Actualités Tao

Notre époque sous le regard d'une philosophie plurimillénaire qui conserve toute sa modernité.

13 avril 2006

LE PA KUA

LE PA KUA


Le pilier de la philosophie nous révèle la logique de notre destin, fondé sur les lois universelles, cachées mais sans cesse manifestées et fiables.

Le pilier de la revitalisation est un ensemble d’exercices internes qui dirigent notre pouvoir naturel de guérison. Il comporte trois catégories d’exercices, postures, méditations, respirations qui permettent de régler, d’équilibrer et d’élever l’Énergie vitale.

Le pilier de l’alimentation enseigne l’équilibre entre les aliments yin et les aliments yang et leur utilisation dans un but thérapeutique, préventif et curatif. En Occident, nous parlerions d’équilibre acido-basique.

Le pilier des aliments oubliés, aliments délaissés pour leur odeur, leur saveur, mais au pouvoir thérapeutique puissant. Ils sont la base de la très riche pharmacopée chinoise.

Le pilier de la guérison est l’art de guérir les autres. C’est la doctrine médicale chinoise que nous étudierons plus longuement après.

Le pilier de la sagesse sexuelle nous enseigne à faire de l’énergie sexuelle une force de transformation. Il nous enseigne à jouir du plaisir sexuel non seulement sans nous dévitaliser mais en augmentant notre capital énergétique. Le Taoïsme est la première philosophie à s’intéresser à l’énergie sexuelle sans jamais y jeter un anathème, bien au contraire. Le Sexe faisant partie de la Vie, il fait donc partie de la Voie et doit être vécu dans une parfaite maîtrise de ses instincts.

Le pilier de la maîtrise parfaite nous fournit tous les instruments pour mieux nous connaître et connaître les autres, développer notre adaptabilité à l’environnement et devenir maîtres de soi, de notre destinée. On y trouve la morphologie, l’analyse des empreintes digitales, la numérologie, l’astrologie, etc...

Le pilier du succès dévoile tous les mécanismes qui régissent la Vie et les puissances qui la façonnent et nous apprend à les utiliser.

Le Pa-kua recouvre donc tous les aspects de notre existence quotidienne. C’est un véritable mode d’emploi de la Vie, mais souple, adaptable, individualisable, jamais dogmatique. Si nous observons ses prescriptions, nous suivons la Voie et tous nos besoins fondamentaux sont comblés afin que nous puissions réaliser notre potentiel d’être humain en transmutant notre négativité et l’aspect dégénératif du temps. Se conformer au Pa-kua, c’est suivre le Tao en partant de notre matérialité, événement, phénomène, objet impermanent, pour rejoindre notre réalité permanente et intangible au sein du Tao. Le Taoïsme, comme d’autres philosophies, n’a d’autre objectif que de libérer l’individu de tout ce qui l’enchaîne et inhibe en lui le Mouvement vital nécessairement évolutif afin que, vivant en conformité avec la Loi naturelle, dominant les événements par la souplesse, la non résistance, devenant son propre maître, dans le calme et la sérénité, conscient de la relativité des choses, il puisse s’adapter en souplesse à n’importe quelle circonstance. Ce qui en fait une école de connaissance de soi et de développement personnel, c’est son pragmatisme et son universalité, son intemporalité. Il ne néglige aucun aspect de la Vie. Tout appartient à la Voie, tout, même la chose la plus anodine, concourt à la recherche et à la réalisation de sa vérité, particule individuelle de la Vérité. Il se situe au delà des idéologies, des croyances et des dogmes. Malgré des concepts souvent difficiles à saisir, la mise en œuvre du Pa-kua est simple, pragmatique, efficace. Vivre selon l’équilibre du Pa-kua, c’est vivre selon la Voie, selon des règles de Sagesse simples, concrètes, accessibles à tous et efficaces. Réaliser le Pa-kua, c’est réaliser la Voie, le Tao. Le but de toute existence humaine, de toute l’Humanité, c’est de retourner au Tao. La quête du Tao est une quête active, concrète, basée sur les techniques d’alchimie interne du Taoïsme. Elle nécessite une purification du mental, la mise en ordre des organes, des sens et des passions. Elle ne peut se dérouler que dans le quiétisme d’un ascétisme modéré, au delà de toute émotion violente, de tout désir, de toute volition.

F. d’Alayrac

huit_piliers

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LA PHILOSPHIE - INTRODUCTION

LA PHILOSPHIE - INTRODUCTION

Courant de pensée plurimillénaire, précédant toutes les traditions, orientales et occidentales, le Taoïsme est toujours étonnant de modernité. Il n’est jamais sectaire. Il se veut source de Vie, de joie, de bonheur, de liberté, de salut ici et maintenant pour tous, sans exception. Il dépasse, et de loin, à mon sens, en efficacité toutes les autres techniques de recherche, de connaissance, de maîtrise et de développement de soi. Il me semble même que la plupart, même parmi les plus modernes, s’en inspirent, quoique certaines en soient de bien malheureux avatars. LeTao te king, sans cesse commenté, occupe toujours une place prépondérante dans la vie spirituelle de millions d’individus, sous toutes les latitudes. Apporter des réponses toutes faites serait contraire à son essence même. Jamais pensée ne fut moins dogmatique, plus respectueuse de la liberté de chacun.

Il a su, malgré les vicissitudes de son histoire et de celle des hommes, rester d’une étonnante modernité et demeurer parfaitement adapté à l’homo dit sapiens contemporain, tant par les principes universels et intemporels qu’il développe que par le fait qu’il est le contraire absolu d’une doctrine rigide, dogmatique et intolérante. Tout en souplesse, et en ouverture, le Taoïsme a su s’adapter à toutes les époques et à toutes les cultures. Il continue d’inspirer comme à ses premiers temps, des millions de chercheurs dans le monde, sous toutes les latitudes. A cette charnière entre deux millénaires, je reste convaincu qu’il constitue l’un des meilleurs instruments possibles de compréhension et de développement de soi, d’ouverture et d’appréhension du monde naturel et humain, de la place que chacun occupe dans l’Univers, du rôle spécifique qu’il doit y jouer, du devenir individuel de chacun et du devenir collectif de notre espèce sur cette planète. Il n’a jamais cessé d’être une source inépuisable d’inspiration pour tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui, dans un souci de croissance personnelle commun à tous, veulent s’affranchir des préjugés simplistes, des à priori nuisibles, se comprendre et comprendre le monde qui les entoure afin d’y vivre mieux, afin d’y mieux vivre. Il nous offre une image simple, claire, pour ne pas dire lumineuse de l’Homme et de sa destinée. Il nous le présente non pas venu au monde, y surgissant ex nihilo, mais issu de ce monde, à l’image de la Nature dont il est le parfait microcosme. Lui appartenant corps et âme, il est, comme elle, en perpétuelle expansion car constamment créateur et re créateur de lui - même, dans un mouvement perpétuel. Sans jamais porter atteinte aux convictions de chacun, ou simplement être en contradiction avec elles, sa doctrine apporte non pas des réponses toutes faites, mais toutes les questions nécessaires pour tenter de trouver une réponse personnelle à toutes ces interrogations que l’Homme lance dans la nuit vers le Cosmos depuis qu’il a pris conscience de lui - même et de cette place particulière qu’il occupe entre Ciel et Terre, du rôle qu’il y joue et qui n’appartient qu’à lui, sur la manière de mener sa Vie et sur le sens à lui donner, depuis que l’Humanité s’est ouverte à sa dimension spirituelle.

Le Taoïsme est, à mon sens, une pensée des plus simples et élevées à la fois qui ne rejette rien, qui ne condamne rien, à qui rien de ce qui est humain n’est indifférent. D’une infinie indulgence pour les égarements, les erreurs, de l’être humain, lucide, car sans illusion sur sa nature, il a en cet être humain et en ses potentialités de perfectibilité, une confiance indéfectible. Il accorde à chacun, quelques soient ses pensées, ses paroles, ses actes, sa nature, ses origines, d’infinies potentialités de développement. A ses yeux, aucun être humain ne peut être définitivement perdu, irrécupérable tout simplement parce qu’il est un être humain et que nul ne peut lui contester, lui nier, lui retirer son humanité. Pour lui tous les hommes ont la même origine, origine commune à tous les êtres vivants. Les particularités des différentes races humaines sont autant de caractéristiques dues à la variété des différents terrains auxquels il a bien fallu s’adapter. Voilà qui offre d’intéressantes perspectives de réflexion. Les anciens Sages considéraient n’avoir aucun droit, aucun avantage supplémentaires, ne ressentaient aucune espèce de supériorité, ne se considéraient jamais comme étant d’une essence particulière. Aucune différence entre eux et l’idiot du village! Un homme est un homme, quel qu’il soit. Son humanité est une valeur absolue. Leur état de Sage ne leur donnait rien de plus que le devoir de mettre, modestement, sans tambour ni trompette leur Connaissance au service des hommes et des femmes de leur temps et de leur lieu. On n’a jamais vu un Sage taoïste rechercher le pouvoir et la gloire. Ou alors, c’est qu’il n’était pas vraiment ce qu’il prétendait être.

Il est tout à la fois, et ce depuis ses origines, une philosophie que certains appellent à juste titre une métaphysique, une science de la Vie et une pratique. Les trois forment un tout indissociable dans une vision globale et unificatrice de l’Homme et de l’Univers. Science et philosophie sont les deux facettes d’une même réalité qui s’exprime concrètement dans la pratique. Et c’est bien là ce qui fait non seulement tout son intérêt, mais aussi ce qui en fait cet Art de vivre unique dans l’histoire de la pensée humaine, du moins à ma connaissance. Il nous rend intelligible les grands principes qui gouvernent l’Univers, les mécanismes qui, de toute éternité, y font apparaître et y développe le fabuleux processus vital. Il éclaire tout être humain, partie intégrante du Cosmos, sur le sens et la conduite de son existence, dans le respect des Lois naturelles pour le plus grand bien de chacun et celui de tous. Sans jamais chercher à le contraindre, il l’invite à se maintenir dans une relation au monde et à lui même dépourvue de toute agressivité, dans une totale innocuité vis à vis des êtres animés qu’il rencontre, au delà de toute compétitivité, dans une confiance absolue en la Vie. Il l’encourage à rester souple, non résistant, pour se conformer aux rythmes universels et aux modifications qu’ils impliquent, ce qui est le fondement de la Sagesse et du bonheur dans l’unité retrouvée avec le Cosmos, à la recherche de sa Source, c’est à dire de soi - même.

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LA SCIENCE

LA SCIENCE

Le Taoïsme, dans son aspect opératif, est une science. C’est la science de la Vie, de l’Univers, de l’Homme. Il observe et expérimente les grandes lois vitales de mouvement, de transformation, d’équilibre, d’échange mutuel, de non nocivité réciproque. Je développerai toutes ces notions tout au long de cette étude. Je définirai cependant ici ce qu’il faut entendre par science. Si, avec moi, vous voulez bien considérer que la science est basée sur l’observation attentive de la Nature, sur l’étude de ses principes et de ses lois, sur la vérification de ses découvertes par une expérimentation méticuleuse, alors vous conviendrez que le Taoïsme est une science, une sapience, tout à la fois science de la sagesse et sagesse de la science. Non pas une science telle que nous l’entendons classiquement en Occident, discursive, essentiellement orientée vers l’analyse des phénomènes sans jamais les inclure dans une globalité, mais une science globaliste, uniciste du vivant. Notons que la science, la technologie chinoises sont restées bien plus avancées qu’en Occident, au moins jusqu’au siècle dit “des Lumières”. Logique, rationnelle, cohérente, elle est basée sur l’observation méticuleuse de la Nature et de ses phénomènes, appuyée sur des siècles d’expérimentation. Empirique diront les rationalistes bornés, donc non fiable. A voir. En effet, à moins d’être l’un de ces scientistes obtus, sourds et aveugles, intolérants à tout ce qu’il ne sont pas capables de comprendre, on s’aperçoit que ses principes, vieux de plusieurs millénaires, sont confirmés par les équations de la science occidentale moderne, et ce régulièrement. Prenons, par exemple, la notion d’Énergie dont l’application la plus populaire est l’acupuncture dont vous avez tous entendu parler. Eh bien, elle a été considérée par les physiciens newtoniens comme superstition orientaliste. Or, la physique quantique en a démontré toute la réalité. Cela a même valu quelques prix Nobel, c’est vous dire!. Ce qui différencie cette science de la nôtre, c’est qu’elle est inséparable, comme le dos et la paume de la main, de la philosophie. Pour les Taoïstes, science et sagesse sont intrinsèquement liées. Toute distinction entre l’une et l’autre serait nulle et non à venue. Ceci est très difficile à appréhender pour un esprit occidental, habitué à fractionner le Tout en une multiplicité de choses qui semblent alors n’avoir plus aucun rapport les unes avec les autres alors que tout est lié à tout. Je ne puis, moi, cependant, m’empêcher de penser qu’il est plus que nécessaire que notre science paraît - il omnipotente, marque une pause et réfléchisse à ces concepts afin de ne pas se laisser déborder par ses vertigineux progrès qui font courir les risques les plus graves à notre espèce, à tout ce qui cohabite sur notre planète, à notre planète elle - même.

Tout au long des millénaires, depuis la plus haute Antiquité, bien avant le spéculatif Lao tseu, les alchimistes taoïstes ont recherché la Pilule d’immortalité, visant non pas celle d’une âme pour eux hypothétique, mais bien celle du corps physique. S’ils ne l’ont jamais découverte, ils ont pu cependant mettre ainsi au point des techniques de Longue vie, méthodes de santé et de longévité avant de devenir méthodes de guérison. Ainsi naquirent la médecine et la pharmacopée chinoise, mais aussi tous les arts d’alchimie interne comme le Tai chi chuan, le Qi gong et autres Tao yin fa déjà cités. C’est par l’étude attentive de la Nature et de ses phénomènes qu’ils ont pu comprendre et expliquer l’Homme, l’Univers et les lois qui les gouvernent également. De même, ils se sont obstinés à faire de leurs pratiques opératives, même si elles semblent parfois relever de la pure magie, l’imitation parfaite de ce qu’ils avaient observé dans la Nature.

Je ne puis ne pas citer ici l’’Empereur Jaune, Houang Ti (- 2699), le père de la médecine chinoise à l’époque pré - dynastique. Sous les Han, l’alchimiste Chan Tao Ling codifie la pharmacopée chinoise, axe toutes ses travaux sur la recherche de l’unité perdue entre le corps et l’esprit. Il aura bon nombre de descendants qu’il serait sans doute intéressant mais trop long ici d’étudier. Problèmes métaphysiques, développement spirituel, art de vivre sont intimement liés dans la pensée chinoise avant tout pragmatique. Le Taoïsme se préoccupe de tout cela. Sa partie pratique concerne tous les aspects de la vie quotidienne. Son but est d’atteindre la plénitude intérieure, par des méthodes simples, l’efficacité résidant avant tout dans la simplicité, en jouissant intelligemment de tout ce que peut nous offrir la Vie. En effet, tout procédant du Tao, tout donc fait nécessairement partie de la Voie. Ses applications pratiques s’articulent au sein des Huit piliers ou Pa kua qui concernent tous les aspects concrets, fonctionnels pour atteindre sinon le Tao du moins le chemin qui y mène. Le Pa kua est composé de techniques visant à améliorer la condition humaine physiquement, psycho-émotionnellement et spirituellement, les trois étant absolument inséparables, je le rappelle.

F. d’Alayrac

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27 avril 2006

Quelques titres

Le Tao Te King

Les enseignements secrets de Lao tseu Brian Walker
edts Dharma

Le corps taoïste Kristopher Schipper Edts Fayard

La quète de l'immortalité chez Li Taibao François Wang
Edts You feng

Le livre de la cour jaune classique taoïstes traduit
par Patrick Carré Edts Points sagesse

Méditation taoïste Isabelle Robinet Edts Albin Michel

L'esprit du tao Jean Grenier Edts Flammarion

Sagesse libertaire taoïste Érik Sablé Edts Dervy

Alan Watts La philosophie du tao Ets du Rocher

John Blofeld Le taoïsme vivant Edts Albin Michel

Jean Fabre B.A.B.A du Taoïsme Edts Prardès

J.C. Cooper Laphilosphie du tao Edts Dangles

Cheng Man Ch'ing Lao tseu mes mots sont faciles à
comprendre Edts le courrier du livre

Joseph Needman La scien chinoise et l'occident Edts Le
point

Isabelle Robinet Comprendre le Tao Edts Albin Michel

Tchouang tseu Oeuvre complète Edts Gallimard / UNESCO
Connaissance de l'orient.

F. d'Alayrac

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Lao tseu

LAO TSEU ou LAO ZI

Si le taoïsme est inséparable du nom de Lao-tseu, on se sait presque rien de son fondateur. Certains sinologues mettent même en doute son existence. Sa seule biographie qu'on connue, datée du 1er siècle, est fort décevante. Il est donc difficile d'évoquer son nom sans utiliser le conditionnel tant les éléments retraçant sa vie sont aussi infimes qu'allégoriques.

Mais ce qui est sûr, c'est que ce philosophe chinois nous a laissé un héritage spirituel incommensurable.

Lao-tseu aurait vécu au VIe siècle av. J.C. Archiviste-astrologue du gouvernement des Tcheou constatant le déclin de la dynastie régnante, las du désordre de l'Empire, Lao-tseu serait parti s'exiler vers l'Ouest. Mais, à la frontière, le gardien de la passe lui aurait demandé de consigner par écrit son enseignement. Lao-tseu, alors âgé de 60 ans ou 200 ans, rédigea le Tao-te-king, d'où le témoignage de ce Sage venu nous faire partager un peu de cette Force Tranquille dont il fut, sur ce plan d'existence, une manifestation incontestable. Puis il continua sa route et disparut à tout jamais.

Sseuma Ts'ien, l'historien qui rapporte cette tradition, conclut : "Personne au monde ne saurait dire si tout cela est vrai ou faux, Lao-tseu était un sage caché. "

L'histoire n'est pas donc conservé sa trace. Lao tseu le nom signifie “Vieux maître”, serait l'auteur du texte le plus traduit après la Bible : le Tao-te king, le “Livre de la voie et de la vertu”. Mais, si Lao-tseu a réellement vécu au VIe siècle, le Tao-te-king ne remonterait lui qu'au début du IIIe siècle av. J.C. Toutefois, certaines des stances rimées qui le composent sont de beaucoup antérieures et constituent justement les passages clés de toute l'œuvre, ce qui semble bien exprimer la pensée profonde du Vieux Maître.

lao_tseu

La seule façon, finalement, d’aller à la rencontre de Lao-tseu, il est se laisser imprégner par son œuvre. Et c'est en se laissant aller au gré des images et paradoxes apparents, qui nous font passer du regard simple et déconcertant du petit enfant aux profondeurs mystiques insondables, que notre esprit se met peu à peu à vibrer avec une Force qui nous dépasse et nous libère en même temps qu'elle nous appelle à devenir son canal. Tao, qu'il qualifie de “Sans Nom”, semble désigner l'Énergie des énergies, le Principe de Vie non manifesté, inactif mais tout-puissant. Il est à la fois le Vide parfait qui permet à la vie de prendre sa place et le potentiel créateur infini. Il est à la fois l'Être et le non-Être. D'où ces formulations : « Le tao est Vide… Il est inépuisable… Il est Grand… Il n'agit pas et pourtant tout se fait par lui… Il est le fond secret commun à tous les êtres ». Mais « la voie qui peut s'énoncer n'est pas la voie pour toujours. Le nom qui peut la nommer n'est pas le nom pour toujours » car, à l'image de l'univers, le tao s'accroît et nous échappe sans cesse comme pour exhorter à l'illimitation. Le te, lui, est une manifestation du tao. Il désigne tout ce qui est conforme à la Voie. Humilité, compassion, amour, sincérité, ordre, capacités… sont quelques-unes des qualités naturelles émanant du tao. Le sage œuvre donc par sa nature même puisqu'il s'est affranchi des limites émotionnelles, égotiques et mentales dans une attitude de “non-agir” qui lui a permis de libérer son Harmonie intérieure. Et comme il agit dans une spontanéité conforme au tao, il réfute l'idée d'une quelconque vertu moralisatrice laquelle ne serait alors qu'une illusion dissimulant des limites incompatibles avec l'expression véritable du Tao.

Le Tao te king est un merveilleux testament, un grand voyage au cours duquel Lao-tseu fait tomber un à un les paysages de nos illusions, de nos croyances, de nos fantasmes pour nous montrer ce que n'est pas le Tao.

Il est possible alors que notre esprit assoiffé intègre le Tao et le ressente progressivement comme un mouvement perpétuel de vie, un débordement permanent de compassion, d'amour, de joie, de don de soi absolus Il se peut que le Tao, ressenti et non pas compris intellectuellement, nous fasse revenir notre nature originelle.

Lao-tseu éveille alors le sage caché que nous sommes, celui qui « agit sans rien attendre, guide sans s'imposer » et « reçoit à la mesure de ce qu'il donne ».

Alors oublions la biographie de Lao-tseu qui deviendra le passage vers un plan plus subtil, celui que les Chinois appellent “l'Ouest”. Le “garde-frontière” se révélera comme le nom de la conscience du Sage, celle qui l'a poussé à s'élever dans un suprême élan d'Amour pour l'humanité. Et “l'exil” symbolisera l'élévation spirituelle et physique du maître parvenu à l'état d'unité parfaite. « Le ciel et la terre durent toujours. S'ils durent toujours, c'est parce qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes ». Il semble que Lao-tseu ne se soit incarné que pour nous...

F.d'Alayrac

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TCHOUANG TSEU ou ZHUANG ZI

TCHOUANG TSEU ou ZHUANG ZI

Maître TCHOUANG vécut entre 300 et 400 ans avant Jésus Christ. Originaire de la ville de Mong dans l'état de Song, il avait été fonctionnaire d'une manufacture de laque. Ayant méprisé toute fonction publique, il vécut dans l'obscurité qu'il avait voulue, et ne suivit que l'élan de son cœur.

Après Lao-tseu, Tchouang Tseu est devenu représentant du Taoïsme.

Il avait Zhou comme prénom. Il vivait dans le royaume de Song pendant le 4e siècle av J.-C. Depuis son enfance, il était connu par son intelligence et assiduité. Il a voyagé dans plusieurs royaumes du sud pour étudier les us et coutumes locaux. Droit et franc, il adorait la nature, mais il méprisait les hauts aristocrates de l’époque. Le roi du Chu lui avait confié le poste du haut fonctionnaire et des conditions de vie luxueuses. Mais Tchouang tseu les a refusés. Il s’est ensuite retiré du mondain en gagnant sa vie sur la vente des chaussures en pailler.

Tchouang tseu est un recueil rédigé par Tchouang lui-même et ses disciplines. « L’essai Qiwu », « Xiaoyaoyou » et « le grand maître » sont les plus importantes pièces dans ce recueil.

Ses concepts clé sont : "le Tao à l’origine de toute chose", "unité des dix mille choses", "non agir face à la nature", "errer libre de toute contrainte".

C’est une philosophie proche de celle de Lao-tseu, mais où le concept de "libre errance" fait toute la différence.

Tandis que Lao-tseu prônait pour une conduite simple en participant pleinement au monde public, Tchouang tseu n’offre aucun compromis politique. Son intégrité repose dans le refus de se laisser emprisonner dans des charges publiques qui, même flatteuse, revenaient à faire de lui "une tortue sacrée morte depuis longtemps et gardée dans une boîte de bambou" tandis que lui préférait "rester en vie et traîner sa queue dans la boue".

Il n’était pas amateur d’excès, seulement de liberté et de paix, en se moquant des jugements discriminatoires. Il n’attachait pas plus d’importance à la vie qu’à la mort, au bonheur et au malheur, il naviguait librement au fil des événements sans s’y attacher.

Il fut un iconoclaste, le plus grand que la Chine, si imbue de codes confucéens, ait pu produire. Ce n’était pas un épicurien, et aucune philosophie occidentale ne peut se comparer à la sienne, seulement s’y approcher.


F.d.Alayrac

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PENSÉE I

PENSÉE I

Je ne crois pas que l’on puisse refaire le monde. Je ne crois pas à la révolution. Elle est aussi suicidaire que tout conservatisme par définition immobiliste.

Je ne crois pas aux systèmes philosophiques, politiques et religieux. Ils ne servent que l’ambition sociale de quelques uns qui est le pire des poisons et qui ne provoque que la rivalité entre les êtres qui est le pire des maux.

Les notions de bien et de mal ne sont qu’une vaste hypocrisie. Je ne crois pas aux lois morales et sociales des hommes. Je ne les respecte que par obligation. Elles sont à géométrie variable, selon le moment et le lieu.

Je ne crois pas aux masses et à leur éducabilité. Les masses sont manipulables. Rien de plus. La croyance selon laquelle l’homme peut modifier le cours des choses a toujours conduit aux pires catastrophes.

Je crois aux lois intangibles de la Vie, naturelles, universelles, intemporelles selon lesquelles l’homme a plaisir à vivre en harmonie avec son environnement et avec ses semblables.

Je crois à l’individu et à sa perfectibilité dès lors qu’il est libre dans une société simple, paisible, égalitaire, délivrée du joug d’un état providence au service des puissants.

Et je prie le Ciel chaque jour de me préserver de tous ceux qui veulent mon bien et celui de l’humanité.

F.d'Alayrac

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02 mai 2006

LIE TSEU

LIE TSEU

LIE TSEU ou LIE ZI

Lie Tseu ou Lie Yu K’eou est l’auteur du "Tchoung hiutchen King", qu’on peut traduire par le "Vrai Classique du Vide Parfait".

Le titre date seulement de 732 après Jésus-Christ et il eut l’honneur d’un édit impérial qui fixait ainsi définitivement son appelation.

Contemporain de Lao Tseu et de Tchouang Tseu, on ne connaît pas grand chose de lui, sauf ce qu'il en a dit lui-même.. Sa biographie n’est pas plus riche en renseignements que de celle de Lao tseu. La majeure partie provient du livre même où nous sont décrites presque entièrement ses conditions de vie, depuis l’époque où, jeune disciple, il suivait l’enseignement d’un Maître. Pour certains, il n'aurait jamais existé.

Cependant, au XII siècle, le lettré Kao Seu-souen et après lui, Tsiao Houng (1541-1620) devaient nier jusqu’à son existence. Ils le considéraient comme un personnage allégorique inventé par Tchouang Tseu, le dernier des grands philosophes du taoïsme classique.

F.d'Alayrac

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03 mai 2006

LE TAOÏSME EST ANARCHISTE I

LE TAOÏSME EST ANARCHISTE I

“L'appel aux armes est de toutes les vertus, la plus basse ; les récompenses et les châtiments sont les modalités d'éducation les plus inférieures ; les rites et les lois les moyens de gouverner les plus méprisables.” (Tchouang-Tseu)

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Produire sans posséder, agir sans s’imposer, développer sans dominer.” (Lao tseu)

Considérons en préalable, le Taoïsme primitif antérieur à sa déviation théiste et l’anarchisme non comme le stade final de la lutte des classes mais bien, pour l’un comme pour l’autre, comme un cheminement personnel de libération. Considérons donc l’Anarchie comme un état d’être plutôt que comme un système politique collectiviste et nihiliste.

Au delà de leurs expressions respectives fort différentes, il existe une étroite parenté entre Anarchie et Taoïsme. Ils s’adressent à l’homme dans un langage simple en dehors de tout doctrinisme étroit et par définition collectiviste. La pensée taoïste peut paraître hermétique à l’homo occidentalis moyen. Mais ce fossé peut être rapidement comblé si sait faire preuve d’une capacité d’ouverture et d’adaptation suffisante pour comprendre que ces deux pensées, qui contestent l’ordre social, ne sont que deux aspects d’une seule et même pensée. Le Tao te king est considéré à juste titre comme l’un des “canons” les plus anciens de la pensée libertaire. On retrouve dans l’un et dans l’autre la même contestation et la même volonté de destruction d’un ordre social artificiel puisque basé sur les lois humaines et non sur les lois naturelles.

Se recoupant parfaitement, ils ont imprégné leur société durablement, malheureusement déformés dans un second temps par leurs propagandistes et autres commentateurs qui ont voulu, pour leur profit érigé en système ces deux philosophies par essence anti système. En a été perdu cet idéal originel d’une société pacifiste dont toutes les forces œuvrent dans le sens de la Nature pour créer un cadre social et matériel propice au développement, jusqu’à sa libération, de l’individu.

Le Tao signifie la Voie, la Voie de l’affranchissement de l’individu par lui - même, en-dehors de tout système politique, religieux ou philosophique. Cette conception conduit au respect absolu de sa liberté et de la liberté de l’autre, dans la confiance absolue et respectueuse de la Nature. Dans la soumission consciente aux seules lois naturelles, l’homme ne peut être heureux que s’il ne vit que pour et par lui - même et non en fonction d’un but qui lui est extérieur ou des influences de toutes sortent qu’il peut subir. Cette voie de réalisation passe par le non agir. Le non agir ou encore non interventionnisme, permet d’échapper à l’emprise d’une société autoritaire, dirigiste, décidant une fois pour toutes les relations de l’individu avec son environnement naturel et humain et avec lui - même par toute une série de règles considérées comme immuables.

Pour l’anarchiste, ni dieu ni maître! Cela ne signifie pas qu’il ignore qu’il existe une vie intérieure, qu’il en fasse fi de toute démarche de développement personnel. Il réfléchit, médite, compare. Comme il est dit joliment quelque part “il sculpte sa statue intérieure”. Il s‘enrichit constamment par l’étude et la réflexion et se constitue ainsi une Connaissance intime des êtres et des phénomènes par laquelle il s’affranchit peu à peu de toute forme de pouvoir.

Taoïsme et Anarchie encouragent une vision démocratique et scientifique des choses et des phénomènes qui les animent. Il s’agit d’observer et de comprendre sans chercher à ne rien imposer. Il est hors de question de vaincre et d’imposer. Ils en ont déduit une conception de la société basée sur l’observation de la Nature et de ses mécanismes régulateurs.

L’Univers est dans un état permanent de fluctuations. La Vie est un processus qui se développe sans cesse. Rien jamais n’y est constant. C’est une dynamique procédant de deux flux énergétiques contraires le Yin et le Yang dont la complémentarité assure l’harmonie et l’unité de la Nature, Nature auto suffisante et dont l’existence se passe fort bien de toute idée d’un démiurge omnipotent et omniscient. Cette conception qui rejoint celle d’Héraclite et celle de la physique quantique, s’appuie sur une écologie sociale insistant sur l’unicité dans la diversité et la croissance perpétuelle. La Vie dans ses manifestation ne peut aller que dans le sens de l’évolution.

Il ne peut pas y avoir de valeurs absolues hors des lois naturelles. La morale ordinaire est constituée de lois humaines non valides, à géométrie variable en fonction du lieu et du moment. Dans notre société judéo - chrétienne, mais pas seulement, cela a conduit à une condamnation sans appel de l’humanité. Taoïste et Anarchiste rejettent toute notion de péché originel. L’homme est par nature innocent de toute faute, possédant de naissance une prédisposition à la bonté. Ils recommandent et appliquent un art de vivre basé sur la simplicité, la spontanéité, la générosité, le détachement, le jeu créatif, l’absence de prétention, de volonté de pouvoir, d’avidité de richesses. A contrario de leurs civilisations construites sur des valeurs masculines, jusqu’à la violence la plus extrême du machisme le plus intégral, ils privilégient les valeurs féminines de passivité et de réceptivité. L’un et l’autre sont donc, par essence, féministes. Je développerai ce choix de vie ultérieurement.

F.d’Alayrac

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PENSÉE II

La valeur absolue de toute vie humaine est la LIBERTÉ.

L'espoir de vivre libre, totalement libre est intemporel, universel. A toutes les époques des mouvements de pensée ont cultivé cette recherche de la Liberté véritable.

Le Taoïsme : compréhension pratique du Cosmos, de ses lois, de ses phénomènes

Le Cynisme : une émancipation radicale de toute ce qui contraint à contrario de la Nature la nature humaine

Le Libertinage : la libération socio - sexuelle en dehors de toute règle morale ou / et religieuse voire politique

le Matérialisme : un réalisme scientifique qui rejette toute idée d'un dieu créateur auquel la crétion est soumise

L'Anarchisme : une volonté d'indépendance par rapport à toute forme d'autorité

L'Utopisme : un système social parfait qui n'est sans doute pas pour demain mais vers lequel chacun doit tendre.

F.d'Alayrac

Posté par francoisdalayrac à 16:02 - PENSÉES TAOÏSTES D'AUJOURD'HUI - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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