17 juin 2007
GÉNÉRALITÉS
La Médecine Traditionnelle Chinoise
“...Le sage est éclectique et adapte sa thérapeutique aux cas particuliers, et c’est ainsi que des traitements différents peuvent également être efficaces. Les circonstances de la maladie indiquent le genre de traitement...”
Généralités :
Au fil des siècles, les médecins chinois ont donc développé et affiné leur art totalement intégré dans la philosophie taoïste. C’est, je le rappelle, l’un des huit éléments de l’ensemble indivisible du Pa kua. La médecine traditionnelle chinoise est fille du Taoïsme.
La théorie médicale chinoise s’appuie sur une expérience clinique qui s’étend sur plusieurs millénaires. Le livre fondateur est le Huang di Neijing qui marque la naissance de la théorie médicale et pharmacologique chinoise. Il est difficile de dater l’apparition de la médecine chinoise. On peut situer ses pères fondateurs, les empereurs Fu Xi, Shen Nong et surtout Houang Ti, à la période légendaire, au III° millénaire avant notre ère. Elle se développe pendant l’époque pré-impériale jusqu’au XXI° siècle avant J. C. date à laquelle le savoir empirique antique commence à être théorisé. Durant l’époque des Royaumes combattants, de 722 à 481 elle s’érige en un système cohérent. Le corps médical se sépare des sorciers et des prêtres. Apparaissent alors les premiers grands médecins tel Bian Que. L’unification de l’empire voit le développement continue de la médecine et de la pharmacopée, tant sur un plan pratique que sur un plan théorique. C’est sous les dynasties Ming et Qing qu’apparaissent ses concepts les plus importants. Après la révolution de 1911, elle est interdite au profit de la médecine occidentale, ce qui provoque de violentes émeutes. Elle est à nouveau autorisée à partir de 1929 et continue à être pratiquée en Chine populaire, sous l’impulsion de Mao tse toung après la révolution de 1949. Elle soigne aujourd’hui un quart de la planète et contribue remarquablement à sa santé et à sa longévité, l’une des plus longues du monde.
Concepts fondamentaux :
La conception de l’Homme :
Le corps humain est une entité composée d’organes et de viscères irrigués par le Sang et les Liquides et animés par l’Énergie. Chacun joue un rôle spécifique, mais leurs interrelations forment une unité fonctionnelle somatique et psychique cohérente et indivisible. Les organes et leurs fonctions sont inséparables les uns des autres. Le physique et le psychique ne peuvent être dissociés. Les différents éléments de la structure humaine ont liés les uns aux autres et s’influencent mutuellement par l’intermédiaire des Méridiens par lesquels ils échangent leur Énergie. Chacun participe au fonctionnement du Tout qui ne peut lui - même fonctionner que si chacune des parties est opérationnelle. Que l’une d’entre elles soit défaillante, et c’est l’ensemble qui est désorganisé.
L’unité fonctionnelle humaine est une partie intégrante de l’Univers. L’Homme cependant occupe, dans le Vide médian, une place bien particulière, entre le Ciel et la Terre dont il procède. Au centre de l’Univers, il est le centre de l’Univers, seul bipède à la station parfaitement verticale, reliant le Ciel à la Terre, seul être vivant à posséder cet extraordinaire pouvoir d’articulation entre le Yin et le Yang. Du Ciel qui le couvre, il reçoit les Énergies yang, aériennes, subtiles, lumineuses, responsables de ses fonctions psycho - spirituelles et qui président à la Vie. Ces Énergies célestes qui descendent vers la Terre pour s’y condenser, le pénètrent par la respiration, la peau, l’alimentation De la Terre, l’humus, en rétraction, il reçoit les Énergies yin qui montent vers le Ciel pour s’y disperser. Elles lui apportent toutes les substances nutritives et constitutives lourdes. Ainsi l’Homme porte en lui le Ciel et la Terre. Debout, parallèle à l’axe Ciel / Terre, totalement intégré à la structure universelle, inséré dès sa conception dans le cadre Espace / temps, vivant au rythme des saisons, l’Homme parfait reflet du Macrocosme est individualisé d’abord par les conditions et le lieu de sa naissance, la diversité des terrains expliquant la variété des races et des individus, et son hérédité.
L’Homme est placé au centre du monde naturel. Ils sont unis par une relation mutuelle d’interdépendance. L’Homme et la Nature entretiennent des relations réciproques, actives et volontaires au cours desquelles chacun influence l’autre. Intégré au sein de l’Univers, il y est soumis à ses lois. Les changements climatiques, les biorythmes déterminent son activité physiologique et psychique. La santé ou la maladie dépendent étroitement de la communication de l’Homme avec la Nature donc à ses facultés d’adaptation aux variations de son milieu. En effet, quelques soient les conditions extérieures, il est toujours possible d’y vivre et de s’y développer à l’abri de la maladie. Tout dépend de l’adaptabilité, de l’immunité, autrement dit de la résistance aux agents externes, qui ne deviennent pathogènes qu’en cas de déséquilibre interne. De plus, l’être humain est capable d’intervenir sur son environnement pour le transformer, l’adapter, afin, entre autres choses, d’y élever son niveau de santé et faire reculer la maladie.
Comme tout ce qui est manifesté, mais plus que tout ce qui est manifesté, il participe à l’harmonie ou à la disharmonie de l’Univers. Inversement, l’harmonie ou la disharmonie de l’Univers influencent son devenir. Indissociables, ils procèdent de la même Source originelle dont les mouvements sont réguliers et silencieux. La santé est donc un état de silence et de régularité. Par contre, la maladie est faite de bruit et d’irrégularité, décalant l’Homme de l’axe Ciel / Terre. Le but de la médecine est de préserver ou de restaurer le silence et la régularité, de caler ou de recaler l’individu sur cette axe Ciel / Terre selon les rythmes universels.
La dialectique médicale :
La dialectique médicale chinoise s’appuie sur le recueil et l’analyse des symptômes basés sur l’interrogatoire, l’auscultation, l’observation et la palpation. A travers leur synthèse elle détermine les causes profondes de la maladie, sa nature, sa localisation, son évolution. Mais déterminer les symptômes ne suffit pas. Il faut aussi étudier les conditions dans lesquelles la maladie est apparue. En effet, les méthodes thérapeutiques peuvent varier, pour une même pathologie en fonction des conditions d’apparition comme la saison, le climat, les facteurs psycho-émotionnels, etc..., ce qui en fait une méthode de soins très individualisée qui ne soigne pas une maladie mais un individu malade dans sa globalité, intégré à un environnement précis.
Le traitement est ensuite instauré, visant à rétablir l’équilibre et à mettre en jeu les forces auto-curatives. Tout l’art de soigner, en Médecine traditionnelle chinoise, repose avant tout sur la notion de prévention bien plus que sur l’aspect curatif. Sa dialectique médicale permet donc non seulement d’éviter la maladie, selon les règles du Pa-kua, mais aussi de prévoir et de s’opposer à son évolution, c’est à dire de poser un pronostic et d’agir en conséquence.
Conception de la santé et de la maladie :
La santé est synonyme d’unité équilibrée et harmonieuse tant dans le milieu interne qu’entre milieu interne et milieu externe au sein du mouvement d’opposition ordonné des contraires, du Yin et du Yang. Par conséquent, la maladie est considérée comme un déséquilibre, une disharmonie provoquant une rupture de l’unité au sein de l’organisme et, simultanément, entre le vivant et son environnement.
La notion d’Énergie :
Toute la médecine chinoise est fondée sur la notion d’Énergie que nous développerons plus tard. Schématiquement l’Énergie fonde l’Univers et lui donne unité et cohérence. L’Homme est soumis aux lois de l’Énergie. Lorsqu’elle circule sans entrave, dans un flot continu et harmonieux, la santé perdure. La maladie est donc aussi considérée comme une perturbation de la circulation énergétique qu’il faut rétablir par la réforme du mode de vie et de pensée, la diététique, la pharmacopée, l’acupuncture, la moxibustion, etc...
+ La notion de prévention :
La prévention se situe à deux niveaux, prévenir non seulement l’apparition de la maladie, mais aussi son évolution lorsqu’elle est déjà installée.
Elle s’intéresse d’abord non à la maladie mais à la santé et aux moyens pour la conserver. Insistant sur les interrelations entre le corps et l’esprit, elle préconise le contrôle psychique par des pratiques spirituelles. Ainsi la maîtrise émotionnelle permet d’éviter les perturbations de l’Énergie et les maladies organiques qui en découlent. Les pratiques spirituelles visent non seulement à conserver la santé mais aussi à optimiser le fonctionnement de l’entité humaine sur tous les plans. Elle met particulièrement l’accent sur le développement des facultés d’adaptation à un environnement changeant, en particulier au cycle saisonnier. Ces techniques constituent une véritable alchimie interne de transformation de l’Énergie en une forme toujours supérieure. Plus le niveau énergétique est élevé et plus l’individu est immunisé contre la maladie, plus le Mouvement vital est favorisé et plus le sujet peut se développer. Outre ces techniques, la croissance vitale s’appuie sur l’hygiène de vie, c’est à dire l’équilibre harmonieux entre activité et repos, diététique, massages, acupuncture, moxas, substances médicamenteuses.
Pour prévenir l’évolution de la maladie, il est important d’en faire le diagnostic précocement, d’en connaître les règles de transmission entre les Organes selon les lois du Yin et du Yang et des Cinq mouvements. Nous y reviendrons longuement.
+ Le traitement :
“Pour guérir les maladies, il faut aller jusqu’à leur racine”.
La démarche thérapeutique s’appuie essentiellement sur l’étiologie, c’est à dire la recherche de la nature réelle de la maladie. Parallèlement, le traitement est un traitement de fond, à l’action longue et durable. Il vise, en s’attaquant à la racine du mal, à restaurer l’Énergie saine. Une autre démarche vise à traiter les branches, c’est à dire les symptômes aigus. C’est une action rapide et ponctuelle, d’urgence, lorsqu’il faut atteindre très vite l’agent pathogène. Ces deux méthodes non contradictoires mais complémentaires s’utilisent alternativement ou simultanément, dans une démarche thérapeutique globale.
Il y a deux façons de traiter une affection. Le traitement régulier consiste à traiter un symptôme par une technique qui s’y oppose, une maladie de froid par le chaud. L’autre technique, le traitement contraire, consiste à prescrire des traitements qui provoquent le même effet que la maladie, le froid par le froid par exemple.
Toute démarche thérapeutique s’articule autour de cinq principes de base, soutenir l’Énergie saine et chasser l’Énergie perverse, équilibrer le Yin et le Yang, équilibrer l’activité fonctionnelle des Organes et des Entrailles, réguler les relations entre l’Énergie et le Sang, enfin se conformer aux conditions de vie du malade.
Concepts thérapeutiques :
Quelque soit la technique de soins utilisée, elle repose toujours sur les mêmes concepts thérapeutiques :
Sudorification : élimination des Énergies pathogènes par la peau. Elle est associée aux ingrédients de saveur piquante.
Vomification : évacuation par la bouche de mucosités, aliments ingérés, substances toxiques, qui stagnent dans la poitrine et l’estomac. Réservée aux cas d’urgence.
Purgation : évacuation des plénitudes et stagnations par voie intestinale.
Harmonisation : régularisation des mouvements de l’Énergie, à la fois tonification et dispersion, réchauffement et refroidissement.
Calorification : ou réchauffement, élimination du froid pathogène, tonifie et tiédit le Yang.
Clarification : ou rafraîchissement, en cas de syndrome de chaleur, utilise des ingrédients frais ou froids.
Tonification : dans tous les syndromes de vide.
Dispersion : ou réduction, dans les syndromes de plénitude.
22 juin 2007
THÉORIE DES ORGANES I
THÉORIE DES ORGANES III
Les Esprits viscéraux :
Matériellement et
énergétiquement, l'Homme naît du Cosmos, comme tous les autres éléments
de la Création. Mais il n'est pas seulement que Matière et Énergie.
C'est également et surtout un être spirituel, ce qui le différencie
absolument et définitivement de tous les autres êtres vivants. Il est
le seul, en effet, à posséder une particule de l'Esprit universel dont
il émane et qu’il reçoit du Tao, du Divin, du Souffle originel, peu
importe le terme, toutes les Traditions reconnaissent le principe. Dès
sa conception, cette particule s'incarne dans le bourgeon à partir
duquel se développe un individu unique. Cette particule réside dans le
Coeur qui le répartit dans les autres Organes et le guide toute sa vie
durant. Ainsi, chaque Organe abrite une Énergie extrêmement subtile,
émanation de l'Esprit originel, appelée Énergie spirituelle ou Esprit
viscéral. Ce n’est donc pas un seul organe de commandement central, le
cerveau en l’occurrence, qui apporte à chaque individu ses
caractéristiques personnelles, le prédestine et lui permet d’évoluer,
qui, à lui seul régit les activités psychiques. Il n’est pas le siège
absolu et unique de la vie intérieure, mais c’est bien l’ensemble de
l’organisme qui participe aux différents processus psychiques. Les Cinq
organes sont les relais entre l’Esprit universel et la Conscience
individuelle qui s’exprime en eux, les réceptacles et réservoirs de cet
Esprit au niveau humain. Les Cinq organes n’engendrent toutefois pas la
vie psychique et spirituelle. Ils n’en sont que le support matériel et
fonctionnel qui en rendent possible l’expression au sein de la
Manifestation. Les Cinq esprits viscéraux représentent tout à la fois
l’ensemble et le fonctionnement de notre structure spirituelle
fondamentale. Toute l’organisation de notre espèce est réglée par
l’Esprit originel, notre organisation individuelle par les Esprit
viscéraux. Le Wu shen, ensemble des Esprits viscéraux, est le principe
spirituel du niveau humain. C’est lui qui dirige les Énergies qui
construisent et animent notre entité, lui donnant sa globalité, son
unicité. C’est par lui que nous possédons la conscience d’être ce que
nous sommes, les capacités à agir sur soi et sur l’environnement, la
totalité des potentialités d’évolution et de perfectibilité,
caractérisant l’espèce humaine par rapport à toutes les autres. C’est
lui qui fait de l’Homme cet être unique, conscient, agissant, pensant,
adaptable, capable d’agir non par un inconscient déterminisme, mais par
sa propre volonté individuelle et consciente. Chaque Esprit viscéral
est spécifique de l’Organe en regard, possède des particularités
énergétiques précises dont dépendent ses fonctions bien définies dans
l’organigramme spirituel humain. Les Organes qui nous apparaissant de
chair, de sang et de liquides, sont en réalité les entités spirituelles
qui tiennent les rênes de toute notre évolution, de tout notre devenir.
Particules de l’Esprit originel, incarnés dès la conception, ils
cohabitent, se meuvent, échangent entre eux non d’une façon anarchique
et désordonnée, mais de manière ordonnée, calme et sereine. A l'origine
de la Vie, provoquant la division et la différenciation cellulaires,
ils en déterminent tous les niveaux, cellulaire, organique,
fonctionnel, psycho - émotionnel et spirituel dans une action
individualisante, dirigée par le Mandat céleste. Chaque individu est
différent de tous les autres parce que les Esprits viscéraux sont
organisés en fonction du Mandat céleste qui lui est spécifique et que,
par le jeu de leurs interrelations, ils impriment leurs spécificités
dans les mécanismes physiologiques et psychiques jusqu'au sein de la
moindre cellule. Ils sont absolument présents dans la globalité de la
Manifestation humaine, authentifiant chaque individu comme un être
humain transcendantalement unique. Ce ne sont, en aucun cas, des vues
de l'esprit capables de déterminer une fois pour toutes et
définitivement le devenir d'un être humain, mais de véritables Énergies
d'un niveau supérieur à toutes les autres et dont l'activité est
parfaitement observable dans les Manifestations visibles des Organes.
Parfaitement insaisissables, racine de tout ce qui peut être saisi, on
ne peut les percevoir qu’intuitivement, comme support du visible.
Présents dès la conception, ce sont eux qui donnent à un individu
particulier toutes les caractéristiques, toutes les potentialités
nécessaires à sa réalisation de soi au cours de son perpétuel devenir.
Leurs perturbations correspondent aux troubles neuro - psychiques voire
psychiatriques. Devant ce type de problème, il n'est donc pas possible
de ne considérer que le système neuro - cérébral dont l'atteinte serait
réductible par une chimiothérapie psychotrope. On ne peut davantage
l'aborder dans son seul aspect psychique. Il faut bien prendre
conscience, tant au niveau du diagnostic que de la thérapeutique et du
pronostic, l'ensemble organo - physio - psychique, c'est à dire, comme
nous le répétons depuis le début, l'entité humaine dans toute sa
globalité.
Liés à la Forme mais non dépendant d’elle, ils sont
notre rapport intime à la Source originelle, permettent les échanges
entre l’être humain et son Origine, guident sa vie dans le sens voulu
par son Destin. Toute l’activité humaine est placée sous le contrôle
des Esprits. Ce sont eux qui déterminent les comportements adaptés par
lesquels notre harmonie intérieure est maintenue, nous incitant à
suivre le cours des saisons, garants du cycle vital, non liés cependant
à ce cycle, puisqu’ils se situent au delà de la dualité Yin / Yang. On
ne peut accéder à la Connaissance véritable, à la perception de notre
intuition et à la compréhension de la nature profonde des êtres et des
phénomènes que par leur intermédiaire. La Connaissance véritable n’est
donc pas intellectuelle mais spirituelle. Ce n’est que grâce aux
Esprits viscéraux que nous pouvons réaliser nos potentialités,
atteindre notre nature véritable, se connaître soi - même, l’Univers et
les Dieux, appréhender le réel de la Vie. Ils s’expriment dans les
rêves, ce qui expliquent toute l’importance accordée à ceux - ci dans
l’établissement d’un diagnostic.
Pour conclure, les Esprits
viscéraux, racine, fondement de la Vie humaine donnent à l’Homme son
universalité et son individualité. Messagers de l’Esprit universel, ils
le conduisent sur son chemin de perfectibilité, le mènent selon son
orientation naturelle qui est de réaliser son destin personnel. C’est
par eux qu’il peut réaliser ses potentialités les plus secrètes. C’est
par leur présence que tout être humain est un individu unique d’origine
et de nature spirituelles, pouvant, seul parmi tous les êtres vivants,
accéder à la Connaissance véritable de la Nature, de Sa nature, à la
compréhension exacte des êtres et des phénomènes. Le calant sur le
cycle saisonnier, ils le maintiennent en harmonie avec lui - même et
avec le Cosmos en réglant ses comportements selon les lois universelles.
L’HOMME
L’HOMME
“Le Ciel couvre, la Terre porte, les Dix mille êtres sont complets et parfaits. Rien n’est plus précieux que l’Homme.”
“Entre le Ciel qui la surplombe et la Terre qui la supporte, la Création atteint la perfection. Dans l’Homme, n’est - il pas vrai, l’Homme qui prélève l’Énergie au Ciel et à la Terre pour vivre selon la loi des saisons.”
“L’Homme procède de deux principes, le Ciel yang, immatériel et la Terre yin, matérielle. Ainsi le Yin et le Yang représentent chez l’Homme envers et endroit, intérieur et extérieur, femelle et mâle. Ils se répondent mutuellement comme le Yin et le Yang du Cosmos.”
Il nous faut maintenant nous pencher sur cet Homme qui est, au fond, l’unique objet de cette étude, sur sa structure, sur son fonctionnement. De l’image qui en a été esquissée jusqu’ici, il nous faut en préciser les contours, afin d’en dégager la conception nécessaire à la compréhension de ce bipède bimane qui semble si différent de tous les autres colocataires de la planète. Cette conception, située au carrefour de la médecine chinoise, du Taoïsme qui l’inspire et de la Florathérapie, est basée sur quelques concepts simples, mais en dehors desquels aucune approche, nécessairement globale, ne peut être possible, philosophiquement et thérapeutiquement, l’un sous entendant l’autre et inversement.
Il est le microcosme du macrocosme, le macrocosme du microcosme, situé entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Il porte en lui toutes les formes de l’Énergie, de la plus subtile, la plus élevée à la plus condensée, la plus lourde. On ne peut que le placer au centre de l’Univers, seul endroit d’où, spectateur totalement engagé dans le spectacle dont il est le créateur à chaque instant de sa Vie, il puisse se connaître pour “connaître l’Univers et les dieux”, et Univers auquel il correspond point par point. Non seulement ils procèdent de la même Énergie, mais, et par conséquent, ils sont composés des mêmes éléments et selon la même organisation. La cosmogénèse et la biogenèse ne sont finalement que deux niveaux différents d’un même processus alternatif énergétique fondateur, l’éternel mouvement du Yin et du yang et le cycle perpétuel des Cinq mouvements. L’Homme n’est pas seulement le reflet parfait de l’Univers. L’Homme n’appartient pas seulement à l’Univers. L’Homme est l’Univers.
Non seulement ils procèdent de la même Énergie mais ils sont ausi composés des mêmes éléments et selon la même organisation. L’Homme appartient indéfectiblement au Macrocosme. Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, il ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
L’Homme est universel. Comme tous les êtres vivants, l’Homme procède de la fusion de l’Énergie yang du Père - ciel fécondant, et de celle yin de la Mère - terre fécondée et nourricière. Tous les êtres vivants ont la même origine. Tous les hommes, êtres vivants parmi les autres, ont cette même origine commune à l’ensemble du vivant manifesté. Voilà qui ouvre de vastes champs de réflexions sur la réalité de la nature humaine. Tous les êtres vivants sont le produit de leur milieu. Ils sont liés par une relation profonde à ce milieu et les uns aux autres. La diversité des espèces n’a d’autre cause que la diversité des terrains qui produisent des êtres conformes à leurs caractéristiques intrinsèques. Ceci est vrai pour tous les règnes de la Création, inanimé ou animés. Cependant, l’être humain occupe au sein de la Manifestation une place particulière, qui n’appartient qu’à lui, qu’il est le seul à occuper dans le Vide médian et qui le place au sommet de l’échelle de l’évolution. La Vie est une variation de l’échange entre Énergie et Matière sur plusieurs niveaux. Ainsi le végétal est supérieur au minéral, l’animal au végétal et l’humain à l’animal. Incontestablement, la Vie humaine est la forme de Vie la plus développée, la plus évoluée. Seul être vivant à la station parfaitement verticale, parallèle à l’axe Ciel / Terre, il est situé au centre du monde naturel. Les bras levés au Ciel et les pieds posés sur la Terre, il les relie l’un à l’autre, articulation idéale entre le Yin et le Yang dont il illustre parfaitement les principes. Conséquence logique et nécessaire du Mouvement originel, il en est la manifestation la plus complexe, la plus accomplie. Ouvert en haut au Ciel qui le couvre et en bas à la Terre qui le porte, il incarne parfaitement l’ensemble du Plan médian dans lequel ils se rencontrent, échangent et engendrent. Il est ainsi situé au centre de l’Univers, il est le centre de cet Univers, dès l’origine, rigoureusement organisé, idéalement structuré. On ne peut pas le placer entre Ciel et Terre, intellectuellement ou affectivement, n’importe où. Je sais que la science actuelle étudie de très près les performances intellectuelles, affectives, sexuelles, sociales des animaux et je ne leur conteste pas. Mais de là à penser, comme certains amis des bêtes voudraient nous le faire croire que le dauphin est en route pour un prix Nobel ou le chimpanzé sur la voie de la bouddhéité! Il existe bel et bien une échelle de l’évolution et c’est l’Homme qui occupe l’échelon le plus haut. Cela ne lui donne d’ailleurs aucun droit particulier, comme il le pense depuis si longtemps et de plus en plus, sur le reste de la Création. Son indiscutable position prépondérante, au contraire, lui donne bien davantage de devoirs que de droits.
Soumis aux rythmes du soleil, des étoiles, des planètes, des saisons, du jour et de la nuit, l’homme ne peut s’en désunir sans rompre le délicat et relatif équilibre qui y permet sa présence, dans une relation d’échanges mutuels. Les limites de son corps sont en effet suffisamment perméables pour qu’il puisse entretenir de constants échanges avec son milieu naturel dont il reçoit les Énergies qu’il absorbe, qu’il transmute et restitue. Il ne peut vivre qu’ainsi, nourrit par les Climats du Ciel et les Saveurs de la Terre, au gré des rythmes universels auxquels il ne peut, ne serait - ce que le temps d’un battement cardiaque, se soustraire, échapper à leur puissante et inévitable influence. Et ce n’est pas là un concept ésotérique. Nous savons tous que la chimie a démontré depuis longtemps que l’Homme est composé des mêmes éléments que n’importe lequel des autres objets de la Création. Par ailleurs, il suffit de s’asseoir au milieu des champs et des bois, au calme, pour ressentir à quel point nous sommes unis à la Nature environnante dans une relation qui peut devenir fusionnelle et, paradoxalement, toujours plus individualisante.
Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. Mais plus encore. L'adaptabilité, en fait la souplesse, la flexibilité, la malléabilité, l'élasticité du Yin est une caratéristique humaine. L'Homme est partout présent sur la planète, quelque soit le milieu et les conditions climatiques. Par contre, les ours blancs ne vivent pas sous les tropiques et les cactus ne poussent pas en arctique. Mais plus encore. Entre le Ciel et la Terre, il est l'unique créature à posséder une capacité de réflexion sur le monde au sein duquel il se meut. Lui seul peut en observer, comprendre, objectiver et expliquer les phénomènes. Il y est capable d'y lancer l'action spontanée du Non agir, adaptée et adaptatrice qu'il canalise afin de ne pas en disperser les effets de manière désordonnée. Cette action n'est pas destinée à transformer son environnement mais à enclencher les processus de transmutation internes nécessaire à son adaptation. C'est ainsi qu'en fonction de son expérience et des circonstances, l'Homme maintient une relation avec un biotope sans cesse fluctuant et y conserve, voire développe, sa Force vitale, son équilibre et son harmonie intérieurs. L’Homme, lui, échappe à toutes les fatalités, exceptée celle de vivre. Il arrive au monde possesseur de son destin et d’une infinité de potentialités qui le mettent dès le départ à l’abri de tout déterminisme. Il en réalise certaines plutôt que d’autres en fonction de son hérédité, d’un nombre incalculable de facteurs de circonstances, et surtout de sa propre volonté, impulsée par son Être véritable. Chaque destin humain est fondamentalement logique, cohérent, la Vie étant par essence intelligente. En perpétuel devenir, potentiellement absolument libre de naissance, par essence perfectible, par nature créateur, l’Homme n’a d’autre destinée que de manifester cette liberté et réaliser sa perfectibilité, guidé par cette Particule d’Énergie originelle qui lui donne tous ses caractères d’humanité, en conformité avec les lois de la Vie. En devenir illimité, conscient dès son origine d’être un individu unique au sein d’une espèce unique, il n’est prédestiné qu’à la découverte de sa Réalité transcendante que d’aucuns appellent réalisation de soi et qu’il accomplit pour son évolution, celle de son espèce et celle de l’Univers. Il y est contraint par une mise en ordre incessante de son monde intérieur dont la notion d’équilibre est le stade fondamental, tant dans ses pensées que dans ses mouvements. En trouvant sa Vérité, il parvient à cette liberté totale que rien ni personne ne peut lui nier, délaissant tous les oripeaux de la vertu sociale au profit de l’abandon total et confiant au sens de la Vie, aux lois intangibles qui régissent tout ce qui est manifesté, jouissant intelligemment de tout ce que la Vie lui offre et qu’il est capable de recevoir, dans un état, sinon de vacuité, du moins de quiétude, de sérénité. Seul être vivant à pouvoir ainsi diriger sa Vie, il ne peut ni ne doit en confier la responsabilité à personne d’autre, seul responsable devant lui - même de ses pensées et de ses actes, n’obéissant qu’à la loi naturelle parce qu’elle se situe au delà du bien et du mal. Évoluant dans le respect de cette loi, de soi et d’autrui, de toute la Création, il ne peut que mener à bien la recherche méticuleuse, obstinée et patiente de sa véritable nature transcendante. A l’écart de toutes les ingérences de la vertu sociale, il ne suit que la voix de son intuition, que ses désirs véritables dans une juste compréhension de ce qu’il est, de ce qu’est la Vie, finalement une joyeuse aventure, totalement intégrée dans l’harmonie universelle. Ainsi avance - t - il, vers l’avenir dont il n’a pas le souci, appuyé sur le passé qui ne l’encombre pas, vivant intensément le moment présent, l’ici et maintenant, ne cherchant qu’à n’être que ce qu’il est et rien d’autre, à n’être que soi, uniquement soi, totalement soi.
Face aux interrogations perpétuelles que lui lancent la Vie et l'Univers et auxquelles il essaie d'apporter des réponses satisfaisantes, dans une Conscience innée et immédiate du Cosmos et de soi, chacune de ses pensées est une création ou plutôt une re - création de lui - même qui ne demande qu'à se manifester à chacune de ses respirations. L'Homme est seul créateur de lui - même. Créateur de lui - même, il est créateur de l'Univers. Il n'est pas d'autre démiurge que l'Homme. C'est dire quelles sont ses responsabilités vis à vis de la planète et des Dix mille créatures qui y vivent. Ce n'est pas son environnement qu'il doit chercher à modifier, c'est lui - même. Chercher à transformer la Nature sans se transformer soi - même, serait, que dis - je, est une erreur aux conséquences incalculables. Nous voyons bien les catastrophes écologiques qu'entraîne ce non respect de la Nature et de ses Lois. Citons, parmi tant d'autre exemples de la folie humaine, le réchauffement planétaire et ces fameux OGM. Et cette erreur est déjà en train de se retourner contre notre espèce. Soyons en sûrs. La Nature reprend déjà ses droits. Tant que l'être humain refusera de se considérer comme une de ses parties intégrantes, il agira contre la Loi d'unité et ne pourra enclencher que des processus destructifs.
Issus de ce monde et non y jaillissant ex nihilo, dès sa conception, non seulement biologique mais aussi et surtout cosmique, c'est un germe riche et potentialités d'évolution et de développement. D'abord conscient de lui - même par sa forme, son apparence physiques, structure matérielle individuelle et nécessairement individualisante, appréhendée comme, dans un premier temps, seule réalité, il reconnait très rapidement le caractère transitoire, fugitif de sa corporéité. S'il est constamment créateur de lui - même, comme dans toute la Manifestation du Non manifesté, en lui rien ne peut être permanent et immuable, mais en perpétuelle transformation, évolution.
Il recherche alors ce qu'en lui il peut y avoir de permanent, dans cette angoisse fondamentale qui est celle de la mort. Par l'expérience méditative, il accède à ce monde situé au delà de la forme, à l'invisible, au non manifesté. Il y découvre toutes les potentialités qui lui permettent, s'il le veut, de devenir l'être unique et universel qu'il est réellement. Il prend cosncience de sa nature spirituelle et du destin qu'elle entraîne et qu'il se doit d'accomplir.
Porteuse de l'Esprit originel, la Vie humaine ne se déroule en effet jamais au hasard. Elle est gouvernée par les Lois qui régissent le Cosmos. Aucun destin humain n'est donc défini par un hasard absurde. Fondé sur la fiabilité des Lois de l'évolution comprises, mais bien mal par Darwin, il procède d'une absolue nécessité. C'est cette évolution que les Daoîstes appelaient le Mandat céleste. J'ai lu et entendu parfois qu'il consistait en une sorte de mission messianique réservée à quelques êtres d'élite. Rien n'est plus faux, plus anti daoïste. Tout être vivant possède, du protozoaire à l'Homme, un Mandat céleste. Celui ci ne concerne que l'individu tout en l'inscrivant dans le processus évolutif universel. En cela le Destin individuel est universel, mais seulement en cela. Définir le Mandat céleste est la chose la plus simple du monde. Dès notre conception, il nous a été confié une forme de Vie que chacun d'entre nous se doit, pour son plus grand bien et pour celui d'autrui de réussir dans l'ici et maintenant de notre cadre Espace / temps, en dehors de toute préoccupation d'un éventuel au delà. C'est ce chemin de Vie que nous devons réaliser, sans souci du lendemain, du qu'en dira -t - on ou de la destination. Peu importe où l'on va. Celui qui marche sur ce chemin y avance sans jamais ressentir la moindre fatigue car il vit dans l'harmonie avec soi et l'Univers, dans le juste millieu.
12 juillet 2007
LE COEUR
Il domine tous les autres Organes. Tous les Viscères en dépendent. Il est appelé l'Empereur. L'axe Coeur / Rein ou axe Shaoyin est fondamental dans la genèse et le devenir de l'individu. Il régit toutes les fonctions de l'organisme. Par ses battements, il témoigne de la vie et de la mort.
Yang de yang, c'est en Été qu'il connaît sa magnitude énergétique. Son liquide est la sueur. Il gouverne les fonctions et le système nerveux. Il est lié au sud, à la planète Mars, au Feu, à l'adolescence, au rire, à la chaleur, à l'odeur de brûlé, au son Haaaa, à la couleur rouge, à la saveur amère. Son émotion est la Joie. En relation avec la langue, il contrôle la gustation, avec l'oreille l'audition. Il donne sa sonorité à la voix. Les capillaires oculaires témoignent de l'état cardiaque. Il gouverne les fonctions circulatoires, de nutrition, de réchauffement, de transport, de défense et d'homéostasie. Il est couplé à l'Intestin grêle. Le Coeur est le logis de l’Énergie sexuelle. 
Traditionnellement représenté sous la forme d'un bouton de lotus habité d'un garçon vêtu de rouge, il correspond au Feu, Mouvement aérien de l'ignition, de la combustion, producteur de l'énergie chaude de mûrissement de l'Été. Lieu de purification de l'Énergie spirituelle, le Coeur est également symbolisé par le Mercure. Comme le Feu enflamme et réchauffe en montant, le Coeur produit de la chaleur. Son Énergie, force expansive, vigoureuse, réchauffante, est semblable à celle de l'Été qui préside à la floraison et à la croissance des fruits. Elle nourrit les glandes et leurs hormones. Elle apporte chaleur affective, vitalité, excitation. Au niveau humain le Mouvement Feu représente la magnificence, la sublimation. Son mouvement ascendant stimule perpétuellement le processus incessant de la Vie qui, s'élevant des profondeurs, s'épanouit vers le haut en remplissant tout l'espace.
Pivot de toute Vie humaine, sur tous les plans, le Coeur est Maître de l'Esprit et du corps qu'il génère. Tout part du Coeur et tout y revient. Chaque aspect de la nature humaine correspond à un Organe particulier, mais tous relèvent du Coeur. Les autres Organes n'en sont que les auxiliaires. Il leur délègue à chacun spécifiquement une partie de ses pouvoirs. C'est lui qui dirige l'impulsion vitale, soutenu par le Foie, la Rate, le Poumon et le Rein. Il coordonne harmonieusement les Organes, les Entrailles, les fonctions et les relations qui les unissent. L'équilibre des Cinq mouvements, l'équilibre entre le Yin et le Yang sont réglés, au niveau humain par le Coeur. C'est de lui que dépendent santé et maladie, longévité ou mort prématurée, bonheur ou malheur. Il nous faut distinguer le Coeur de Sang, matériel, et le Coeur de l'Esprit, subtil, résumant l'ensemble de tous les processus qui font la Vie intérieure d'un individu. Il faut le comprendre à la fois comme le mental, lieu de la pensée, l'émotionnel, lieu des sentiments, des émotions, des humeurs, comme la conscience individuelle définissant l'éthique personnelle et lieu de l'attention, des intentions, et aussi et avant tout, comme l'intériorité transcendante, l'être véritable, la nature profonde et permanente, qui caractérise chaque individu par rapport aux autres. C’est le centre de toutes les opérations de transmutations alchimiques internes.
Le Coeur fait se mouvoir le Sang et les différentes Énergies. Il est le Maître des Organes et des orifices supérieurs. Par la langue qui distingue et reconnaît les saveurs, il exprime ses jugements et tout ce qui, remontant de sa mémoire rencontre les informations venues de l'extérieur. L'oreille marque son aptitude à la captation, au recueillement des informations. L'oeil exprime par son éclat la vitalité des Esprits.
Le Coeur dirige la Vie psychique. De lui émanent pensées et émotions. L'intellect est généré par le Coeur qui commande et par le Cerveau qui exécute. Toutes les fonctions cognitives dépendent du Coeur. C'est lui qui régit, trie, analyse les stimuli reçus de l'extérieur et nécessaires au discernement, à la pensée et à l'action justes et adaptatives. Tant qu'il fonctionne normalement, les émotions sont équilibrées, le mental est ferme et stable, l'intellect est clair, la pensée agile et rapide, la perception de l'environnement est aiguisée, la volonté renforcée, l'intuition juste et bien gouvernée. Plaque tournante des communications entre les aspects les plus subtils de la nature humaine et de son processus vital, il ne se contente pas d'impulser la circulation du Sang et de l'Énergie. Il anime les Esprits jusque dans la moindre cellule de l'organisme. Il entretient donc doublement la Vie, au niveau matériel et au niveau spirituel. C'est de lui que procèdent toutes les qualités supérieures qui, sans cesse, forment, informent, reforment, réforment chaque particule d’un individu.
Orienté vers le haut, il s'ouvre aux influx cosmiques qui le pénètrent. C'est le lieu où se rencontrent et échangent les Esprits célestes qui s'y incarnent. Ce qui lui confère son titre "d'Empereur", c'est qu'il est, comme le Fils du Ciel, l'intermédiaire entre l'Esprit du Macrocosme et celui du Microcosme, suggérant à l'Homme de ne se conformer, mais totalement, qu’aux lois du Ciel et de la Terre, de la Nature et de n'écouter, ouvert à son intuition, que sa nature véritable. C'est parce qu'il est habité par les Esprits qu'il est la source, l'origine de toute réaction, de toute pensée, de toute action et qu'il assure une conduite cohérente du déroulement de la Vie individuelle qu'il insère dans le Mouvement vital universel. C'est par les Esprits qu'il abrite qu'il assure la progression, la croissance de chacun vers la maîtrise et la réalisation de soi, de sa destinée, à la rencontre de soi et de sa perfection, de sa liberté potentielles. C'est par le Coeur que l'Homme prend conscience de sa nature et de son origine. Par le Coeur, médiateur entre les puissances célestes et les instances humaines, l'Homme peut réaliser ses possibilités, découvrir et augmenter sa richesse intérieure.
Demeure des Esprits, il délègue aux autres Organes et abrite, lui, plus spécifiquement le Shen, Esprit viscéral de la conscience organisatrice qui gère l'ensemble des mécanismes psycho - émotionnels et physiologiques et qui génère les autres Esprits viscéraux qui ne sont donc en réalité que ses émanations. Du Shen procèdent pensées et émotions. Par le Shen, le Coeur émet l'Énergie impériale faite d'amour et de compassion. C'est par le Shen que l'action de l'Esprit est la plus éclatante et qu'elle donne toute son unicité à l'entité humaine, lui garantissant un fonctionnement optimal, une intégration parfaite et une adaptation harmonieuse à son environnement et à tout ce qu'il en reçoit. Le Shen, âme vacante et omnisciente, régit les Dix mille choses, ce qui signifie que grâce au Shen l'Homme peut ne rien subir et agir sur tout. Le Shen, c'est cette particule de l'Esprit universel incarnée dès la conception et qui donne à chacun toutes les qualités supérieures, intellectuelles, affectives et spirituelles que lui confèrent son humanité. Le Shen est symbolisé par un phénix rouge.
L'émotion liée au Coeur est la Joie, c'est à dire la sensation de bien être, de plaisir de vivre, le rire, la joie, la gaîté, l'humour, l'hilarité. Elle détermine la spiritualité, la jeunesse de caractère, la finesse d'esprit, la subtilité, l'affectivité, la cordialité, la patience, la tolérance, le respect, l'indulgence, la compassion, l'amour, le raffinement, la présence à l'action dans l'instant.
C'est l'émotion de la santé, de la longévité, du bonheur, de l'harmonie avec soi et avec autrui, de l’envie de vivre, de l’assurance, de l’esprit entreprenant, de la vitalité. Elle apaise le Coeur, calme le Shen, régularise les passions, favorise le fonctionnement des Organes et équilibre la raison. La Joie, c'est le Feu de vie, ascendant, centripète et expansif. Le Coeur a besoin, pour fonctionner normalement, d’un psychisme frais de dispos. Sensibilité, affectivité, émotivité, Vertu en dépendent.
Le Péricarde :
Il est considéré comme l’annexe du Coeur. Il s’agit de l’enveloppe externe du coeur - organe dans laquelle passent le Sang et l’Énergie qui irriguent le Coeur. Appelé Maître du Coeur, il modère certains troubles du Sang et absorbe un certain nombre de désordres émotionnels. C’est le fusible du Coeur. Considéré comme le Ministre du Coeur, il a une fonction d’intermédiaire entre les fonctions cardiaques et les fonctions rénales. Il transmet les ordres du Coeur qui ne peut agir que par son intermédiaire. Il représente ce par quoi le Coeur gouverne le corps. Il convertit et harmonise Énergie inné et Énergie acquise. Il est lié à Mingmen et il est couplé au Triple réchauffeur. Il est considéré de nature yin.
LA RATE

Fondement de la Vie post natale, Source de l'Énergie et du Sang, gérant l'acquis, Rate et Estomac sont les organes essentiels du processus digestif. Par Rate on entend l'ensemble rate / pancréas, les fonctions pancréatiques étant inclues dans celles de la rate. Elle gouverne le transport et la transformation des aliments, du Sang et de l'Énergie avec le soutien du Rein. Elle équilibre le métabolisme liquidien. Organe hématopoïétique, elle participe à la formation et à la circulation du Sang. On l’appelle le Logis du Sang. Elle extrait les Essences subtiles des aliments, intervient dans la formation, le développement et le maintien des structures corporelles. Elle est animée d’un mouvement de contraction / rétraction.
Organe yin, elle connaît sa magnitude énergétique aux intersaisons, en particulier entre Été et Automne, la Cinquième saison, l'été indien. Elle aime la sécheresse et craint l'humidité. Elle appartient à l'élément Terre. Son Émotion est le Souci. Elle est liée à la planète Saturne, à la maturité, au chant, à la saveur sucrée, au climat doux, au centre, à l'odeur corporelle parfumée, à la couleur jaune, au son Wouuuu qui sort du ventre. Elle contrôle les muscles, les chairs et les fascias, le geste et la locomotion. Son orifice est la bouche. Elle se manifeste sur les lèvres. Elle contrôle l'appétit et la subtilité du goût. Son liquide est la salive fine. Elle est couplée à l'Estomac. Pivot du système, elle soutient et nourrit de son Yin les autres Organes. Elle dépend des idées, du savoir, de la mémoire, de l’intelligence, de l’esprit de synthèse.
Liée au Mouvement Terre, elle en possède toutes les propriétés de réception et de transformation. Comme la Terre reçoit les graines et fait pousser les plantes qui nourrissent l'Homme, produit les Dix mille choses, elle reçoit les aliments et les liquides, les transforment, et transporte les nutriments pour nourrir le corps de l'Homme. Appelée “l'Empereur jaune”, elle est le pivot du système organo -psychique. Elle est représentée habitée d'un garçon vêtu de jaune. Elle symbolise le corps tout entier, condensant l'Homme, médiateur entre le Ciel qui envoie et la Terre qui reçoit, placée à la conjonction entre le Yin et le Yang. Centre de l'organisme, elle est à la fois l'axe et le moteur immobiles qui réalisent le principe même de la Vie, l'union de deux forces opposées. Centre de triage, de transformation, de transport, c'est le lieu où tout se croise, tout est reçu pour y être transmuté, transporté et réparti. Grâce à son action, l'Énergie acquise est constamment renouvelée. Entre Coeur et Rein, elle maintient l'équilibre entre les Organes et les fonctions, modelant formes du corps et formes de la pensée. Comme la Terre caractérisée par la fidélité, la générosité, nourrit les Dix mille choses, la Rate nourrit l'organisme en assurant le transport et la transformation de l'Énergie, du Sang et des nutriments. Son Énergie est une force de stabilisation, d'enracinement, d'incarnation. C'est une Énergie équilibrante, l'Énergie de la maturité qui gouverne la décision, la réflexion, la spontanéité. Elle apporte la résistance à la fatigue, la stabilité, le sentiment de centrage, d'équilibre, l'habileté à intégrer.
Elle abrite le Yi, Conscience mentale, facteur de régularisation des Énergies endogènes et exogènes, il codifie les comportements biologiques d’un individu et en permet la répétition. Il synchronise les réactions d’un individu avec son conditionnement affectif et environnemental. Il met l’être humain en relation avec son milieu nutritif. Il met à sa disposition le code génétique spécifique, unique, qui lui permet de se développer, de la naissance à la mort, dans lequel est inscrite sa destinée et par lequel il accomplit son Mandat céleste.
Le Yi permet l’adaptation du Shen à son environnement. Il est lié au Shen et au Hun par le Sang. Il coordonne les activités des Esprits viscéraux afin que le Shen puisse pleinement réaliser ses potentialités et les manifester. Représentant l’ensemble des fonctions intellectuelles, il nous permet d’acquérir notre vision personnelle du monde et de la réalité. Penser, se concentrer, synthétiser, classer, trier, mémoriser, imaginer, conceptualiser, inventer, utiliser des codes et des symboles ne sont possibles que grâce au Yi qui fait du mental humain un mental supérieur à celui de tous les autres êtres vivants, mais trop souvent hypertrophié au détriment des sens.
Instrument de réception, de métabolisation, d’assimilation des stimuli, il génère la réflexion et la pensée créatrices nécessaires à l’action adaptative. Nous pouvons ainsi recevoir, par nos sens, toutes les informations qui nous sont nécessaires et les traiter pour pouvoir les utiliser. Par le Yi, nous pouvons formuler, exprimer, extérioriser nos idées, nos images, nos impressions, nos émotions. Organisateur et conceptualiseur des pensées et des sentiments, le Yi permet l’expression vers l’extérieur. C’est l’aspect mental de la communication, l’émetteur / récepteur qui nous permet de communiquer tant avec nous mêmes, qu’avec le monde extérieur.
Esprit coordonnateur, c’est l’outil mental qui est utilisé par les autres Esprits pour réaliser leurs facultés. Intégrant toutes formes d’expériences, enregistrant tout événement, toute information, par son action, nous apprenons et comprenons ce que nous sommes, ce qu’est le monde et nous pouvons agir de façon adaptée. Il nous donne conscience de notre forme, de notre schéma corporels, la représentation mentale et affective de notre corps et la possibilité de transformer la conscience que nous en avons. Toute déficience du Yi retentit sur les autres éléments de la vie psychique. Le Yi est symbolisé par un phénix jaune.
L’émotion liée à la Rate est le Souci, c’est à dire les préoccupations, la rumination mentale, les obsessions de toutes sortes, les excès intellectuels, les soucis et l’inquiétude et l’anxiété qui peuvent en découler.
Bien gérée, cette Émotion correspond à la capacité de réflexion profonde, construite, à la concentration mentale, à l’esprit de synthèse qui permettent une bonne gestion des soucis. La parole est facile, cohérente, coordonnée, coulante, équilibrée. La gestion des informations, l’analyse d’une situation particulière, l’adaptation à des circonstances nouvelles sont faciles. Elle génère honnêteté, ouverture aux autres. Le Souci permet de résoudre les problèmes de la Vie.
13 septembre 2007
LE POUMON
Appelé le Général des armées, il a la charge d'organiser l'entité humaine, lance la mise en route du Mouvement de l'Énergie, de l'élan vital qui assurent le développement physiologique et psychique. Il module les réserves énergétiques et sanguines, assure le drainage et la dispersion, participe au Mécanisme de l'Énergie qu'il fait circuler. Il stimule la digestion et l'assimilation, le métabolisme des Liquides, les activités gynécologiques et sexuelles. Le Foie a une forte action sur l’Énergie sexuelle qu’il stocke. C’est un réservoir de Sang.
Organe yang de yin, il connaît sa magnitude énergétique au Printemps. Il appartient à l'élément Bois. Il est lié à la planète Jupiter, à la saveur acide, à l'est, au cri, à l'enfance, au climat doux et tiède, à l'odeur rance, au son SHHHH. Les larmes sont le liquide du Foie. Il contrôle la sécrétion lacrymale et la sécrétion et l'excrétion de la bile. Son orifice est l'oeil. L’acuité visuelle en dépend. Il contrôle la force, la vigueur des tendons. Il est couplé à la Vésicule biliaire qui apporte esprit de décision, de contrôle. Particulièrement sensible aux influences émotionnelles, c'est un Organe puissant, sujet aux excès d'Énergie yang et d'insuffisance de Sang yin. Son état se vérifie dans les ongles. 
Son Énergie yang de yin est réchauffante, régénératrice, caractérisée par l'expansion, tendance naturelle du Bois. Elle ne supporte ni la contrainte ni l'oppression et redoute la dépression. C'est l'Énergie du renouveau, de la renaissance de la végétation au printemps, de la germination et de la pousse des feuilles.
Il est habité par un garçon vêtu de vert. Comme le Bois, il symbolise les capacités humaines de croissance, de souplesse, de mise ou remise en mouvement, d’expansion, de souplesse, d’adaptabilité. Il représente l’impulsion vitale, l’élan de la Vie par excellence qui se courbe, se redresse, s’étend, croît. C’est par sa puissance qu’il ouvre le passage à la circulation du Sang et de l’Énergie pour qu’ils atteignent les extrémités du corps. Ce dynamisme du Foie est fondé sur le Rein Il s’exprime partout où les circulations réclament une poussée, un dégagement pour évacuer un obstacle qui les bloquent. Ce principe est valable tant au niveau physiologique que psychique. Le Foie régule les activités mentales et émotionnelles. Gouvernées par le Coeur, elles dépendent étroitement des activités de drainage et de dispersion du Foie. Tant que les fonctions hépatiques sont normales, l’esprit est heureux, le Coeur est léger et détendu, le raisonnement est clair, la pensée aiguisée et adaptée, logique, cohérente. Sang et Énergie sont harmonisés en accord avec les Émotions. Le Foie gouverne la force musculaire, donne la précision, la souplesse, la force aux gestes. Il joue un rôle dans la sexualité dans bien des aspects, fantasmes, muscles et sang de l’érection.
Il abrite le Hun, l’âme spirituelle. Le Hun est symbolisé par un dragon vert. Le Hun est lié au Sang thésaurisé par le Foie. Le Sang du Foie abrite le Hun. Le Hun représente l’ensemble des schémas héréditaires d’un individu, dotation opératoire de la conception à la mort. Serviteur du Projet du Shen, il est l’instrument de réalisation du Mandat céleste. Il est léger, ascendant, clair, dynamisant, yang. Il coordonne la relation entre le Shen et l’Énergie. Il est mobile et chaud. C’est la manifestation la plus spirituelle de la conscience.
Le Hun est inséparable du Po. Ils sont antagonistes et complémentaires, au service du Mandat céleste du Shen. Le Po matériel représente l’instinct de mort, le Hun subtil l’élan vital. La Vie ne peut se maintenir que dans l’union de ces deux principes équilibrants. Le Hun correspond au mouvement, à l’activité, à la chaleur, au Ciel, le Po au froid, à l’immobilisme, à la Terre. L’équilibre Po / Hun dépend de l’équilibre Yin / Yang et inversement. L’un ne peut exister sans l’autre. Contrairement au Po présent dès la conception, le Hun ne s’incarne vraiment qu’à la naissance.
Le Hun est lié au mouvement du Sang. A l’état de veille, le Sang circule en surface et active les fonctions de visions extérieures du Hun. Durant le sommeil, le Sang circule en profondeur, stimule les fonctions oniriques, imaginaires du Hun. Le Hun assure l’imaginaire, le rêve, la vision créatrice.
Le Hun est l’instrument de la manifestation, de l’extériorisation du Shen à travers l’intelligence, la spiritualité, l’intuition, les grands sentiments, les rêves, la créativité, l’imagination, le respect et l’amour de la Vie, l’élan et l’enthousiasme vitaux.
Le Hun aime la Vie et anime l’élan vital. Esprit conscient, personnel, humain, agité par l’envie de vivre, il est lié aux désirs qui nous motivent mais aussi obscurcissent notre vision de l’existence. Le Hun régit les pulsions, les réflexes de vie. Il permet l’échange, la communication, l’expression des désirs, des envies, l’intérèt pour l’extérieur. Le Hun est caractérisé par le dynamisme vital, la communication, l’enthousiasme, la passion.
L’émotion liée au Foie est la Colère, c’est à dire la colère, la colère rentrée, la frustration, le ressentiment, l’animosité, l’irritabilité, l’amertume, la rancune.
Positivement, la Colère active toutes les Énergies de contre attaque, de défense, contre une agression, une menace, un obstacle. La Colère préside les mouvements d’extériorisation émotionnels nécessaires à la lutte sous toutes ses formes. La Colère est donc l’énergie nécessaire à la préservation de la Vie individuelle.
Fonctionnant normalement, le Foie est source de lucidité et de discernement. Il favorise la mémoire. L’excitation sexuelle est équilibrée. La bonté s’exerce sans excès ni insuffisance.
LE REIN
Premier Organe à se former et dont tous les autres procèdent, Racine du Ciel antérieur, Source de Vie, à l'origine du Yin et du Yin, c'est la base de l'organisme. Il régit tous les Organes, tous les Organes sont ancrés dans le Rein. C'est le lieu de réception de toutes les caractéristiques héréditaires, la Source de l'Eau et de l'Énergie primordiale, le réservoir des Liquides et de la Semence fécondante. Comparable au racines de l'arbre, il est à l'origine même de la Vie. Racine du Ciel antérieur, il stocke l'Énergie post natale. Eau et Feu à la fois, il abrite le Yin véritable et le Yang originel. Avec l'Énergie, il réchauffe les Organes et les humidifie avec les Liquides. Il diffuse le Pur et descend le Trouble dans la Vessie.
Organe yin de yin, il connaît sa magnitude énergétique en Hiver. Il symbolise le renouveau lorsque le Yin à son apogée commence à décliner et commence à se transformer en Yang. Il appartient à l'élément Eau. Son émotion est la Peur. Il est lié à la planète Mercure, au Nord, au froid, à la saveur salée, à l'odeur de pourri, à la couleur noire, à la mort, au gémissement, au son Houuuu. Son liquide est la salive épaisse. Il est couplé à la Vessie. Il est lié au système génito - urinaire, aux os, aux dents, aux orifices urinaires externes. Il s'épanouit dans les cheveux. Ses orifices sont l'oreille, les orifices génitaux externes, l'anus. Mingmen, Porte de la Vie, situé entre les deux reins, stocke l'Essence et l'Énergie de la sexualité. Il abrite l'Eau et le Feu véritables, racine du Yang antérieur, force motrice de toutes les activités vitales. Les Méridiens principaux lui sont reliés.
Comme l'Eau, l'Energie du Rein a une action refroidissante, humidifiante qui calme le Feu du Coeur. C'est l'Énergie qui préside au repos de la graine au sein de la Terre. C'est une Énergie thésaurisante, accumulatrice, conservatrice.
Le Rein est habité par un garçon vêtu de noir. Il appartient au Mouvement Eau dont il possède les caractéristiques d’accumulation, de conservation, de thésaurisation. Assise de la Vie, il est dépositaire de l’Eau et du Feu originels, dont la fusion est à l’origine de chaque individu. Il est le garant de la fusion du Yin et du Yang. Organe double, il a un double aspect. Ce qu’il I'attire vers le bas, au plus profond pour le fertiliser, il le fait resurgir, à condition que le Feu du Coeur soit présent pour le sublimer.
Il abrite le Zhi, symbolisé par un cerf blanc bicéphale, esprit de la capacité réalisatrice, instrument du pouvoir de détermination, de réalisation, de la volonté de manifestation du Mandat céleste du Shen. Le Zhi est lié à tous les autres Esprits viscéraux. Il entretient cependant des relations privilégiées avec le Shen. Coeur / Rein forment l’axe Shaoyin vertical de l’Homme, l’axe Shen / Zhi est à l’origine de son équilibre physiologique, mental, émotionnel et spirituel. Lié au Yang du Rein, il stimule, vitalise, dynamise les fonctions intellectuelles. Il représente la force de caractère, la détermination, la persévérance, la volonté qui sont autant de conditions pour réaliser ses projets. Il permet au Shen de se concentrer, de se focaliser sur un objectif pour le concrétiser. Le Zhi est ainsi appelé Capacité réalisatrice ou Pouvoir de réalisation. C’est à partir du Zhi que l’individu peut utiliser, développer, transmettre l’héritage héréditaire de son espèce, de sa lignée, de ses parents, qu’il peut réaliser ses potentialités.
Le Zhi gère l’Énergie sexuelle. Il nous impose, comme une nécessité, le besoin de transmettre la Vie. C’est l’Énergie la plus puissante qui nous anime. Elle catalyse nos appétits, nos ambitions, nos aspirations. Elle génère et anime tous nos désirs. C’est donc dans le Rein que deux êtres, lors de leur union sexuelle, puisent de quoi se conjoindre fructueusement.
C’est par le Zhi et l’Énergie sexuelle que nous manifestons notre envie de vivre, notre volonté d’exister, de nous réaliser. Le Zhi figure le désir d’individualisation, d’accomplissement, de reconnaissance. Il nous apporte la détermination d’exécuter tous nos désirs, à tous les niveaux. Par tous ces désirs qu’il éveille en nous, le Zhi peut être considéré comme l’Esprit de la motivation de Vie.
L’Émotion liée au Rein est la Peur, c’est à dire la peur, la frayeur, la timidité, l’anxiété, les phobies, le trac, l’appréhension, la panique, la terreur. C’est positivement, une émotion indispensable, rattachée à l’instinct de conservation. Adaptée, elle est un signal du danger contre lequel il faut réagir, se protéger, se défendre. Elle génère la gentillesse.
Le Rein s’épuise des désirs désordonnés, incontrôlés de l’Estomac. En bon état, il donne une personnalité puissante qui pèse instantanément le pour et le contre, maîtrise son Énergie sexuelle et vit une sexualité équilibrée et épanouissante. Il apporte un grand pouvoir de séduction, de l’astuce, de la vitalité, de l’enthousiasme, des capacités pour enseigner.
LE FOIE
Appelé le Général des armées, le Foie a la charge d'organiser l'entité humaine, lance la mise en route du Mouvement de l'Énergie, de l'élan vital qui assurent le développement physiologique et psychique. Il module les réserves énergétiques et sanguines, assure le drainage et la dispersion, participe au Mécanisme de l'Énergie qu'il fait circuler. Il stimule la digestion et l'assimilation, le métabolisme des Liquides, les activités gynécologiques et sexuelles. Le Foie a une forte action sur l’Énergie sexuelle qu’il stocke. C’est un réservoir de Sang.
Organe yang de yin, il connaît sa magnitude énergétique au Printemps. Il appartient à l'élément Bois. Il est lié à la planète Jupiter, à la saveur acide, à l'est, au cri, à l'enfance, au climat doux et tiède, à l'odeur rance, au son SHHHH. Les larmes sont le liquide du Foie. Il contrôle la sécrétion lacrymale et la sécrétion et l'excrétion de la bile. Son orifice est l'oeil. L’acuité visuelle en dépend. Il contrôle la force, la vigueur des tendons. Il est couplé à la Vésicule biliaire qui apporte esprit de décision, de contrôle. Particulièrement sensible aux influences émotionnelles, c'est un Organe puissant, sujet aux excès d'Énergie yang et d'insuffisance de Sang yin. Son état se vérifie dans les ongles. 
Son Énergie yang de yin est réchauffante, régénératrice, caractérisée par l'expansion, tendance naturelle du Bois. Elle ne supporte ni la contrainte ni l'oppression et redoute la dépression. C'est l'Énergie du renouveau, de la renaissance de la végétation au printemps, de la germination et de la pousse des feuilles.
Il est habité par un garçon vêtu de vert. Comme le Bois, il symbolise les capacités humaines de croissance, de souplesse, de mise ou remise en mouvement, d’expansion, de souplesse, d’adaptabilité. Il représente l’impulsion vitale, l’élan de la Vie par excellence qui se courbe, se redresse, s’étend, croît. C’est par sa puissance qu’il ouvre le passage à la circulation du Sang et de l’Énergie pour qu’ils atteignent les extrémités du corps. Ce dynamisme du Foie est fondé sur le Rein Il s’exprime partout où les circulations réclament une poussée, un dégagement pour évacuer un obstacle qui les bloquent. Ce principe est valable tant au niveau physiologique que psychique. Le Foie régule les activités mentales et émotionnelles. Gouvernées par le Coeur, elles dépendent étroitement des activités de drainage et de dispersion du Foie. Tant que les fonctions hépatiques sont normales, l’esprit est heureux, le Coeur est léger et détendu, le raisonnement est clair, la pensée aiguisée et adaptée, logique, cohérente. Sang et Énergie sont harmonisés en accord avec les Émotions. Le Foie gouverne la force musculaire, donne la précision, la souplesse, la force aux gestes. Il joue un rôle dans la sexualité dans bien des aspects, fantasmes, muscles et sang de l’érection.
Il abrite le Hun, l’âme spirituelle. Le Hun est symbolisé par un dragon vert. Le Hun est lié au Sang thésaurisé par le Foie. Le Sang du Foie abrite le Hun. Le Hun représente l’ensemble des schémas héréditaires d’un individu, dotation opératoire de la conception à la mort. Serviteur du Projet du Shen, il est l’instrument de réalisation du Mandat céleste. Il est léger, ascendant, clair, dynamisant, yang. Il coordonne la relation entre le Shen et l’Énergie. Il est mobile et chaud. C’est la manifestation la plus spirituelle de la conscience.
Le Hun est inséparable du Po. Ils sont antagonistes et complémentaires, au service du Mandat céleste du Shen. Le Po matériel représente l’instinct de mort, le Hun subtil l’élan vital. La Vie ne peut se maintenir que dans l’union de ces deux principes équilibrants. Le Hun correspond au mouvement, à l’activité, à la chaleur, au Ciel, le Po au froid, à l’immobilisme, à la Terre. L’équilibre Po / Hun dépend de l’équilibre Yin / Yang et inversement. L’un ne peut exister sans l’autre. Contrairement au Po présent dès la conception, le Hun ne s’incarne vraiment qu’à la naissance.
Le Hun est lié au mouvement du Sang. A l’état de veille, le Sang circule en surface et active les fonctions de visions extérieures du Hun. Durant le sommeil, le Sang circule en profondeur, stimule les fonctions oniriques, imaginaires du Hun. Le Hun assure l’imaginaire, le rêve, la vision créatrice.
Le Hun est l’instrument de la manifestation, de l’extériorisation du Shen à travers l’intelligence, la spiritualité, l’intuition, les grands sentiments, les rêves, la créativité, l’imagination, le respect et l’amour de la Vie, l’élan et l’enthousiasme vitaux.
Le Hun aime la Vie et anime l’élan vital. Esprit conscient, personnel, humain, agité par l’envie de vivre, il est lié aux désirs qui nous motivent mais aussi obscurcissent notre vision de l’existence. Le Hun régit les pulsions, les réflexes de vie. Il permet l’échange, la communication, l’expression des désirs, des envies, l’intérèt pour l’extérieur. Le Hun est caractérisé par le dynamisme vital, la communication, l’enthousiasme, la passion.
L’émotion liée au Foie est la Colère, c’est à dire la colère, la colère rentrée, la frustration, le ressentiment, l’animosité, l’irritabilité, l’amertume, la rancune.
Positivement, la Colère active toutes les Énergies de contre attaque, de défense, contre une agression, une menace, un obstacle. La Colère préside les mouvements d’extériorisation émotionnels nécessaires à la lutte sous toutes ses formes. La Colère est donc l’énergie nécessaire à la préservation de la Vie individuelle.
Fonctionnant normalement, le Foie est source de lucidité et de discernement. Il favorise la mémoire. L’excitation sexuelle est équilibrée. La bonté s’exerce sans excès ni insuffisance.


