Actualités Tao

Notre époque sous le regard d'une philosophie plurimillénaire qui conserve toute sa modernité.

27 avril 2006

Lao tseu

LAO TSEU ou LAO ZI

Si le taoïsme est inséparable du nom de Lao-tseu, on se sait presque rien de son fondateur. Certains sinologues mettent même en doute son existence. Sa seule biographie qu'on connue, datée du 1er siècle, est fort décevante. Il est donc difficile d'évoquer son nom sans utiliser le conditionnel tant les éléments retraçant sa vie sont aussi infimes qu'allégoriques.

Mais ce qui est sûr, c'est que ce philosophe chinois nous a laissé un héritage spirituel incommensurable.

Lao-tseu aurait vécu au VIe siècle av. J.C. Archiviste-astrologue du gouvernement des Tcheou constatant le déclin de la dynastie régnante, las du désordre de l'Empire, Lao-tseu serait parti s'exiler vers l'Ouest. Mais, à la frontière, le gardien de la passe lui aurait demandé de consigner par écrit son enseignement. Lao-tseu, alors âgé de 60 ans ou 200 ans, rédigea le Tao-te-king, d'où le témoignage de ce Sage venu nous faire partager un peu de cette Force Tranquille dont il fut, sur ce plan d'existence, une manifestation incontestable. Puis il continua sa route et disparut à tout jamais.

Sseuma Ts'ien, l'historien qui rapporte cette tradition, conclut : "Personne au monde ne saurait dire si tout cela est vrai ou faux, Lao-tseu était un sage caché. "

L'histoire n'est pas donc conservé sa trace. Lao tseu le nom signifie “Vieux maître”, serait l'auteur du texte le plus traduit après la Bible : le Tao-te king, le “Livre de la voie et de la vertu”. Mais, si Lao-tseu a réellement vécu au VIe siècle, le Tao-te-king ne remonterait lui qu'au début du IIIe siècle av. J.C. Toutefois, certaines des stances rimées qui le composent sont de beaucoup antérieures et constituent justement les passages clés de toute l'œuvre, ce qui semble bien exprimer la pensée profonde du Vieux Maître.

lao_tseu

La seule façon, finalement, d’aller à la rencontre de Lao-tseu, il est se laisser imprégner par son œuvre. Et c'est en se laissant aller au gré des images et paradoxes apparents, qui nous font passer du regard simple et déconcertant du petit enfant aux profondeurs mystiques insondables, que notre esprit se met peu à peu à vibrer avec une Force qui nous dépasse et nous libère en même temps qu'elle nous appelle à devenir son canal. Tao, qu'il qualifie de “Sans Nom”, semble désigner l'Énergie des énergies, le Principe de Vie non manifesté, inactif mais tout-puissant. Il est à la fois le Vide parfait qui permet à la vie de prendre sa place et le potentiel créateur infini. Il est à la fois l'Être et le non-Être. D'où ces formulations : « Le tao est Vide… Il est inépuisable… Il est Grand… Il n'agit pas et pourtant tout se fait par lui… Il est le fond secret commun à tous les êtres ». Mais « la voie qui peut s'énoncer n'est pas la voie pour toujours. Le nom qui peut la nommer n'est pas le nom pour toujours » car, à l'image de l'univers, le tao s'accroît et nous échappe sans cesse comme pour exhorter à l'illimitation. Le te, lui, est une manifestation du tao. Il désigne tout ce qui est conforme à la Voie. Humilité, compassion, amour, sincérité, ordre, capacités… sont quelques-unes des qualités naturelles émanant du tao. Le sage œuvre donc par sa nature même puisqu'il s'est affranchi des limites émotionnelles, égotiques et mentales dans une attitude de “non-agir” qui lui a permis de libérer son Harmonie intérieure. Et comme il agit dans une spontanéité conforme au tao, il réfute l'idée d'une quelconque vertu moralisatrice laquelle ne serait alors qu'une illusion dissimulant des limites incompatibles avec l'expression véritable du Tao.

Le Tao te king est un merveilleux testament, un grand voyage au cours duquel Lao-tseu fait tomber un à un les paysages de nos illusions, de nos croyances, de nos fantasmes pour nous montrer ce que n'est pas le Tao.

Il est possible alors que notre esprit assoiffé intègre le Tao et le ressente progressivement comme un mouvement perpétuel de vie, un débordement permanent de compassion, d'amour, de joie, de don de soi absolus Il se peut que le Tao, ressenti et non pas compris intellectuellement, nous fasse revenir notre nature originelle.

Lao-tseu éveille alors le sage caché que nous sommes, celui qui « agit sans rien attendre, guide sans s'imposer » et « reçoit à la mesure de ce qu'il donne ».

Alors oublions la biographie de Lao-tseu qui deviendra le passage vers un plan plus subtil, celui que les Chinois appellent “l'Ouest”. Le “garde-frontière” se révélera comme le nom de la conscience du Sage, celle qui l'a poussé à s'élever dans un suprême élan d'Amour pour l'humanité. Et “l'exil” symbolisera l'élévation spirituelle et physique du maître parvenu à l'état d'unité parfaite. « Le ciel et la terre durent toujours. S'ils durent toujours, c'est parce qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes ». Il semble que Lao-tseu ne se soit incarné que pour nous...

F.d'Alayrac

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TCHOUANG TSEU ou ZHUANG ZI

TCHOUANG TSEU ou ZHUANG ZI

Maître TCHOUANG vécut entre 300 et 400 ans avant Jésus Christ. Originaire de la ville de Mong dans l'état de Song, il avait été fonctionnaire d'une manufacture de laque. Ayant méprisé toute fonction publique, il vécut dans l'obscurité qu'il avait voulue, et ne suivit que l'élan de son cœur.

Après Lao-tseu, Tchouang Tseu est devenu représentant du Taoïsme.

Il avait Zhou comme prénom. Il vivait dans le royaume de Song pendant le 4e siècle av J.-C. Depuis son enfance, il était connu par son intelligence et assiduité. Il a voyagé dans plusieurs royaumes du sud pour étudier les us et coutumes locaux. Droit et franc, il adorait la nature, mais il méprisait les hauts aristocrates de l’époque. Le roi du Chu lui avait confié le poste du haut fonctionnaire et des conditions de vie luxueuses. Mais Tchouang tseu les a refusés. Il s’est ensuite retiré du mondain en gagnant sa vie sur la vente des chaussures en pailler.

Tchouang tseu est un recueil rédigé par Tchouang lui-même et ses disciplines. « L’essai Qiwu », « Xiaoyaoyou » et « le grand maître » sont les plus importantes pièces dans ce recueil.

Ses concepts clé sont : "le Tao à l’origine de toute chose", "unité des dix mille choses", "non agir face à la nature", "errer libre de toute contrainte".

C’est une philosophie proche de celle de Lao-tseu, mais où le concept de "libre errance" fait toute la différence.

Tandis que Lao-tseu prônait pour une conduite simple en participant pleinement au monde public, Tchouang tseu n’offre aucun compromis politique. Son intégrité repose dans le refus de se laisser emprisonner dans des charges publiques qui, même flatteuse, revenaient à faire de lui "une tortue sacrée morte depuis longtemps et gardée dans une boîte de bambou" tandis que lui préférait "rester en vie et traîner sa queue dans la boue".

Il n’était pas amateur d’excès, seulement de liberté et de paix, en se moquant des jugements discriminatoires. Il n’attachait pas plus d’importance à la vie qu’à la mort, au bonheur et au malheur, il naviguait librement au fil des événements sans s’y attacher.

Il fut un iconoclaste, le plus grand que la Chine, si imbue de codes confucéens, ait pu produire. Ce n’était pas un épicurien, et aucune philosophie occidentale ne peut se comparer à la sienne, seulement s’y approcher.


F.d.Alayrac

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02 mai 2006

LIE TSEU

LIE TSEU

LIE TSEU ou LIE ZI

Lie Tseu ou Lie Yu K’eou est l’auteur du "Tchoung hiutchen King", qu’on peut traduire par le "Vrai Classique du Vide Parfait".

Le titre date seulement de 732 après Jésus-Christ et il eut l’honneur d’un édit impérial qui fixait ainsi définitivement son appelation.

Contemporain de Lao Tseu et de Tchouang Tseu, on ne connaît pas grand chose de lui, sauf ce qu'il en a dit lui-même.. Sa biographie n’est pas plus riche en renseignements que de celle de Lao tseu. La majeure partie provient du livre même où nous sont décrites presque entièrement ses conditions de vie, depuis l’époque où, jeune disciple, il suivait l’enseignement d’un Maître. Pour certains, il n'aurait jamais existé.

Cependant, au XII siècle, le lettré Kao Seu-souen et après lui, Tsiao Houng (1541-1620) devaient nier jusqu’à son existence. Ils le considéraient comme un personnage allégorique inventé par Tchouang Tseu, le dernier des grands philosophes du taoïsme classique.

F.d'Alayrac

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