Actualités Tao

Notre époque sous le regard d'une philosophie plurimillénaire qui conserve toute sa modernité.

27 avril 2006

PENSÉE I

PENSÉE I

Je ne crois pas que l’on puisse refaire le monde. Je ne crois pas à la révolution. Elle est aussi suicidaire que tout conservatisme par définition immobiliste.

Je ne crois pas aux systèmes philosophiques, politiques et religieux. Ils ne servent que l’ambition sociale de quelques uns qui est le pire des poisons et qui ne provoque que la rivalité entre les êtres qui est le pire des maux.

Les notions de bien et de mal ne sont qu’une vaste hypocrisie. Je ne crois pas aux lois morales et sociales des hommes. Je ne les respecte que par obligation. Elles sont à géométrie variable, selon le moment et le lieu.

Je ne crois pas aux masses et à leur éducabilité. Les masses sont manipulables. Rien de plus. La croyance selon laquelle l’homme peut modifier le cours des choses a toujours conduit aux pires catastrophes.

Je crois aux lois intangibles de la Vie, naturelles, universelles, intemporelles selon lesquelles l’homme a plaisir à vivre en harmonie avec son environnement et avec ses semblables.

Je crois à l’individu et à sa perfectibilité dès lors qu’il est libre dans une société simple, paisible, égalitaire, délivrée du joug d’un état providence au service des puissants.

Et je prie le Ciel chaque jour de me préserver de tous ceux qui veulent mon bien et celui de l’humanité.

F.d'Alayrac

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03 mai 2006

PENSÉE II

La valeur absolue de toute vie humaine est la LIBERTÉ.

L'espoir de vivre libre, totalement libre est intemporel, universel. A toutes les époques des mouvements de pensée ont cultivé cette recherche de la Liberté véritable.

Le Taoïsme : compréhension pratique du Cosmos, de ses lois, de ses phénomènes

Le Cynisme : une émancipation radicale de toute ce qui contraint à contrario de la Nature la nature humaine

Le Libertinage : la libération socio - sexuelle en dehors de toute règle morale ou / et religieuse voire politique

le Matérialisme : un réalisme scientifique qui rejette toute idée d'un dieu créateur auquel la crétion est soumise

L'Anarchisme : une volonté d'indépendance par rapport à toute forme d'autorité

L'Utopisme : un système social parfait qui n'est sans doute pas pour demain mais vers lequel chacun doit tendre.

F.d'Alayrac

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14 mai 2006

PENSÉE III

Dans notre société libérale avancée :

Diogène : pris en charge par les services sociaux

Lao tseu : dans les couloirs d'une maison pour vieillards déments

Tchouang tseu : associal pris en charge par des éducateurs

Li tseu : son Traité du vide parfait lui vaudrait l'étiquette de schizophrène

Socrate : un dangereux gourou de secte dont il faut protéger nos enfants

Beethoven : un mal entendant placé dans une institution spécialisée

Li po : un alcoolique en cure de désintoxication

Baudelaire : un angoissé chronique en analyse freudo - lacanienne

Léonard de Vinci : un délirant mégalomane

Et la liste n'est pas exhaustive. Nous vivons la merveilleuse époque de la normalisation. Pour notre plus grand bien, les princes qui nous gouvernent et leurs fonctionnaires ne laissent rien au hasard et interviennent partout. Où est le gouvernement taoïste qui laisse les hommes êtres ce qu'ils sont et ne se mêle ni de leur bien ni de leur mal pour le plus grand bonheur de tous et de chacun?

F.d'Alayrac

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16 mai 2006

"La nature n'est pas un décor, un agrément, mais la part vitale de notre propre esprit. Elle nous initie à la loi de la vie et au mystère de la beauté, tout en incarnant ce que notre esprit porte en lui de secret et de nostalgique."

François Tchang

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30 mai 2006

L'essentiel

"les paysans et les lettrés étaient les deux classes les plus respectées car les anciens Chinois savaient bien que les seules choses nécessaires à l'homme sont la nourriture et l'art."

In Erik Sablé / Sagesse libertaire taoïste - Introduction à la sainte paresse

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14 juin 2006

LE NATUREL, SECRET DU BONHEUR

LE NATUREL, SECRET DU BONHEUR


“Ceux que le Naturel ne rebute pas, qui ne croupissent pas dans l’artifice, ceux là sont proches de la perfection.

Le Naturel participe de l’être intime, tandis que l’artifice s’accommode des choses concrètes. La vertu réside dans le naturel.

Tchouang tseu



De tous temps se sont affrontées deux écoles. D’une part  les partisans de la Nature, d’autre par les tenants des institutions politiques et de la réglementation des mœurs. Toutes  les grandes civilisations ont connu ce conflit. Au XVIII° siècle par exemple les philosophes des Lumières avaient tendance à défendre la bonté humaine comme un fait naturel. Citons entre autres Rousseau ou Bernardin de Saint Pierre. A contrario, leurs successeurs ont renversé le cours des choses. Depuis la révolution française, et avec le développement d’un socialisme interventionniste dans la civilisation chrétienne, c’est le règne de la légifération. Il y a de plus en plus de lois et par conséquent de moins en moins de liberté pour l’individu qui y perd toute ses possibilités d’épanouissement. En Chine Confucianisme et Taoïsme illustrent parfaitement ce conflit entre artifice et naturel.

Définissons pour commencer la notion d’Artifice dans son acception taoïste. Vivre dans l’Artifice c’est d’abord vivre dans une existence coupée de la Nature et de ses Lois permanentes, universelles, intangibles, mais soumise aux codes moraux et sociaux d’une époque et d’un lieu particuliers. C’est sacrifier aux appétits de richesse et de puissance, se soumettre aux pouvoirs politiques, religieux, intellectuels, financiers, et accepter qu’une volonté extérieure, dieu ou maître, dirige notre existence. C’est, dirait - on aujourd’hui, penser et agir selon le politiquement correct dans la volonté vaine de vouloir transformer le monde et  les hommes.  C’est renoncer à l’être au profit du paraître pour ne plus être ce que l’on est réellement mais pour correspondre à l’image que la société attend de nous.

Le concept de “Naturel” lui ne doit surtout pas être compris comme un simple retour à la Nature. Ni Tchouang tseu en son temps ni les Maîtres taoïstes modernes ne prônent le retour à l’âge de pierre! Les seconds utilisent sans nul doute un ordinateur et sont connectés à l’internet. Comme tout le monde ils s’éclairent à l’électricité et se déplacent en voiture voire en avion. De toutes façons, il serait absurde de vouloir revenir à une Nature dont nous faisons intrinsèquement partie et que nous n’avons donc pas quittée. Ce retour ne doit pas non plus être pris dans l’acception d’un naturalisme quelconque sous entendant  un culte rendu à la Nature. Il n’y a jamais aucune coloration de religiosité dans le Taoïsme je le rappelle. La religion taoïste n’est qu’un avatar de la philosophie.

Mais que signifie donc revenir au Naturel? C’est d’abord et avant tout un cheminement personnel pour retrouver notre véritable nature. Ce cheminement ne concerne que nous, en dehors de toute velléité de transformation de l’humanité.

Revenir au Naturel c’est d’abord et avant tout appliquer les six principes de base du Taoïsme.


Le Non savoir :

C’est à dire le contraire de la science discursive, source d’impuissance et d’obscurcissement de la Conscience parce que limitée et imparfaite. Le Non savoir, contraire de l’ignorance, c’est la Connaissance véritable parce qu’acquise par l’expérience concrète, intime, imprimée jusque et y compris dans la plus profonde de nos cellules.


Le Non désir :

C’est à dire l’ascèse qu’il ne faut pas prendre dans le sens judéo - chrétien de mortification, ce serait antinomique à toute conception taoïste. L’ascèse, étymologiquement exercice, c’est une discipline mesurée des organes et des sens par la pratique rationnelle d’une hygiène de Vie physique et mentale.


La Non résistance :

Appelons la souplesse psycho - spirituelle, adaptabilité aux circonstances, acceptation à la Vie telle qu’elle se présente. Liée au Non désir, c’est la force véritable de celui qui plie toujours mais ne rompt jamais, auquel rien ne peut finalement résister et qui résiste à tout. La Non résistance, c’est l’antithèse de la force brutale et aveugle du vulgaire.


Le Non agir :

Il ne peut être atteint que par le Non savoir, le Non désir, la Non résistance. Non agir n’est pas ne rien faire. C’est progressivement diminuer, jusqu'à leur complète disparition, ses ambitions, ses désirs, son ego. C’est ne jamais rien faire qui aille dans le sens inverse du Mouvement naturel de la Vie. C’est faire, sans rechercher de justification, de reconnaissance, de gratification. C’est agir comme un être ordinaire en se maintenant dans un état de calme parfait, au delà de toute émotion, dans le juste milieu, parfaitement centré sur soi.


Le Non dire :

C’est une autre forme du Non agir qui passe par la parole. Le Taoïsme estime que l’on parle toujours trop et que très souvent les mots pour expliquer, convaincre, convertir sont vains.


Le Non paraître : 

C’est à dire ne jamais chercher à briller, à étaler son intelligence, sa culture, son savoir, son degré d’élévation personnelle. Le Taoïsme nous recommande de passer inaperçu, de nous fondre dans la foule sans jamais y être perturbé par les Passions, au delà de tout souci de possession.


C’est prendre conscience que :

"La Nature n'est pas un décor, un agrément, mais la part vitale de notre propre esprit. Elle nous initie à la loi de la Vie et au mystère de la beauté, tout en incarnant ce que notre esprit porte en lui de secret et de nostalgique."

François Tchang

F. Tchang résume avec sa plume inimitable la nécessité absolue de tendre et de parvenir à vivre en parfaite osmose avec les êtres vivants, leur environnement qui est aussi le nôtre  et les processus qui les animent. Il a compris au plus profond de sa conscience qu’il ne fait qu’un avec son milieu et tous les phénomènes qui s’y déroulent.

Notre civilisation, notre science occidentale ont divisé, trié, classé, séparé les éléments les uns des autres instaurant ainsi dans notre esprit une dualité contre nature. La Nature doit être domptée, civilisée car, perçue comme l’ennemi, elle nous effraie.  Le religieux, en plus, y a introduit le diable. On distingue ainsi et très artificiellement le bien et la mal. Le mal contre lequel il faut lutter de toutes nos forces, ce qui ne conduit qu’à le renforcer et nous conduit à une impasse.

La Nature, la Vie, cela revient au même, on ne peut pas considérer l’une comme différente de l’autre. Elles sont unes et indivisibles. Tel est l’ordre naturel des choses. Tel est le Naturel. Le Naturel, c’est l’Unité. Et quand nous avons dépassé toute toute dualité nous vivons dans l’harmonie du double mouvement du Yin et du Yang, le mouvement fondamental de la Vie / Nature. Alors tout redevient beau, bon et juste, au delà de toute conception sociale de beauté, de bonté et de justice.

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Là est le Naturel, là est le secret du bonheur.  A disparu alors toute velléité de maîtrise, de pouvoir, de domination, sans chercher à modifier le cours naturel des choses. Il suffit de vire la Vie telle qu’elle se présente, en acceptant de bonne grâce ce qu’elle nous apporte et  sans rechercher plus que ce qu’elle nous offre.

Nous n’avons peur de la Vie / Nature sauvage, vierge, originelle. spontanéité, libre, sans volonté mais éminemment créatrice. Nous ne désirons rien de plus que ce que nous trouvons sans le chercher. Nous laissons simplement aller à n’être que ce que nous sommes, des hommes éléments de la Nature, et rien qu’éléments indissociables de la Nature. Ni plus, ni moins. Angoisse, anxiété, peur de la mort? Effacées, puisque nous vivons simplement dans le Mouvement vital, puisque nous sommes le Mouvement vital. Sans plus.

Tel est l’idéal de Vie taoïste. Et c’est l’état normal de toute individu qui devrait aussi être celui de toue l’humanité. Et c’est simple. Il suffit de regarder un coucher de soleil et de sentir comment nous sommes en lui et il est en nous. Nous nous appréhendons intuitivement alors comme un élément du paysage, non pas perdu dans un Grand Tout mais partie intrinsèque de ce Grand Tout, abandonnés à force extraordinaire qui l’anime et qui est Lui. mais cette expérience peut être vécue même un jour de pluie que nous trouvons à priori triste. mais ce n’est là une déformation de notre intellect séparateur. La pluie est nécessaire. S’il y a bonheur du soleil, il y a joie de la pluie, et inversement. Nous reparlerons de l’alternance de choses.

Alors,

“Qu’est qu’on attend pour être heureux,
Qu’est ce qu’on attend pour faire la fête?”

Puisque c’est notre état naturel. La planète ne doit être qu’une immense fête.

F.d’Alayrac

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LA VIE EST UNE FÊTE

LA VIE EST UNE FÊTE


La Vie est une fête perpétuelle, universelle. Mais personne ne le sait. Alors tout le monde pleure, tout le monde est malheureux. Allez comprendre!

Vous allez dire que je suis fou. Non seulement je ne le nie pas, mais je le revendique. Passer pour un fou dans un asile d’aliénés est rassurant. Car le monde est un vaste asile d’aliénés. Mais  que voulez - vous j’ai fait le choix d’être heureux, envers et contre tout, quoiqu’il puisse arriver.

Certes, comme tout le monde, j’ai eu et j’ai encore mon lot de problèmes. Et alors? Dois - je pour autant courir me pendre, ce qui serait un moindre mal, ou pire pleurer sur mon sort et ma frapper la tête sur les murs? Oui, vaudrait mieux encore me pendre. En effet, pleurer sur mon sort va rendre tous ceux qui m’aiment un peu très tristes et réjouir tous ceux qui me détestent. Je n’ai nulle envie de faire du chagrin à ceux qui m’aiment. C’est inutile. Et je n’ai aucun désir de faire plaisir à des gens qui ne me supportent qu’à grand peine. Ce n’est pas que je veuille les priver de cette joie, non, mais je n’en vois vraiment pas l’intérèt. Alors je m’empresse de rire de tout ce qui peut arriver. Pour pas avoir à en pleurer, même de ce qui m’arriver d’agréable. Car quand on a pris l’habitude de pleurer de tout, on perd le savoir rire. Et ne croyez pas que c’est une décision, une volonté de ma part. Cette conception des choses s’est imposée à moi après une longue liste de malheurs. J’avais trop pleuré. Cela suffisait! j’en avais assez de souffrir. Trop de malheur se transforme en bonheur. Mais c’est trop de bonheur se transforme invariablement en malheur. Alors?

Alors voilà. Rien n’est malheur, rien n’est bonheur, tout est bon à vivre.

Ai - je une raison de me lamenter? Je regarde une aile de papillon, une fleur à peine éclose, un rat dans l’égout, un coucher de soleil sur la mer Égée, un chien galeux, le sein de la femme que j’aime, un ventre malade qui renferme tout de même  un gros sac d’excréments, et je sens, je ressens au plus profond de ma conscience que tout cela c’est la grande et invincible Force de la Vie au travail. Et je sais, intuitivement, que cette fleur, ce sein, ce rat, ce coucher de soleil et j’en passe, ne sont pas différents de moi. Il sont moi comme je suis eux. Tous composés des mêmes éléments, animés de la même énergie, tous embarqués dans cette fabuleuse aventure qu’est la Vie.

Non, je ne crois pas au hasard. Ce qui survient, ce qui existe dans mon paysage ou ailleurs, ne peut que survenir, ne peut qu’exister. Doit - on s’en réjouir, doit - on en pleurer? Quel intérêt pour l’un ou pour l’autre. Cela est et je n’ai aucun pouvoir pour en changer la nature et le cours. Alors je regarde.

Et depuis que j’observe les choses, les êtres  et les phénomènes, il m’est évident que la Vie coule comme elle doit couler et que rien ne nous y oblige à la misère. Les sentiments ne sont qu’invention humaine. La Nature n’a pas de sentiment. Elle ne fait pas de sentiment.  Elle n’aime ni ne déteste personne et laisse vivre chacun sans intervenir. J’essaie de l’imiter.

Est - ce à dire que je suis d’une froideur totale, d’une inaffectivité absolue? Non bien sûr. Je ne puis rester de marbre devant la souffrance, l’affliction, le désespoir, ... Tout être vivant à droit à ma compassion. Mais pourquoi devrais - je faire de sa douleur ma douleur? Qu’est - ce c’est que cette idée de souffrance rédemptrice, cette obligation de pleurer avec autrui? Pourquoi devrais - je moi aussi participer au sado - masochisme universel? Mais je m’y refuse absolument!  Quitte à passer pour un fou, un égoïste, un anarchiste ou pire encore, un poète. Cela m’est complètement indifférent.

Je regarde. Tout à la fois spectateur et acteur totalement engagé. Embarqué sur un bateau que l’on nomme le vaste univers et dont, je le sais bien, je ne tiens pas le gouvernail. C’est le calme plat? Tant mieux! Un bel alizé pousse ma voile? Tant mieux! Je traverse un coup de tabac? Tant mieux. Rien ne dure jamais.

Je me regarde. Je suis heureux? Tant mieux! Je suis malheureux? Tant mieux! De toutes façons la Vie est belle. Et rien n’est permanent.

Alors, oui, la Vie est une fête, dans l’aile de papillon, dans le vol de l’oiseau, dans le chat qui ronronne, dans l’orgasme de la femme avec qui je fais l’amour. Le malheur n’existe que parce que l’être humain l’a inventé, dans son avidité de richesse, de puissance, de pouvoir, de possessivité. Maintenant il en a besoin pour se sentir vivre. Dans la joie, il se sent mort.

L’animal, la plante ne cherche rien d’autre qu’à manger, se reposer, se reproduire selon les règles de son espèce. Et il est satisfait ainsi. Il ne demande rien d’autre. Et il frétille de la queue dès qu’il se réveille.

Pourquoi ne sommes - nous pas des chiens, nous aussi?

F.d'Alayrac

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13 décembre 2006

LA SUBLIME LOI DU YIN ET DU YANG I

LA SUBLIME  LOI DU YIN  ET DU  YANG
LE FÉMININ ET LE MASCULIN
I



INTRODUCTION

L’Énergie vitale est la grande force vitale de création, d’animation et de cohésion de toute la Création. Cette Énergie unique s’exprime et agit sous le double aspect du Yin et du Yang. L’Univers tout entier, la Vie elle - même  est une oscillation régulièrement cyclique entre le Féminin et le Masculin. Chacun des deux est distinct mais indissociable de l’autre, comme les deux pôles de l’électricité. Le Yin représente tout ce qui est négatif, féminin, passif, destructeur, le Yang représente tout ce qui est positif, masculin, actif, créateur. Sans cette bipolarité, le courant ne peut exister. Et ainsi dans l’Univers, chaque objet ne peut apparaître, se développer, décroître et disparaître sans leur interaction constante. Yin et Yang représentent toutes les paires concevables de choses opposées. Ils sont le clair et l’obscur, le chaud et le froid, le positif et le négatif, le bien et le mal, le sec et l’humide, le lourd et le léger, le mouvement et l’immobilité, l’eau et le feu, le bas et le haut, etc..., tout possédant et impliquant ipso facto son contraire. Ils s’engendrent mutuellement et sont liés par les doubles mouvements de croissance / décroissance et de soumission / domination. Leur complémentarité et leur symétrie relèvent d’un dynamisme fait d’attirance et de rejet, de tension et d’équilibre. S’il n’est pas de Yin sans Yang et de Yang sans Yin, l’un ne peut exister sans l’autre, Yin et Yang sont des valeurs relatives. Il n’existe jamais de Féminin pur ni de Masculin absolu. L’un contient nécessairement le germe de l’autre.

Tout ce qui est émane nécessairement de la sublime Loi du Yin et du Yang, Loi fondamentale de la Vie sous ses dix milles formes dont elle régule dans son mouvement cyclique régulier les mutations dans une harmonie et un équilibre parfaits toutes les mutations. Expression de la Vie, c’est la Vie même dans sa toute puissante transcendance et son absolue perfection.  Ils sont  le Ciel qui nous couvre et  la Terre qui nous porte. La Vie se déroulant entre Ciel et Terre, leur formation est le prototype de tout ce qui est vivant. Cela signifie que la biogénèse est la réplique exacte de la cosmogénèse. La Femme et l’Homme, point d’orgue et stade ultime de l’évolution de la Création, microcosme du macrocosme, oscillant sans cesse entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, émanent eux aussi du jeu du Yin et du Yang et sont soumis à leur Loi et à leurs influences.

Au delà de ces quelques  généralités bien succinctes, le Yin / Yang est, à mon sens et par expérience personnelle, l’explication la plus claire, la plus logique, la plus cohérente de la Vie et de son déroulement. Elle nous permet d’appréhender  le passé, de saisir le présent et de prévoir le devenir. Et ceci n’est pas une vue de l’esprit, une construction intellectuelle. Il s’agit là d’une Loi basée sur l’observation attentive de la Nature et de ses phénomènes commencée il y a des millénaires par les Chinois de l’Antiquité et perpétuée aujourd’hui encore par nombre de chercheurs de bonne volonté sous toutes les latitudes.

Faire l’expérience du Yin et du Yang, c’est faire l’expérience passionnante de la Vie en tant que telle, principe unique qui nous transcende. Dès lors que nous nous laissons aller à son double mouvement de croissance et de décroissance, de création et de destruction, d’apparition et de disparition, en un mot aux transformations perpétuelles des choses, des êtres et des événements, nous nous ouvrons à des horizons insoupçonnés de Connaissance et de compréhension.

C’est alors nous appréhender comme partie intégrante de ce monde par définition instable et fragile parce qu’en constantes mutations. Rien, dans la forme, n’est immuable. Ainsi l’être et le néant s’engendrent, le facile et le difficile se parfont, le long et le court se forment l’un par l’autre, l’avant et l’après se suivent, l’un succède à l’autre et inversement, l’immuable engendre l’impermanent et l’impermanent engendre l’immuable. Tout ceci fait partie de la  logique du  Yin / Yang qui implique de facto ce paradoxe selon lequel ce qui va dans un sens va simultanément dans le sens inverse. Tout se métamorphose à l’infini.

Partant de ces principes, nous pouvons en conscientiser notre propre impermanence et celle de nos valeurs, de nos opinions, de nos certitudes. La science occidentale pure et dure rationaliste l’oublie superbement. Mais pourtant beaucoup ses certitudes d’hier ne sont plus aujourd’hui reconnues comme des vérités indiscutables quand elles ne sont pas considérées comme fausses. Et il est fort à parier que celles d’aujourd’hui seront remises en cause demain. Il n’est donc pas de savoir absolu. Nos règles morales sont à géométrie variable en fonction du temps et du lieu. Ce qui était admis comme le bien hier ne l’est plus aujourd’hui et ce sera encore différent demain. Les notions de bon, de beau, de vrai et de juste ne sont pas déterminées une fois pour toutes, mais elles sont changeantes d’une époque et d’un lieu à l’autre. Nul besoin d’être un fin psychologue pour constater que nos conceptions personnelles, nos émotions, nos sentiments, nos attachements évoluent et se transforment avec le temps. Je ne suis plus cet adolescent d’hier et je ne suis pas encore le vieillard de demain, même si, dans l’absolu je le suis encore, je le suis déjà. La femme que j’ai aimée à vingt ans n’est pas la femme que j’aime aujourd’hui, s’agirait - il de la même personne. J’ai appris à aimer ce que je détestais à trente ans. Ce que j’ai pu haïr hier aujourd’hui me laisse d’une indifférence totale. La vigueur impatiente de ma jeunesse s’est transformée en une douce patience autrement plus efficace. Et ainsi de suite, à l’infini. Nos cycles énergétiques, nous le ressentons naturellement, sont régulés eux aussi
par l’alternance du Yin et du Yang et sont calés sur  les rythmes cosmiques, saisonniers, etc...

Conséquences, il n’existe pas de réels engagement définitif, de promesse d’éternité, de serment de fidélité qui fatalement deviendront autant de trahisons. Cela est vrai en politique, en philosophie, en religion. “S’encarter” dans un mouvement quelconque  se fixer sur une situation donnée, revient à s’aliéner soi - même. Nous savons bien qu’il ni amour ni haine éternelles. Les relations humaines évoluent perpétuellement. “Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.” Lavoisier sans le savoir adhérait aux principes du Yin et du Yang! Et la science occidentale l’a confirmé. Mais est - ce à dire qu’il n’y a finalement rien de réel? Que rien n’existe vraiment et que tout n’est qu’illusion? Certains le prétendent et je trouve cela désespérant. Mais je n’y crois pas.

Oui, ils ont raison, rien n’est vrai, rien n’est réel. Non, ils se trompent car par là même, tout est vrai, tout est réel. Dans la fugitivité de l’ici et maintenant, rien jamais, dans son essence, ne meurt. Seule la forme change qui l’instant d’avant n’existait pas encore et existera différemment l’instant d’après. Seul existe l’instant au cours duquel ce qui est disparaît progressivement sitôt apparu pour laisser la place à ce qui va être. Ainsi de la fugacité naît l’éternité et inversement, l’une ne pouvant aller sans l’autre.

La Vie ne peut être autre chose qu’alternance d’instants dans l’éternité. Pour vivre réellement, vivons donc dans l’instant et nulle part ailleurs puisque seul l’intant dans sa fugacité existe. Pour cela il nous suffit de vivre au jour le jour sans résister aux mutations qui surviennent spontanément. Nous abordons là une notion importante, la non intervention, la non résistance, le Wu wei des Taoïstes, où encore le carpe diem romain, cette souplesse psycho spirituelle, cette adaptabilité aux circonstances, cette acceptation de la Vie dans tout ce qu’elle nous offre, sans chercher à savoir ce qui est bon ou mauvais. Nous y reviendrons. C’est la force véritable de celui qui plie mais ne rompt jamais et qui finalement n’est jamais brisé. C’est l’antithèse de la force violente et aveugle du vulgaire qui se détruit lui - même. Il suffit d’admettre que la Vie s’écoule d’elle même sans que l’on ait besoin d’intervenir, sans qu’il n’y ait rien à y changer puisque c’est la Vie et qu’elle est par définition parfaite.

Alors acceptons le mal, le laid, l’injuste, le faux comme une nécessité mais encore  évitons que le bien, le vrai, le juste, le beau ne l’emportent, pour que les deux coexistent pacifiquement et qu’ils se situent l’un et l’autre dans une perspective d’évolution constante de l’Homme et de l’Univers.  Nous ne pouvons pas rester droits et raides dans nos bottes mais au contraire faire preuve de souplesse et d’adaptabilité constantes face aux changements extérieurs et intérieurs.  Cela impose de prendre un recul confinant au détachement, par rapport au monde qui nous entoure, par rapport à soi - même et à tout ce qui s’y déroule. Nous en supprimons définitivement toutes les frontières entre les choses, les êtres et les phénomènes. Dès lors les notions de racisme, sexisme, nationalisme, d’appartenance à tel ou tel groupe, bref tout ce qui peut nous séparer les un des autres, n’ont plus de raison d'être.

Finalement, expérimenter le Yin et le Yang, c’est se soumettre à cette Loi fondamentale et découvrir que la Vie est la chose la plus extraordinaire dont nous puissions jouir sans limite et gratuitement. C’est une superbe mécanique de précision parfaitement réglée par le jeu du Yin et du Yang, par le Mouvement originel. Elle en est la manifestation la plus légère, la plus subtile, la plus mouvante, la plus changeante, la plus variée dans ses formes. Son essence même est mouvement. L’immobilisme, c’est la mort. Rester mobile, souple, flexible, adaptable, c’est rester vivant, doué de cette intelligence vitale, logique, cohérente et portée vers l’expansion, la progression, l’évolution absolument sans limite. C’est la participation active et sans retenue à notre existence, dans l’adhésion complète à tout ce qui y survient. C’est posséder le précieux talent de tout vivre jusqu’au bout sans exception, sans ne jamais rien tenter de fuir ou de retenir. Alors dans une conscience élargie, équilibrée entre intuition et raison, réflexion et action, centrée sur soi et ouverte au monde, notre existence créatrice à chacune de nos respirations est un chef d’oeuvre.  Pour cela, connaître, la sublime Loi du Yin et du Yang est la seule expérience de Vie qui puisse nous transcender. Elle transforme les relations que nous entretenons avec soi, avec le monde et avec autrui au delà du binôme sado - masochiste haine / amour, en particulier cette relation fondamentale, primordiale que nous entretenons avec l’autre sexe.

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23 janvier 2007

LA SUBLIME VOIE DU YIN ET DU YANG III

L’union du Féminin et du Masculin :

La Force vitale fonde et actionne l’Univers selon les mouvements alternatifs intangibles du Yin et du Yang. Du point précis de leur fusion procèdent tous les  êtres vivants sans exception, du plus simple, l’unicellulaire, au plus complexe, l’Homme. Elle assure l’apparition, la croissance, la décroissance, le maintien et la disparition de toute forme de Vie. Ainsi, chacune des dix mille formes ente le Ciel et la Terre participe aux processus vitaux. Chacune d’entre elles, particule yin ou yang de l’Énergie universelle, y participe selon des rites propres à son espèce. Ces rites ne sont qu’une expression particulière des mouvements fondamentaux du Yin et du Yang selon la Loi d’attirance / répulsion mutuelles, laquelle Loi tend à la réalisation de leur union au sein du grand Mouvement vital. Il n’est donc au sein de la Nature qu’une seule et unique activité dans laquelle sont immergés tous les êtres vivants, le grand jeu de l’union du Féminin et du Masculin que l’on appelle généralement union sexuelle. La simple observation permet de constater que partout et en toutes saisons, ce n’est que parade amoureuse. C’est le mariage du cheval et de la jument, de l’abeille et de la fleur, de la brebis et du bélier... Quelqu’un a dit que l’Univers n’est qu’une vaste orgie. C’est manquer là de trop de poésie. Il ne faut donc pas croire qu’il ne s’agit ici que de reproduction. Si tel était le cas, il n’y a aurait sans doute pas besoin de tant de manières! Reproduisons - nous et n’en parlons plus. Au but, tout de suite et basta! Si force nous est de reconnaître que l’activité principale des êtres vivants est la recherche de l’autre sexe pour se reproduire, celle - ci se déroule dans un ballet perpétuel de la séduction. La Nature, spontanément créatrice ne peut, et depuis toute éternité et jusqu’à la fin des temps, faire de l’acte sexuel une œuvre d’art, mise en scène du désir réciproque, dans l’ivresse du jeu de séduire et d’être séduit et de la fusion créatrice de deux amants.  Je dis bien de deux amants. Tous les êtres vivants participent allègrement à cette union universelle généralisée du Yin et du Yang, du Féminin et du Masculin. Une seule et même Force les poussent irrésistiblement l’un vers l’autre sans qu’ils n’y peuvent rien. Unis par cette Énergie, ils sont les parties opposées et complémentaires, indissociables, d’un Tout qui les transcendent tous sans exception. En ce sens la Nature est profondément érotique. Elle est profondément érotique parce que c’est elle qui a inventé les jeux de l’Amour, ce que l’on appelle Érotisme, qui ne sont certainement pas des jeux de hasard. Au contraire tout est y parfaitement réglé selon des lois précises immuables. Rien n’y est du fait d’un simple hasard. Accouplement de libellules, parade nuptiale d’oiseaux, cour du lion à la lionne, de l’Homme à la Femme, tout est d’une beauté transcendante à couper le souffle. Contrairement donc à ce que l’on croit généralement l’Érotisme, n’est pas une invention humaine. L’Érotisme, c’est l’âme même de la Nature. C’est la Vie elle même, dans sa plus belle expression. Et nous touchons ici,  entre Ciel et Terre, à  la racine même du Sacré, au Sacré lui - même. 

L’Homme, quoiqu’on puisse en dire parfois, n’a finalement d’autre destin que de participer joyeusement à ce grand jeu universel du Féminin et du Masculin, comme tous les autres êtres vivants et suivant des rites qui n’appartiennent qu’à lui. Cependant, sur ce plan là aussi, il est encore une créature à part. En effet, les animaux sont soumis à une codification de leurs rites amoureux  à laquelle il ne leur est pas possible d’échapper. Autant que l’on sache d’ailleurs, ils visent essentiellement à la reproduction. Il est intéressant de noter du reste que que plus le degré d’évolution de l’espèce est élevé plus les rituels de séduction sont complexes.  Plusieurs choses distinguent l’Homme du reste de la Création. Tout d’abord, il est doué d’imagination. Il peut donc varier à l’infini toutes les partitions des jeux de l’Amour et en inventer de nouvelles. Il ne se contente pas de copuler pour se reproduire. Il y recherche aussi, et surtout, le plaisir.  Depuis la plus haute Antiquité il a toujours recherché les meilleures méthodes contraceptives pour jouir en évitant de faire un enfant. Enfin, il peut hisser le Sexe à sa dimension la plus élevée, l’Amour et ainsi se transcender lui - même. Les traditions orientales d’ailleurs, Tantrisme et Taoïsme, ont fait de l’Énergie sexuelle une des voies de développement et de réalisation de soi, contrairement aux religions occidentales qui la condamnent sans appel.

Les religions qui pour la plupart interdisent la pure jouissance à leurs adeptes sont criminelles. Elles les amputent, à mon sens, de ce qui fait leur humanité. Où sont la Vie et sa beauté dans de tristes coïts qui ne laissent qu’un goût de frustration, source d’angoisses et de névroses? Où est la joie dans la continence forcée qui rétrécit le champ de la conscience? Où est le simple plaisir de vivre sous une ceinture mentale de chasteté? Faire l’amour, jouir, sont une nécessité naturelle à laquelle souscrivent toutes les créatures vivantes. Il n’y a donc aucune raison valable que l’Homme s’y soustrait. Il n’y a pas d’opposition entre satisfaction sexuelle et développement de soi, bien au contraire. Le plaisir sexuel en est une condition sine qua non.

Il nous faut absolument devenir conscients que les relations entre Femme et Homme ne pourront pas se pacifier que s’ils modifient leurs conception et donc leur pratique de la sexualité. Tout se joue  au lit, le populaire a raison. La sexualité humaine ne peut pas être résumée à une simple affaire d’organes et d’hormones. L’acte sexuel n’est  pas un simple processus bio - chimique. C’est une source de bonheur infini, euphorisant naturel indispensable au bien être des individus. L’activité sexuelle est naturelle et doit être pleinement accomplie hors des  des lois morales, religieuses, philosophiques, des normes sociales. La Nature est amorale. En son sein, il n’y a que liberté et spontanéité dans le cadre de ses règles immuables dont le respect assure santé, équilibre, harmonie, longévité, bonheur, développement, et la liste n’est  pas exhaustive. Et sans doute est - ce en partie à travers elle que l’être humain peut réaliser son destin. C’est avant tout une expérience de Vie qu’il est impossible de décrire mais qui est sans doute possible la plus forte, la plus belle de toutes qui nous soit donné tant nous y participons  à l’union du Ciel et de la Terre, du Soleil et de la Lune, de la nuit et du jour et cela à l’infini dans le gigantesque et perpétuel orgasme universel. C’est une expérience méditative qui peut transcender la conscience. Cette douce et violente attirance de deux corps et de deux esprits esprits l’un pour l’autre, doit être l’objet de tout nos soins et de tout notre respect quand elle brûle les ventres et nous pousse hors de soi vers l’Autre.

Comme le dit joliment Osho Rajneesh, le Sexe est la graine et l’Amour est la fleur. Ou encore, le Sexe est le plomb et l’Amour est l’or, la pierre philosophale étant là encore le cœur humain. Celui ou celle qui n’est que sexuel ne peut pas aimer. Son amour est un simulacre, une exploitation de l’Autre pour son plaisir. Au cours de l’union sexuelle nous pouvons jouer cette cette merveilleuse partition à quatre mains pour transformer le Sexe en Amour. Selon les règles taoïstes anciennes, la Femme et l’Homme ont chacun leur rôle à jouer dans cette transmutation des Énergies yin et yang. A l’Homme de maintenir son excitation le plus longtemps possible sans rechercher son plaisir immédiat sans crainte de perdre sa précieuse érection que de toutes façons, il retrouvera. Dans toutes les confidences féminines que j’ai pu recueillir, cette angoisse de l’érection nuit au plaisir féminin qui a besoin de bien autre chose qu’une simple érection / pénétration pour exploser. Trop concentré sur son phallus, il perd toute attention au plaisir de sa partenaire. Persuadé ne plus pouvoir jouir s’il n’a plus d’érection, il se dépêche d’éjaculer, confondant au passage éjaculation et orgasme. Dès le début de l’acte sexuel, il doit maîtriser son impatience, contrôler son envie de pénétrer sa partenaire et de jouir tant qu’elle - même n’est pas avancée sur le chemin de son orgasme. Il doit savoir qu’elle met plus de temps que lui à atteindre la jouissance. La Femme, elle, doit prendre conscience non seulement de ses organes sexuels, mais aussi de toutes ses zones érogènes et au delà avoir un rôle d’éducatrice. Les textes anciens mettent constamment en valeur ce rôle d’instructrice. Je vous renvoie “Au sublime discours de la fille de candeur”. Et je suis persuadé que l’humanité a fait un pas de géant sur le chemin de l’évolution, lorsque la Femme a appris à l’Homme qu’elle était elle aussi capable de plaisir et comment il peut lui en procurer. C’est ce j’appelle le passage de la sexualité du pithécanthrope à celle de l’homo sapiens.

S’unir physiquement et régulièrement à l’Autre, c’est s’en imprégner et réaliser l’union du Féminin et du Masculin, l’union réputée à tort impossible de l’eau et du feu, confiants et sans crainte vis à vis de l’Autre, sans intervention de l’ego, sans rien rechercher de particulier, dans un processus d’échange qui nous met à l’abri de tout déviationnisme psycho -sexuel, origine de la plupart de nos maux physiques et psychiques car  les problèmes et les complexes sexuels disparaissent, les relations entre physique, mental et spirituel s’harmonisent.

Quand le Sexe a été transformé en Amour, l’acte sexuel est un moyen de s’élever mutuellement mentalement et spirituellement. L’Homme est le Ciel yang et la Femme la Terre yin. Comme le Ciel couvre la Terre et la fertilise, l’Homme couvre la Femme et la féconde. Comme la Terre accouche du Ciel, la Femme accouche de l’Homme. De là naissent les Dix mille êtres. Et je ne me limite évidemment pas ici au seul domaine de la procréation. Je ne me situe même pas sur ce plan là. L’acte sexuel est destiné à une très haute fonction que ni science ni médecine ne pourront probablement jamais découvrir, quantifier, analyser en laboratoire. Et pour ma part, c’est tant mieux que ce mystère reste inexpliqué. N’en déplaise aux Masters et Johnson de tous poils. Je veux dire en cela qu’en donnant naissance aux Dix mille êtres, nous renaissons à nous - mêmes, nous faisons renaître l’Autre à lui - même. Car lorsque le Féminin et le Masculin s’unissent dans et pour une réconciliation sans arrière pensée, l’Homme et la Femme n’y sont plus que le catalyseur des énergies de l’Autre, dans une transformation réciproque et un engendrement mutuel, dans l’alternance harmonieuse de la croissance / décroissance de l’Un et de l’Autre. Dans un processus de création et de re - création de soi, les polarités s’inversent. Se stimulant l’un l’autre, le Masculin devient le Féminin et le Féminin devient le Masculin dans l’opposition et la complémentarité, immergés dans le mouvement universel du Yin et du Yang universels.

L’orgasme n’est plus alors un banal plaisir de la chair mais il atteint une autre dimension. Il est infiniment plus valorisant pour l’individu. Il est bien plus puissant et  disparaît le célèbre post coïtum aninalus tristus, cet état de fatigue, voire dépression qui succède trop souvent à l’explosion violente mais brève de l’éjaculation. L’expression “faire l’amour” prend alors tout son sens car il y a eu véritablement échange, partage, fusion totale entre le Féminin et le Masculin. On atteint alors le point exact où le Yin et le Yang sont exactement au même niveau dans leur double mouvement de monté et de descente, instant d’inversion fulgurante des polarités. Quand ainsi au pic orgasmique, les eaux féminines se répandent  tandis que le feu de l’Homme explose, nous parvenons au stade ultime de la conscience soi.

Dans le monde du vivant, l’union de la Femme et de l’Homme, l’acte sexuel humain, est la forme la plus accomplie, la plus subtile de l’union créatrice du Yin et du Yang. Une activité sexuelle harmonieuse participe sans conteste à la grande harmonie universelle. Point d’orgue de la relation entre les deux sexes, c’est une expérience fondamentale hors de l’espace et du temps, hors de la puissance de l’Égo dans la reconstruction de notre ancien androgynat. C’est en faisant l’amour que nous sommes placés dans l’ici et maintenant du Réel transcendant qui se situe et nous replace dans l’ordre de la Nature. En cela nous dépassons largement le simple cadre de la simple nature humaine copulante mais nous embrassons le Cosmos tout entier. Pratiquant l’Art de l’Amour  en faisant faire appel à tous leurs sens et à leur imagination au cours de leurs parades et de leur accouplement pour parvenir à l’harmonie parfaite entre Féminin et Masculin, les deux amants sont plus que jamais au cœur de la beauté intrinsèque de la Vie, créent la beauté intrinsèque de la Vie, sont la beauté intrinsèque de la Vie. Alors qu’importent la forme des corps, leur poids, leur âge, les traces indélébiles de leur histoire etc... Ils sont beaux. Nécessairement beaux à eux - mêmes et au monde. Rien que pour cela...

François d'Alayrac / 23 janvier 2007

Posté par francoisdalayrac à 17:04 - PENSÉES TAOÏSTES D'AUJOURD'HUI - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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