Actualités Tao

Notre époque sous le regard d'une philosophie plurimillénaire qui conserve toute sa modernité.

13 avril 2006

LE YIN ET LE YANG

Le Yin - Yang


Généralités :

Ni substance ni énergie, le Yin et le Yang ne sont pas, comme on les présente trop souvent, deux principes distincts l’un de l’autre. C’est un principe unique qui représente les caractéristiques dominantes de l’Énergie qui anime les choses et les

yin_yang


phénomènes ou le double aspect d’une même chose ou d’un même phénomène, nécessairement opposables et opposés, liés par des relations mutuelles, manifestés dans et par un état dynamique, spécifique et contradictoire.


Caractéristiques :

L’interdépendance et la complémentarité : l’un ne peut exister sans l’autre.

La relativité : rien n’est jamais absolument absolu et immuable, mais impermanent, variable, changeant, relatif. Le Yang n’est yang que par rapport à moins yin que lui et inversement.
La divisibilité : tout peut être, indéfiniment, divisé et redivisé en Yin et en Yang.


Principes fondamentaux :

Ils sont régis par quatre principes fondamentaux déterminant l’existence et le déroulement de tout mouvement vital. La Vie ne peut apparaître et se maintenir en dehors de ces principes qui sont en fait les mouvements de l’Énergie originelle, liés et interdépendants. Que l’un s’arrête et ils cessent tous et avec eux la Vie. Ces quatre principes caractérisent tous les phénomènes du monde naturel et en particuliers, les phénomènes vitaux. Nous verrons plus loin qu’au niveau humain ils déterminent encore bien plus.

L’opposition : ils ne peuvent coexister que dans un état d’opposition réciproque permanent par lequel ils se limitent et se contrôlent mutuellement, conservant ainsi leur équilibre et leur unité. Toute chose, tout phénomène sont soumis à cette loi d’opposition harmonieuse, essentielle à tout phénomène vital, dans un état de Yin équanime et de Yang secret qui donne toute son unité fonctionnelle cohérente à la moindre cellule vivante.

L’engendrement mutuel : interdépendants, l’existence de l’un est le préalable à celle de l’autre et inversement. Le Yin est la racine du Yang, le Yang celle du Yin. Quand cette relation est rompue, le Yin est orphelin, il n’y a plus d’engendrement, ou le Yang est orphelin, il n’y a plus de croissance.

La croissance / décroissance : c’est une conséquence logique de l’opposition et de l’engendrement. Lorsque le Yin croît, le Yang décroît de façon simultanée et proportionnelle, maintenant ainsi l’indispensable équilibre à la continuité de la Vie entre les opposés, à la formation et à la transformation des choses et des phénomènes dans une amplitude de variations qui ne peut être dépassée sans danger.

La transformation mutuelle : sous certaines conditions, le Yin en excès se transforme en Yang et inversement, le Yang en excès se transforme en Yin.


Applications :

Les caractéristiques et les principes du Yin - Yang sont universels. Ils sont donc applicables et s’appliquent en tous temps, en tous lieux, à toutes choses et à tous phénomènes, au plan subtil comme au plan matériel, la forme et la fonction, l’infiniment petit et l’infiniment grand. Ce sont les fondements mêmes de la Création, tant dans ses processus que dans ses émanations. Tout ce qui existe est relatif et divisible, complémentaire et interdépendant du Tout et de chacune de ses parties auxquelles il est lié par des relations d’engendrement réciproque, d’opposition, de croissance / décroissance, de transformation mutuelle. Globalement, la théorie du Yin et du Yang est tout à la fois :

Une conception de l’Univers et de la Vie,
Une méthode pour en comprendre et en expliquer l’origine et le sens,
Le fondement de la médecine car elle explique :
l’origine et le mécanisme de la Vie,
la physiologie,
la pathologie,
les méthodes de diagnostic, de traitement préventif et curatif, de pronostic.


Détermination :

Déterminer la nature yin ou yang permet de classer au sein de la dualité universelle tous les aspects de la Création coexistant avec leur opposé dans un équilibre nécessairement relatif mais dans la plus parfaite harmonie selon les lois et principes du Yin et du Yang.

Pour déterminer la nature yin ou yang d’une chose, d’un être ou d’un phénomène, il faut considérer sa nature, sa localisation, sa tendance. Chacun est yin ou yang tout en possédant l’aspect inverse à l’origine de sa création, de son développement et de sa disparition. La nature yin ou yang est déterminée par l’aspect prédominant mais il y a toujours du Yin dans le Yang et du Yang dans le Yin. Par ailleurs, on est yin par rapport à plus yang et yang par rapport à plus yin.

Le Yin -Yang universel :


“L’intervalle Ciel / Terre, on dirait un soufflet. Vide il est inépuisable, actionné, il ne demande qu’à souffler.”

A l’origine de la Manifestation est le Dao, l’Incréé, Un primordial, Énergie - source originelle, Chaos non manifesté, non définissable, qui ne peut pas ne pas se manifester, contenant pourtant toutes les potentialités des formes animées et inanimées de l’Univers manifesté et définissable, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Cet Univers est une entité cohérente, organisée logiquement dans le cadre Espace / temps, selon des lois universelles et intangibles, immuables. Indivisible, aucune de ses parties ne peut être séparée du Tout. Qu’un élément en disparaisse et l’ensemble disparaît. Il s’articule sur trois plans :

le Ciel , en haut,
la Terre , en bas,
le Vide médian entre les deux.

Pour se manifester, le Dao se divise en Yin et en Yang, double aspect du Qi originel.

Du Ciel procèdent les Énergies yang. Couvrant la Terre, il y étend son pouvoir, sa puissance sur les Dix mille choses. Le Yang céleste se condense et se contracte, suscitant ainsi la Manifestation. Dans un mouvement centripète, il descend vers la Terre, attiré par le puissant champ magnétique Terre / Lune. On distingue deux formes de l’Énergie céleste.
L’Énergie universelle se manifeste dans les étoiles, les planètes, les galaxies. Elle pénètre tout et partout, formant et nourrissant l’âme et la psyché humaines. Les organes en sont l’essence, points de liaison entre le macrocosme et le microcosme.

L’Énergie des particules cosmiques est composée de particules de lumière et de poussières d’astres éclatés dérivant dans le Cosmos. Elle est à l’origine de la chair et nourrit les glandes, les organes, les sens.

Le Yang est caractérisé par l’activité, la progression, l’expansion, la chaleur, la lumière, la robustesse, la résistance, l’extériorité, l’ascendant, le fonctionnel ou ce qui a dépassé son niveau fonctionnel normal.

La Terre, l’humus, fécondée par le Ciel, porte les Dix mille choses, reçoit les Énergies célestes, les stocke, les transforme, les restitue. Le Yin terrestre se dilate, se disperse en montant vers le Ciel dans un mouvement centrifuge. L’Énergie terrestre composée des forces telluriques, monte en spirale vers le Ciel. Avec l’Énergie des particules cosmiques, elle participe à la formation du corps physique.

Le Yin est caractérisé par l’inactivité, la régression, la rétraction, la fragilité, la souplesse, l’intériorité, la descente, le froid, l’obscurité, le matériel ou ce qui est placé au dessous de son niveau fonctionnel normal.

Dans le Vide médian, Yang céleste et Yin terrestre se mélangent, fusionnent. De leur point de fusion naissent toutes les formes et toutes les formes d’Énergie qui les animent. Chaque élément de la Manifestation n’est rien d’autre qu’une forme plus ou moins lourde, plus ou moins subtile de l’Unique Énergie originelle qui contient potentiellement les Dix mille choses et leurs phénomènes non encore manifestés et qui ne demande qu’à les faire se manifester par le jeu incessant du Yin et du Yang, mouvement imperceptible mais constamment et formidablement créateur de toute forme, de toute fonction. La Création n’est donc qu’un amas d’Énergies, parfaitement organisées, rigoureusement ordonnées. Elles régissent ainsi l’apparition, la croissance, la décroissance de la moindre des Dix mille choses au cours et par leur incessant processus dynamique de transformation qui traduit l’instabilité, l’impermanence des choses et des phénomènes, dans la dualité structurelle et structurante du Mouvement originel et de toutes ses manifestations. Rien ne peut donc être considéré comme absolu, immuable, intangible, mais par essence changeant, mouvant, variable.

C’est ainsi que, comme un flot intarissable, la Vie apparaît et disparaît dans la Forme, entre Ciel et Terre. Quelque soit la forme, elle n’a aucune espèce d’importance. Elle est parce que la Vie est créatrice, qu’elle crée parce qu’elle ne peut pas ne pas créer et se manifester par ses créatures. Cela est vrai pour n’importe lequel de tous les êtres vivants qui ont donc tous la même origine. Elle est un flot créateur continuel qui prend sa source, à ce point central du Cosmos, point de fusion entre le Ciel et la Terre, dans leur mouvement éternel de monté et de descente.

Elle ne peut se maintenir, par la suite que dans un relatif et dynamique équilibre entre Yin montant et Yang descendant, équilibre garant de la pérénité de la Forme. Seul ce double mouvement de monté et de descente peut la faire apparaître, croître et décroître, disparaître dans la Substance. Quand la Matière disparaît, la Vie, l’Énergie perdure comme elle perdure depuis toujours, comme elle perdurera éternellement, sous les formes les plus diverses.

François d'Alayrac

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17 juin 2007

LES CINQ MOUVEMENTS

DÉFINITION

Avec celle du Yin et du Yang dont elle découle, la théorie des Cinq Mouvements forme le contenu essentiel de la Médecine Traditionnelle Chinoise et explique l’alchimie qui préside à la fabrication des élixirs floraux, comme nous l’avons vu précédemment. Elle définit et explique les analogies entre l’Homme et la Nature, entre les phénomènes naturels et ceux de l’activité vitale humaine. Appuyée sur le concept de “l’Homme conforme au Ciel”, elle met en évidence l’unité de l’Univers, l’indivisibilité de l’Homme et l’unicité du lien qui les unit. Les Cinq mouvements sont tout à la fois cinq états dynamiques de l’Énergie, la structure de la Vie, l’organisation de cette structure, les cinq forces qui l’animent selon des lois précises et intangibles.

De la perpétuelle transformation dynamique du Yin et du Yang naissent :

dans le Ciel, les six Énergies climatiques, Vent, Chaleur, Tiédeur, Froid, Sécheresse, Humidité,
sur la Terre, les Cinq  mouvements, yin ou yang, liés à la Terre et au Ciel :
le Bois, yang de yin
le Feu, yang de yang,
la Terre, au centre qui nourrit les autres Mouvements de son Yin,
le Métal, yin de yang,
l’Eau, yin de yin.


Les Cinq mouvements sont tout à la fois :

Une méthode de classification logique, rationnelle et universelle des choses et des phénomènes en fonction de leurs caractéristiques énergétiques, de leurs fonctions, de leur forme.
Cinq états particuliers de l’Énergie générés par la croissance / décroissance du Yin et du Yang.
Cinq états de la matière animés par la phase énergétique qui leur correspond.
Cinq catégories d’éléments unis par leurs analogies énergétiques, coexistant dans un système de relations mutuelles, dynamiques dans lequel chacun, transformateur d’Énergie est à fois stimulateur et régulateur.
Enfin, ils sont l’expression de la Vie dans ses formes et dans les mouvements animant la Forme.


En conclusion, les Cinq mouvements sont cinq catégories de manifestations terrestres, cinq catégories de phénomènes vitaux liés aux saisons.


CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES

Le Bois :


Yang de yin, c’est l’élément végétal correspondant au printemps, période de germination, de renaissance, de remise en mouvement. Il symbolise la croissance, la souplesse, l’impulsion vitale, le libre mouvement, il se courbe, se redresse, s’étend. Il s’applique à tous les processus de croissance, de réalisation, de déclin.

Le Feu :


Yang de yang, élément aérien, il symbolise l’ignition, la combustion, la sublimation, la magnificence. Il produit de la chaleur, s’élève, réchauffe. Il symbolise toutes les activités dynamiques.

    La Terre :


Yin, élément solide de concrétisation, elle correspond aux intersaisons dont la plus importante se situe entre été et automne. Pilier central du système, elle nourrit, équilibre, dynamise et limite les autres Mouvements par son Yin. Elle produit et transforme les Mille choses, transporte les liquides, les nutriments, les autres Mouvements. Elle représente toutes les fonctions de soutien, toutes les fonctions matricielles.

Le Métal :


Yin de yang, élément minéral, il correspond à l’automne, il symbolise la cristallisation, la sénescence. Caractérisé par la dureté, la rigueur, mais aussi la souplesse, la malléabilité, il tranche, élague, restreint, mais aussi rassemble, collecte, ramène à l’essentiel. Il concerne plus particulièrement la force, l’endurance, la résistance, le sursis.

L’Eau :


Yin de yin, élément liquide, elle correspond à l’hiver, symbolise le délitement, la liquéfaction, la déliquescence. Elle descend, stagne, humidifie, s’accumule, thésaurise. Elle exprime toutes les fonctions de fécondité.


RELATIONS

Engendrement mutuel :


Ou Relation de la Mère au Fils, ou cycle Tcheng. Chaque Mouvement engendre celui qui le suit en lui transmettant son énergie yin ou yang. De même il est engendré par celui qui le précède, dans un cycle immuable et sans fin. Ainsi :

Le Bois engendre le Feu, le bois est nécessaire à la combustion, à la production de feu.
Le Feu engendre la Terre, le feu produit la cendre.
La Terre engendre le Métal, la cendre contient les minéraux.
Le Métal engendre l’Eau, sous l’effet du temps et ou de la chaleur, le métal se liquéfie, se dissout.
L’Eau engendre le Bois, sans eau, il n’y a pas l’humidité qui fait germer la graine.


Domination réciproque :


Ou Relation du Vaincu à l’Invaincu.  Chaque Mouvement, par son énergie contrôle et limite celui qui suit son fils et est contrôlé et limité par celui qui précède sa mère. Ainsi chacun peut, harmonieusement, croître en recevant l’énergie de sa mère et décroître en transmettant son énergie à son fils. Le cycle Ko est un système régulateur dans lequel chaque mouvement est contrôlé et contrôle. Le vaincu n’y est jamais abattu mais seulement diminué. Ainsi :

L’Eau éteint le Feu.
Le Feu fait fondre le Métal.
Le Métal coupe le Bois.
Le Bois se nourrit de la Terre.
La Terre absorbe, endigue l’Eau.


Régulation / transformation :


Par cette double relation d’engendrement et de domination qui ne sont qu’un processus de transformation de Yin en Yang et inversement et d’opposition mutuelle entre le Yin et le Yang, chacun des Cinq mouvements est en relations avec les autres dans un processus de régulation et de transformation. La domination régule l’engendrement qui engendre la domination. Ce cycle perpétuel de croissance et de décroissance engendre et organise la Manifestation, la maintient dans un état d’équilibre nécessairement relatif. L’engendrement régule la domination qui contrôle l’engendrement. Ainsi, les Dix mille choses apparaissent, se développent, coexistent, évoluent dans l’ordre de la Nature. Cette harmonie est cependant perturbée par des situations d’excès ou d’insuffisance.

    Excès :


La mère croît exagérément. Elle ne peut plus décroître normalement et nourrir son fils.
Le fils croît exagérément, il se retourne contre sa mère, il blesse sa mère.
Le dominant croît exagérément. Il domine excessivement son dominé. C’est une situation de conquête.
Le dominé croît exagérément. Il se retourne contre son dominant. C’est une situation de révolte.

Insuffisance :


La mère décroît exagérément ou croît insuffisamment. Elle ne peut plus nourrir son fils.
Le dominant décroît exagérément ou croît insuffisamment. Son dominé se rebelle et le domine à son tour.
De la perpétuelle transformation dynamique du Yin et du Yang naissent :
dans le Ciel, les six Énergies climatiques, Vent, Chaleur, Tiédeur, Froid, Sécheresse, Humidité,
sur la Terre, les Cinq  mouvements, yin ou yang, liés à la Terre et au Ciel :
le Bois, yang de yin
le Feu, yang de yang,
la Terre, au centre qui nourrit les autres Mouvements de son Yin,
le Métal, yin de yang,
l’Eau, yin de yin.


LA VIE

“La Vie n’est qu’une simple continuité des transformations de l’Énergie dans un cycle perpétuel d’apparitions et de disparitions.”“La Vie n’est qu’une simple continuité des transformations de l’Énergie dans un cycle perpétuel d’apparitions et de disparitions.”


Deux forces, deux Énergies fondent et animent l’Univers, l’Énergie du Ciel ou Yang originel, Yuan Yang, et l’Énergie de la Terre ou Yin originel, Yuan Yin. Tout ce qui est manifesté procède donc de ces deux principes.
   
La Vie est le résultat inévitable, inéluctable du mouvement fondamental du Tao lorsqu’il se divise en Yin et Yang. Elle a donc deux racines, le Ciel et la Terre. Procédant de l’Énergie originelle, elle en est la manifestation la plus légère, la plus subtile, la plus mouvante, la plus changeante, la plus variée dans ses formes.

Lorsqu’elle se concentre au point fusionnel de l’équilibre parfait du Yin - Yang, la Forme qu’elle anime apparaît. Lorsque ce point est rompu, la Substance disparaît et l’Énergie se disperse. Toute manifestation vitale, de l’unicellulaire au plus complexe, n’est possible que si la Matière dense et lourde du Qi est animée par l’Énergie subtile et légère. La Vie se déroule ainsi, non pas de façon linéaire mais cycliquement, logique, cohérente, rationnelle, soumise aux Lois cosmiques qui sont siennes et exprimées dans leurs aspects élémentaux.
   
Par une relation d’engendrement mutuel, la Matière procède de l’Énergie et l’Énergie de la Matière. Par une relation d’opposition réciproque, elles s’équilibrent. La Matière est yin et l’Énergie est yang. La Matière émane de la Terre et l’Énergie du Ciel. La Forme est la Demeure de l’Énergie et l’Énergie est le Maître de la Forme. Dans tout processus manifesté, Énergie et Matière coexistent ainsi nécessairement. L’une ne peut exister sans l’autre et inversement parce qu’elles s’engendrent perpétuellement l’une et l’autre. Ce sont le deux facettes d’une même réalité. Cette loi est vraie pour l’Univers tout entier comme pour la plus infime de ses manifestations.

La Vie n’est possible que si tous les composants sont présents. A ce niveau là, nous pouvons évoquer le principe bio - chimique du facteur limitant. L’ensemble de l’Univers / organisme, matrice de tous les organismes vivants, aussi rudimentaires soient - ils, ne peuvent fonctionner que si chacune de leurs parties est présente, en harmonie avec le Tout et chacune des parties du Tout. C’est l’Énergie, la Vie qui donnent au Cosmos, son unité, sa cohérence, son harmonie. Mais que l’un des éléments manquent ou soit disharmonique, et c’est l’ensemble qui, déséquilibré, ne plus fonctionner. Le phénomène vital, nécessairement universel, est donc extrêmement  fragile et cependant indestructible. En effet, et à tous les niveaux, l’Énergie, la Vie ont leurs propres mécanismes pour rétablir l’ordre si tant est que rien n’intervienne dans le cours normal des événements, mécanismes d’auto régulation que l’on appelle en médecine homéostasie.

La Vie se manifeste par toutes les formes et toutes les structures qui apparaissent et disparaissent dans le monde visible, en revêtant et quittant leur aspect matériel. Elle se déploie dans le monde visible, dans le monde de l’Ayant forme à la naissance. Elle se retire de l’Ayant forme pour retourner au Sans forme, à l’Invisible, à la mort. Ce cycle perpétuel d’apparition / disparition est une manifestation spontanée du Mouvement vital qui génère et anime le monde des formes et chaque forme le contient. Il n’y a pas de structure sans vie. Le Visible contient l’Invisible et inversement. L’un est la racine de l’autre. Entre le Sans forme et l’Ayant forme, il existe un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans le Visible, préexistant à la conception et à la naissance. Entre l’Ayant forme et le Sans forme, il existe également un état intermédiaire où s’exprime le désir d’être dans l’Invisible, de perdurer sans forme au delà de la disparition de la forme individuelle et individualisante. C’est par elle que l’on est d’abord et généralement conscient de soi même, forme accessible directement par l’observation de la visibilité. Ce désir d’une autre forme de conscience est connue parfois dès le monde manifesté par l’expérimentation contemplative.

Si, quand on les observe, la Vie et ses multiples manifestations apparaissent soit comme un miracle, soit comme un mystère ou encore plus sûrement comme les deux à la fois, elles ne sont cependant pas, comme certains ont pu le concevoir, le fruit d’un hasard incompréhensible, voire d’un accident, au cours d’une évolution que nul ne peut expliquer, illogique, irrationnelle. Elles sont la conséquence inéluctable du jeu de l’Énergie universelle et des Énergies élémentales au cours de leur processus dynamique de transformation au sein du Vide médian. Les Énergies universelles yin et yang génèrent la Vie, les Énergies élémentales organisent ses manifestations en cinq états particuliers de l’Énergie et de la Matière, aux caractéristiques particulières et aux fonctions spécifiques à chacun, de façon cyclique, favorisant l’apparition et le maintien de la Vie en un point précis et fragile d’équilibre au cours des processus de croissance / décroissance du Yin et du Yang. Le phénomène vital primordial dont les Dix mille êtres procèdent, se développe selon les lois d’engendrement, de domination et de régulation / transformation des Cinq mouvements. Tant que ces lois sont respectées, la Vie est harmonie. Dès lors qu’une d’entre elles n’est plus honorée, la disharmonie s’installe et le cours logique, naturel, nécessairement évolutif de la Vie est entravé. La Forme souffre et meurt, la Matière disparaît tandis que l’Énergie se disperse. Nous sommes encore dans le cadre de la loi du facteur limitant. C’est tout ou rien pour que la Vie soit possible. Toutes les parties doivent agir ensemble, dans l’unité et selon les lois naturelles. Elle ne peut correctement se manifester autrement, de façon cyclique, dans une dynamique d’expansion et de progression perpétuelles. Au sein du Vide médian, elle s’élève de sa racine terrestre yin vers sa cime céleste yang. C’est la forme la plus subtile, la plus évoluée, la plus accomplie de la manifestation du Tao au sein d’une Création qui lui est indispensable pour apparaître, se maintenir se développer et qu’elle anime.

La Vie procède du Mouvement originel, nous l’avons bien compris. La Vie elle - même est mouvement. L’essence de la Vie, c’est le mouvement. L’immobilisme, c’est la mort. Et s’il est une chose extraordinaire à observer, à ressentir, au coeur même de la Manifestation, au coeur même de l’Homme, c’est bien que rien jamais n’y est immobile, que tout est perpétuellement animé  par le Mouvement fondamental, aux multiples formes mais intrinsèquement unique. C’est le Mouvement primordial de la Vie dont nous pouvons, avec un peu d’attention, ressentir n’importe où, n’importe quand, les subtiles pulsations. Pourtant, il donne si peu l’impression d’exister que nous n’en avons généralement pas conscience. Pourtant, il existe partout, jusque et y compris dans le royaume de l’apparemment inanimé. Dans l’Étendue sous le Ciel, il concerne absolument tout ce qui est créé. Tous les êtres vivants sont conçus, naissent, croissent et décroissent et enfin disparaissent selon ses lois auxquelles nul ne peut se soustraire. Il règle la Vie humaine comme n’importe lequel des autres processus cosmiques, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, unissant tout dans une unique entité dynamique en perpétuelle évolution, en incessant devenir. Souple, flexible, adaptable, la Vie dans son mouvement est, au delà du bien et du mal dont elle n’a que faire, nécessairement intelligente, logique, cohérente, portée vers l’expansion, la progression, l’évolution absolument sans limite. Entre Ciel et Terre, elle ne connaît point de repos. Son mouvement génère tous les êtres sans qu’elle les possède. Elle les nourrit sans rien en attendre en retour. Neutre, impartiale, elle ne fait montre d’aucune préférence pour telle ou telle de ses créatures. Elle crée et rien ne peut l’arrêter. Que l’on tente de la bloquer et elle se fraiera un passage pour continuer son oeuvre créatrice. Tout comme le Dao qui l’exhale,elle est indéfinissable. Elle s’exprime par le jeu de croissance du Yin et du Yang. C’est elle l’inspir et l’expir du Souffle originel. C’est ainsi que, générant la forme, elle l’anime sans cesse, sans que rien ne soit jamais fixé, définitif, mais toujours en perpétuel devenir. Nous pouvons facilement ressentir son mouvement, nous les êtres humains par deux de ses manifestations, le cycle de saisons à l’extérieur et l’activité vitale à l’intérieur.

Chaque saison est une concentration d’Énergie yin ou yang. Le passage de l’une à l’autre en représente l’alternance dans leur incessant processus de monté et de descente, structuré selon les immuables principes des Cinq mouvements auxquels chacune d’entre elle est liée. Ainsi le Printemps est lié au Bois, l’Été au Feu, l’Automne au Métal, l’Hiver à l’Eau, les Cinquièmes saisons à la Terre qui porte et nourrit de son Yin les quatre autres.

    Au Printemps, saison de renaissance, d’engendrement, de renaissance, de réveil des êtres et des phénomènes, le Yang croît. Les plantes sortent de la Terre. L’Homme se doit d’y produire sans rien détruire.
    En Été, saison de plénitude, de maturité, de croissance, le Yang est à son maximum. L’Homme doit laisser s’exprimer vers l’extérieur ses Énergies intérieures.
    A l’Automne, le Yang descend et le Yin monte. C’est maintenant que l’Homme doit apaiser ses conflits, ses contradictions, purifier son Énergie, stocker ses acquis, engranger ses expériences.
    En Hiver, le Yin est maximum. La Nature, les choses et les phénomènes s’endorment. La Terre ne produit plus. Elle garde en elle les germes de toutes  les formes de Vie ultérieures. L’Homme lui aussi ne doit  maintenir qu’une activité minimum. C’est la saison du repli, de la prise de recul, de la méditation.


Rien de ce qui se meut dans le Vide médian ne peut échapper au cycle circadien. Il est vraiment le cycle fondateur de toute Vie sur notre planète. Chaque saison est une concentration d’Énergie. Lorsqu’elles sont parfaitement équilibrées dans le monde de la forme, ce sont elles qui forment et transforment toute forme de Vie. La Vie humaine, tant extérieure qu’intérieure, est donc soumise aux rythmes saisonniers. Elle en dépend complètement.
    Nous vivons donc dans un cadre Espace / temps dont nous sommes une émanation, rythmée par les saisons et qui n’est que la projection des cycles de l’Énergie universelle, le reflet parfait de l’Espace / temps cosmique.

Comme le le verrons plus en détail après, toute notre activité vitale, c’est à dire nos fonctions vitales, physiologiques et psychiques, c’est à dire l’ensemble des Organes dont elles procèdent et qui en dépendent sont liées à la saison en regard. Elles sont également soumises à ce rythme circadien et par lui aux principes du Yin - Yang et des Cinq mouvements.
   
Toute action opposée aux cycles du Mouvement vital ne peut donc que déboucher sur une pathologie, symptôme du décalage des rythmes individuels par rapports aux rythmes universels. La maladie peut donc être comprise comme une tentative de rétablissement d’une connection correcte. Toute thérapie consiste donc à utiliser les meilleures méthodes de soins pour réinsérer l’individu dans le Mouvement universel par l’action dynamique du remède.
   
Par conséquent, la clef de la santé, de la croissance, du bonheur, est de s’y abandonner sans la moindre velléité de résistance, dès lors que l’on a acquis, par l’expérimentation, la Connaissance de ses cycles de transformations et que de s’y conformer, ce qui est la suprême Sagesse, permet à chacun de se transcender.


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