
Particules de l’Esprit originel, incarnés dès la conception, ils
cohabitent, se meuvent, échangent entre eux non d’une façon anarchique
et désordonnée, mais de manière ordonnée, calme et sereine. A l'origine
de la Vie, provoquant la division et la différenciation cellulaires,
ils en déterminent tous les niveaux, cellulaire, organique,
fonctionnel, psycho - émotionnel et spirituel dans une action
individualisante, dirigée par le Mandat céleste. Chaque individu est
différent de tous les autres parce que les Esprits viscéraux sont
organisés en fonction du Mandat céleste qui lui est spécifique et que,
par le jeu de leurs interrelations, ils impriment leurs spécificités
dans les mécanismes physiologiques et psychiques jusqu'au sein de la
moindre cellule. Ils sont absolument présents dans la globalité de la
Manifestation humaine, authentifiant chaque individu comme un être
humain transcendantalement unique. Ce ne sont, en aucun cas, des vues
de l'esprit capables de déterminer une fois pour toutes et
définitivement le devenir d'un être humain, mais de véritables Énergies
d'un niveau supérieur à toutes les autres et dont l'activité est
parfaitement observable dans les Manifestations visibles des Organes.
Parfaitement insaisissables, racine de tout ce qui peut être saisi, on
ne peut les percevoir qu’intuitivement, comme support du visible.
Présents dès la conception, ce sont eux qui donnent à un individu
particulier toutes les caractéristiques, toutes les potentialités
nécessaires à sa réalisation de soi au cours de son perpétuel devenir.
Leurs perturbations correspondent aux troubles neuro - psychiques voire
psychiatriques. Devant ce type de problème, il n'est donc pas possible
de ne considérer que le système neuro - cérébral dont l'atteinte serait
réductible par une chimiothérapie psychotrope. On ne peut davantage
l'aborder dans son seul aspect psychique. Il faut bien prendre
conscience, tant au niveau du diagnostic que de la thérapeutique et du
pronostic, l'ensemble organo - physio - psychique, c'est à dire, comme
nous le répétons depuis le début, l'entité humaine dans toute sa
globalité.
Liés à la Forme mais non dépendant d’elle, ils sont
notre rapport intime à la Source originelle, permettent les échanges
entre l’être humain et son Origine, guident sa vie dans le sens voulu
par son Destin. Toute l’activité humaine est placée sous le contrôle
des Esprits. Ce sont eux qui déterminent les comportements adaptés par
lesquels notre harmonie intérieure est maintenue, nous incitant à
suivre le cours des saisons, garants du cycle vital, non liés cependant
à ce cycle, puisqu’ils se situent au delà de la dualité Yin / Yang. On
ne peut accéder à la Connaissance véritable, à la perception de notre
intuition et à la compréhension de la nature profonde des êtres et des
phénomènes que par leur intermédiaire. La Connaissance véritable n’est
donc pas intellectuelle mais spirituelle. Ce n’est que grâce aux
Esprits viscéraux que nous pouvons réaliser nos potentialités,
atteindre notre nature véritable, se connaître soi - même, l’Univers et
les Dieux, appréhender le réel de la Vie. Ils s’expriment dans les
rêves, ce qui expliquent toute l’importance accordée à ceux - ci dans
l’établissement d’un diagnostic.
Pour conclure, les Esprits
viscéraux, racine, fondement de la Vie humaine donnent à l’Homme son
universalité et son individualité. Messagers de l’Esprit universel, ils
le conduisent sur son chemin de perfectibilité, le mènent selon son
orientation naturelle qui est de réaliser son destin personnel. C’est
par eux qu’il peut réaliser ses potentialités les plus secrètes. C’est
par leur présence que tout être humain est un individu unique d’origine
et de nature spirituelles, pouvant, seul parmi tous les êtres vivants,
accéder à la Connaissance véritable de la Nature, de Sa nature, à la
compréhension exacte des êtres et des phénomènes. Le calant sur le
cycle saisonnier, ils le maintiennent en harmonie avec lui - même et
avec le Cosmos en réglant ses comportements selon les lois universelles.
L’HOMME
L’HOMME
“Le Ciel couvre, la Terre porte, les Dix mille êtres sont complets et parfaits. Rien n’est plus précieux que l’Homme.”
“Entre le Ciel qui la surplombe et la Terre qui la supporte, la Création atteint la perfection. Dans l’Homme, n’est - il pas vrai, l’Homme qui prélève l’Énergie au Ciel et à la Terre pour vivre selon la loi des saisons.”
“L’Homme procède de deux principes, le Ciel yang, immatériel et la Terre yin, matérielle. Ainsi le Yin et le Yang représentent chez l’Homme envers et endroit, intérieur et extérieur, femelle et mâle. Ils se répondent mutuellement comme le Yin et le Yang du Cosmos.”
Il nous faut maintenant nous pencher sur cet Homme qui est, au fond, l’unique objet de cette étude, sur sa structure, sur son fonctionnement. De l’image qui en a été esquissée jusqu’ici, il nous faut en préciser les contours, afin d’en dégager la conception nécessaire à la compréhension de ce bipède bimane qui semble si différent de tous les autres colocataires de la planète. Cette conception, située au carrefour de la médecine chinoise, du Taoïsme qui l’inspire et de la Florathérapie, est basée sur quelques concepts simples, mais en dehors desquels aucune approche, nécessairement globale, ne peut être possible, philosophiquement et thérapeutiquement, l’un sous entendant l’autre et inversement.
Il est le microcosme du macrocosme, le macrocosme du microcosme, situé entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Il porte en lui toutes les formes de l’Énergie, de la plus subtile, la plus élevée à la plus condensée, la plus lourde. On ne peut que le placer au centre de l’Univers, seul endroit d’où, spectateur totalement engagé dans le spectacle dont il est le créateur à chaque instant de sa Vie, il puisse se connaître pour “connaître l’Univers et les dieux”, et Univers auquel il correspond point par point. Non seulement ils procèdent de la même Énergie, mais, et par conséquent, ils sont composés des mêmes éléments et selon la même organisation. La cosmogénèse et la biogenèse ne sont finalement que deux niveaux différents d’un même processus alternatif énergétique fondateur, l’éternel mouvement du Yin et du yang et le cycle perpétuel des Cinq mouvements. L’Homme n’est pas seulement le reflet parfait de l’Univers. L’Homme n’appartient pas seulement à l’Univers. L’Homme est l’Univers.
Non seulement ils procèdent de la même Énergie mais ils sont ausi composés des mêmes éléments et selon la même organisation. L’Homme appartient indéfectiblement au Macrocosme. Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, il ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
L’Homme est universel. Comme tous les êtres vivants, l’Homme procède de la fusion de l’Énergie yang du Père - ciel fécondant, et de celle yin de la Mère - terre fécondée et nourricière. Tous les êtres vivants ont la même origine. Tous les hommes, êtres vivants parmi les autres, ont cette même origine commune à l’ensemble du vivant manifesté. Voilà qui ouvre de vastes champs de réflexions sur la réalité de la nature humaine. Tous les êtres vivants sont le produit de leur milieu. Ils sont liés par une relation profonde à ce milieu et les uns aux autres. La diversité des espèces n’a d’autre cause que la diversité des terrains qui produisent des êtres conformes à leurs caractéristiques intrinsèques. Ceci est vrai pour tous les règnes de la Création, inanimé ou animés. Cependant, l’être humain occupe au sein de la Manifestation une place particulière, qui n’appartient qu’à lui, qu’il est le seul à occuper dans le Vide médian et qui le place au sommet de l’échelle de l’évolution. La Vie est une variation de l’échange entre Énergie et Matière sur plusieurs niveaux. Ainsi le végétal est supérieur au minéral, l’animal au végétal et l’humain à l’animal. Incontestablement, la Vie humaine est la forme de Vie la plus développée, la plus évoluée. Seul être vivant à la station parfaitement verticale, parallèle à l’axe Ciel / Terre, il est situé au centre du monde naturel. Les bras levés au Ciel et les pieds posés sur la Terre, il les relie l’un à l’autre, articulation idéale entre le Yin et le Yang dont il illustre parfaitement les principes. Conséquence logique et nécessaire du Mouvement originel, il en est la manifestation la plus complexe, la plus accomplie. Ouvert en haut au Ciel qui le couvre et en bas à la Terre qui le porte, il incarne parfaitement l’ensemble du Plan médian dans lequel ils se rencontrent, échangent et engendrent. Il est ainsi situé au centre de l’Univers, il est le centre de cet Univers, dès l’origine, rigoureusement organisé, idéalement structuré. On ne peut pas le placer entre Ciel et Terre, intellectuellement ou affectivement, n’importe où. Je sais que la science actuelle étudie de très près les performances intellectuelles, affectives, sexuelles, sociales des animaux et je ne leur conteste pas. Mais de là à penser, comme certains amis des bêtes voudraient nous le faire croire que le dauphin est en route pour un prix Nobel ou le chimpanzé sur la voie de la bouddhéité! Il existe bel et bien une échelle de l’évolution et c’est l’Homme qui occupe l’échelon le plus haut. Cela ne lui donne d’ailleurs aucun droit particulier, comme il le pense depuis si longtemps et de plus en plus, sur le reste de la Création. Son indiscutable position prépondérante, au contraire, lui donne bien davantage de devoirs que de droits.
Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, l’homme ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. Mais plus encore. L'adaptabilité, en fait la souplesse, la flexibilité, la malléabilité, l'élasticité du Yin est une caratéristique humaine. L'Homme est partout présent sur la planète, quelque soit le milieu et les conditions climatiques. Par contre, les ours blancs ne vivent pas sous les tropiques et les cactus ne poussent pas en arctique. Mais plus encore. Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. L’Homme, lui, échappe à toutes les fatalités, exceptée celle de vivre. Il arrive au monde possesseur de son destin et d’une infinité de potentialités qui le mettent dès le départ à l’abri de tout déterminisme. Il en réalise certaines plutôt que d’autres en fonction de son hérédité, d’un nombre incalculable de facteurs de circonstances, et surtout de sa propre volonté, impulsée par son Être véritable. Chaque destin humain est fondamentalement logique, cohérent, la Vie étant par essence intelligente. En perpétuel devenir, potentiellement absolument libre de naissance, par essence perfectible, par nature créateur, l’Homme n’a d’autre destinée que de manifester cette liberté et réaliser sa perfectibilité, guidé par cette Particule d’Énergie originelle qui lui donne tous ses caractères d’humanité, en conformité avec les lois de la Vie. En devenir illimité, conscient dès son origine d’être un individu unique au sein d’une espèce unique, il n’est prédestiné qu’à la découverte de sa Réalité transcendante que d’aucuns appellent réalisation de soi et qu’il accomplit pour son évolution, celle de son espèce et celle de l’Univers. Il y est contraint par une mise en ordre incessante de son monde intérieur dont la notion d’équilibre est le stade fondamental, tant dans ses pensées que dans ses mouvements. En trouvant sa Vérité, il parvient à cette liberté totale que rien ni personne ne peut lui nier, délaissant tous les oripeaux de la vertu sociale au profit de l’abandon total et confiant au sens de la Vie, aux lois intangibles qui régissent tout ce qui est manifesté, jouissant intelligemment de tout ce que la Vie lui offre et qu’il est capable de recevoir, dans un état, sinon de vacuité, du moins de quiétude, de sérénité. Seul être vivant à pouvoir ainsi diriger sa Vie, il ne peut ni ne doit en confier la responsabilité à personne d’autre, seul responsable devant lui - même de ses pensées et de ses actes, n’obéissant qu’à la loi naturelle parce qu’elle se situe au delà du bien et du mal. Évoluant dans le respect de cette loi, de soi et d’autrui, de toute la Création, il ne peut que mener à bien la recherche méticuleuse, obstinée et patiente de sa véritable nature transcendante. A l’écart de toutes les ingérences de la vertu sociale, il ne suit que la voix de son intuition, que ses désirs véritables dans une juste compréhension de ce qu’il est, de ce qu’est la Vie, finalement une joyeuse aventure, totalement intégrée dans l’harmonie universelle. Ainsi avance - t - il, vers l’avenir dont il n’a pas le souci, appuyé sur le passé qui ne l’encombre pas, vivant intensément le moment présent, l’ici et maintenant, ne cherchant qu’à n’être que ce qu’il est et rien d’autre, à n’être que soi, uniquement soi, totalement soi.
Face aux interrogations perpétuelles que lui lancent la Vie et l'Univers et auxquelles il essaie d'apporter des réponses satisfaisantes, dans une Conscience innée et immédiate du Cosmos et de soi, chacune de ses pensées est une création ou plutôt une re - création de lui - même qui ne demande qu'à se manifester à chacune de ses respirations. L'Homme est seul créateur de lui - même. Créateur de lui - même, il est créateur de l'Univers. Il n'est pas d'autre démiurge que l'Homme. C'est dire quelles sont ses responsabilités vis à vis de la planète et des Dix mille créatures qui y vivent. Ce n'est pas son environnement qu'il doit chercher à modifier, c'est lui - même. Chercher à transformer la Nature sans se transformer soi - même, serait, que dis - je, est une erreur aux conséquences incalculables. Nous voyons bien les catastrophes écologiques qu'entraîne ce non respect de la Nature et de ses Lois. Citons, parmi tant d'autre exemples de la folie humaine, le réchauffement planétaire et ces fameux OGM. Et cette erreur est déjà en train de se retourner contre notre espèce. Soyons en sûrs. La Nature reprend déjà ses droits. Tant que l'être humain refusera de se considérer comme une de ses parties intégrantes, il agira contre la Loi d'unité et ne pourra enclencher que des processus destructifs.
Issus de ce monde et non y jaillissant ex nihilo, dès sa conception, non seulement biologique mais aussi et surtout cosmique, c'est un germe riche et potentialités d'évolution et de développement. D'abord conscient de lui - même par sa forme, son apparence physiques, structure matérielle individuelle et nécessairement individualisante, appréhendée comme, dans un premier temps, seule réalité, il reconnait très rapidement le caractère transitoire, fugitif de sa corporéité. S'il est constamment créateur de lui - même, comme dans toute la Manifestation du Non manifesté, en lui rien ne peut être permanent et immuable, mais en perpétuelle transformation, évolution.
Il recherche alors ce qu'en lui il peut y avoir de permanent, dans cette angoisse fondamentale qui est celle de la mort. Par l'expérience méditative, il accède à ce monde situé au delà de la forme, à l'invisible, au non manifesté. Il y découvre toutes les potentialités qui lui permettent, s'il le veut, de devenir l'être unique et universel qu'il est réellement. Il prend cosncience de sa nature spirituelle et du destin qu'elle entraîne et qu'il se doit d'accomplir.
Porteuse de l'Esprit originel, la Vie humaine ne se déroule en effet jamais au hasard. Elle est gouvernée par les Lois qui régissent le Cosmos. Aucun destin humain n'est donc défini par un hasard absurde. Fondé sur la fiabilité des Lois de l'évolution comprises, mais bien mal par Darwin, il procède d'une absolue nécessité. C'est cette évolution que les Daoîstes appelaient le Mandat céleste. J'ai lu et entendu parfois qu'il consistait en une sorte de mission messianique réservée à quelques êtres d'élite. Rien n'est plus faux, plus anti daoïste. Tout être vivant possède, du protozoaire à l'Homme, un Mandat céleste. Celui ci ne concerne que l'individu tout en l'inscrivant dans le processus évolutif universel. En cela le Destin individuel est universel, mais seulement en cela. Définir le Mandat céleste est la chose la plus simple du monde. Dès notre conception, il nous a été confié une forme de Vie que chacun d'entre nous se doit, pour son plus grand bien et pour celui d'autrui de réussir dans l'ici et maintenant de notre cadre Espace / temps, en dehors de toute préoccupation d'un éventuel au delà. C'est ce chemin de Vie que nous devons réaliser, sans souci du lendemain, du qu'en dira -t - on ou de la destination. Peu importe où l'on va. Celui qui marche sur ce chemin y avance sans jamais ressentir la moindre fatigue car il vit dans l'harmonie avec soi et l'Univers, dans le juste millieu.


